‹ Contribution à l'Étude de la Question du Déterminisme SexuelChapitre 6 sur 24 · AIT · texte numérisé non relu

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la sexualité qui se trouve momentanément en déficit. »

M. Boissard fait une deuxième objection : «Si les causes qui président à la détermination des sexes nous étaient connues, il s’ensuivrait un bouleversement général des conditions de l'existence civilisée ; très rapidement, l'humanité se trouverait aux prises avec des difficultés extraordinaires qui mettraient en jeu son existence même; on assisterait non seulement à la naissance de problèmes sociaux nouveaux, mais encore à l'éclosion de luttes fratricides. »

De ces objections, justes théoriquement, on ne sau-

rait tirer les mêmes conclusions pratiques, comme

l’a démontré le docteur Louis Billon: « L'opinion

des parents est fort variable », dit-il, « et c’est à nombre égal que les uns désirent des garçons, les autres des filles ». D'ailleurs, « l’homme, a dit Georges Barral (123), est un mâle intempestif et incorrigible, incapable de s’astreindre lui-même à la rigueur des lois expérimentales qu'il sait imposer avec tant de sévérité aux animaux sous sa domination. »

De ce que l’on peut prévoir, dans un avenir plus ou

moins éloigné, des complications suscitées par la

découverte d’une pareille loi, faut-il conclure à

l'abandon pur et simple de toute recherche dans ce

sens ? Certainement non : la science qui découvrira

la loi saura aussi découvrir le remède à ses inconvé-

nients. Et d’ailleurs, 1l nous semble un peu vain de

discourir sur les dangers possibles d’une question

do

qui est encore si ténébreuse: c'est chercher le remède avant d’avoir découvert le mal.

La littérature occasionnée par notre sujet est considérable, et il faudrait toute une vie de savant pour la mettre au point. Mais, de cette abondance même, nous dégageons une première notion, celle de l’intérêt que cette question a suscité dans tous les temps, intérêt qui n'est pas près de se démentir. Dans cette littérature nous ferons deux parts : la première, qui n'est ni la moins intéressante, ni la moins longue, est de pure imagination ou sans bases solides ; la seconde repose sur des faits expérimentaux, aussi nous arrêtera-t-elle plus longtemps.

Nous ne voulons pas refaire un historique complet de la question, ce serait une redite. Le docteur Louis Billon (146), dans une thèse remarquable intitulée « Recherche des causes déterminant le sexe », l’a fait d’une facon très complète.

Le plan de notre travail sera donc le suivant : Après avoir réuni dans une première partie les quelques faits intéressants que nous apporte la littérature ancienne, faits purement imaginatifs pour la plupart, nous classerons dans une deuxième partie les diverses influences qui peuvent agir sur le sexe dans un sens ou dans l’autre et nous les discuterons. Nous ne nous contenterons pas de les envisager seulement par rapport à l'homme : notre avis est qu'une pareille question ne doit pas être morcelée. S'il existe une loi du déterminisme sexuel, ce doit être une loi générale, applicable à tous les êtres vivants considérés en tant que protoplasma, et pas seule-

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