II. — DonNéEs ÉTIOLOGIQUES GÉNÉRALES
Ce besoin de feu ne constitue pas toute la maladie mentale et il n'est pas susceptible de se produire à l’improviste dans un esprit équilibré. La pyromanie prend donc naissance dans un organisme troublé et au sein d’un esprit déjà ébranlé, mais elle n’en reste pas moins essentielle.
Nous essaierons d'établir dans cette seconde partie que l'impulsion pyromaniaque est déclanchée tantôt par l’intoxication alcoolique aiguë, tantôt par un motif d'ordre sexuel, soit du au refoulement, soit dû à des troubles pubertaires endocriniens.
En ce qui concerne l’étiologie de la pyromanie en général et de nos sept cas en particulier, nous nous apercevons immédiatement qu'il existe deux catégcries de causes : d’abord des causes prédisposantes qui sont le substratum du délire pyromaniaque ; toutes tenant à l’état antérieur de l’individu, qu'elles soient du domaine de l’héréditaire ou même du domaine de l’acquis. Ensuite des causes déclanchantes, causes
Le NE
essentielles, précédemment citées. Il en existe deux capitales.
IT. —— CAUSES PRÉDISPOSANTES.
A) Causes prédisposantes héréditaires.
a) Les états épileptoïdes et les états hystériques.
Dans cette étude sur l’hérédité des pyromanes, nous nous inspirons de l’idée que Kleist a développé dans ses « états de demi-conscience ». Ces états, d’après lui, de même que les désordres épisodiques tels que la dipsomanie, la poriomanie, les états hypnotiques épisodiques, etc., ne sont pas des manifestations de l’épilepsie ni les équivalents de crises épileptiques, ce n'est pas le même genre de maladie ; ce sont là des « maladies épileptoïdes » qui n’ont avec l’épilepsie que quelques points de détail communs.
L'ensemble forme le domaine des « maladies à crises ». Gerum a examiné, dans ce sens, les rapports héréditaires entre les maladies épileptoïdes et l’épilepsie. Il a découvert une multiplicité d'éléments constitutionnels indépendants qui fréquemment, dans les examens d'’épileptiques, s'unissent de façon variable. Les éléments particuliers se transmettent d’une façon indépendante ; ils ne sont pas des équivalents de l’épilepsie. Ainsi, les tares accumulées par les ancètres les plus divers se transmettent une à une ou plusieurs ensemble aux descendants les plus divers aussi.
Nous avons groupé à titre d'exemple les rapports
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héréditaires du malade de notre observation VIT (nous ne les avons pas mentionné au cours de l'observation, d’abord pour éviter une énumération fastidieuse, ensuite nous avons jugé plus rationnel de les étudier dans le chapitre étiologique.
1. — P... possède une série de traits épileptoïdes : pyromanie, impossibilité d'adaptation à la vie soicale, instabilité, inquiétude, susceptibilité, infantilisme, absence de remords, tentative de vol, instincts anormaux; assez bien doué intellectuellement.
2. — Premier frère : nature rêveuse, confuse, don musical superficiel, légère débilité, aversion pour l'exercice physique, penchant à la paresse, léger strabisme convergent, myopie.