‹ Contribution à l'étude de la PyrodineChapitre 27 sur 31 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Cohan, Louis, 33 ans, journalier.

Entré le 8 août. Première atteinte. Malade depuis quatre mois.

7 août. — T. 38,2 hier soir, ce matin T.37°,4.

Douleur avec gonflement sans rougeur au poignet droit, mouvements d'extension et de flexion impossibles. Douleur aux articulations métacarpo-phalangiennes, de la première avec la deuxième et surtout de la deuxième avec la troisième phalange du médius droit. Sensibilité légère, sans gonflement, à la pression et pendant les mouvements du coude gauche. Douleur à la pression au niveau du poignet gauche que le malade fléchit et étend difficilement. Gonflement et douleurs spontanées et à la pression au niveau des articulations metacarpo-phalangiennes et de la première avec la deuxième phalange des quatre premiers doigts.

Le membre inférieur gauche ne peut exécuter aucun mouvement. Douleur vive au pli de laine, au niveau du grand trochanter, de léchancrure sciatique. Douleur sans gonflement au niveau de la bourse sous tricipitale et au niveau du coup de pied (pyrodine 10 centigrammes).

8 août. — Le malade a pris hier 10 centigrammes de pyrodine à dix heures et demie du matin. Les douleurs se sont calmées vers deux heures, dans l'après-midi, il pouvait exécuter tous les mouvements. Les douleurs ont reparu dans la nuit.

Actuellement, sensibilité et gonflement à la face dorsale du poignet droit qui se fléchit facilement, articulations du médius dégagés. À gauche douleur vive au niveau des articulations métacarpo phalangiennes, et de la première avec la deuxieme phalange du pouce et du petit doigt. Douleur à la partie externe du poignet. Genou et coup de pied gauches dégagés, la douleur persiste à la hanche (pyrodine 10 centigrammes).

9 août. — Le malade n’a plus de douleurs spontanées. Douleur à la pression au niveau des articulations du pouce gauche. Douleur au creux poplité droit, ne peut plier le genou, toutes les autres articulations sont libres (pyrodine 10 centigrammes).

10 août. — Légère sensibilité aux articulations du pouce, le genou droit est dégagé (suppression de la pyrodine).

12 août. — Sensibilité légère aux articulations mé-

tacarpo-phalangiennes de tous les doigts à gauche, les mouvements sont cependant possibles. Douleur à la partie externe de la sus-épineuse gauche et à l’articulation acromio-claviculaire. Ne peut élever le bras jusqu’à l'horizontale (pyrodine 15 centigrammes).

13 août. — Toutes les douleurs ont disparu environ une heure après l'administration du médicament. Actuellement toutes les articulations sont libres.

1&faoût. — T° 3808 "hier soir, T.-38%4/Ce matin.

Douleur à la pression au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne du pouce et de l'index gauches, douleur à l'épaule gauche pendant les mouvements (pyrodine 15 centigrammes).

15 août. — Douleur à l’articulation de la première

M te

avec la deuxième phalange du médius et de l’annulaire (pyrodine 15 centigrammes).

16 août. — Apyrexie. N’a plus aucune douleur exéat.

29 août — Le lendemain de sa sortie, le malade a été repris de douleurs. Actuellement, à gauche, douleur vive avec gonflement au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes, de la 1° avec la 2°, de la 2 avec la 3° phalange du médius et de l’annulaire ; id. aux articulations du pouce. Douleur sans gonflement au poignet et au coude que le malade ne peut fléchir ni étendre. A droite, douleur vive et gonflement au niveau des articulations métacarpophalangienne, et de la 1" avec la 2° phalange du médius.

Sensibilité dans toute la région de la hanche gauche. Léger gonflement sans rougeur au genou gauche, douleur à la pression très vive au creux poplité, moins intense aux parties antérieures et latérales de l'articulation. Douleur vive et gonflement au cou-de-pied gauche. Douleur très vive sans gonflement notable aux articulations métatarso - pha langiennes des orteils. Le malade ne peut exécuter aucun mouvement avec le membre inférieur gauche. A droite, douleur vive à la hanche. Léger gonflement sans rougeur an genou, douleur vive surtout au creux poplité. Gonflement, rougeur et douleur très vive au niveau de toutes les articulations des orteils. Aucun mouvement n'est possible dans le membre inférieur droit. (Prrodine 10 centigrammes.)

23 août. — T. 3806 hier soir, ce matin T. 3902.

Le malade à pris 10 centigrammes de pvrodine à

» heures du soir. Vers 6 heures les douleurs ont notablement diminué, le malade pouvait exécuter des mouvements, mais elles ont persisté toute la nuit assez intenses pour l'empêcher de dormir. Actuellement, même état des articulations. (Pyrodine 10 centigrammes.)

24 août. — T. 39%8 hier soir, ce matin T. 3906.

Le malade à pris 10 centigrammes de pyrodine, mais n'a pu néanmoins dormir par suite des douleurs, Le genou gauche est dégagé. Douleur vive et gonflement léger de l'articulation temporo - maxillaire gauche pendant les mouvements et à la pression. Douleur spontanée et à la pression au niveau de toutes les vertèbres cervicales ; mouvements de flexion, de rotation de la tête impossibles. Même état des autres articulations (Pyrodine 15 centigrammes).

25 août. — T. 394 hier soir, ce matin T. 396.

Hier la douleur n'a pas notablement diminué malgré la pyrodine. Actuellement le coude gauche est dégagé. Douleur au niveau des articulations scapulo-humérale et acronio-claviculaire gauche; le malade ne peut lever le bras. Douleur et gonflement légers au cou-de-pied droit. Douleur au niveau des muscles droit externe et releveur de la paupière supérieure. Même état des autres articulations (Pyrodine 5 centigrammes).

Les jours suivants on administre l’antifébrine à la dose de 50 et 75 centigrammes, puis de nouveau la pvrodine. Malgré le traitement, les douleurs persistent jusque vers le 5 septembre, la maladie

terminant à ce moment son évolution.

ie

Dans l’histoire de ce malade on constate deux périodes bien distinctes. Dans la première l’affection suit une marche subaigue, et comme dans les observations précédentes, la pyrodine a une action bien nette. Puis l’évolution devient aigue, et le même médicament, administré à la même dose, échoue.

À quoi attribuer cet insuccés? Ici encore nous croyons devoir incriminer l'insuffisance de la dose administrée, et avec d'autant plus de raison que l'antifébrine à la dose de 50 à 75 centigrammes, ne s’est pas montré plus efficace.

Ce fait concorde avec ce qui a été observé pour les médicaments similaires. Pour obtenir la sédation des douleurs rhumatismales, il faut les administrer à des doses relativement considérables. A la clinique, nous avons vu bien rarement M. le professeur Bernheim admimistrer des doses d’antifébrine inférieures à 2 grammes.

Mais 2 grammes d’antifébrine équivaudraient à environ 40 centigrammes de pyrodine. En raison du pouvoir toxique de cette substance, dont nous avons malheureusement 2 fois constaté l'énergie, la prudence enjoignait de ne pas administrer de dose supérieure à 15 centigrammes, insuffisante ilest vrai dans une affection aussi rebelle que

celle que nous venons de relater.

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