CHAPITRE I
La part de l’Imagination dans la question du déterminisme sexuel.
Comme nous le disions plus haut, ce n’est, ni la moins considérable, n1 la moins intéressante. Un livre entier suffirait à peine à contenir les anecdotes sarcastiques, plus ou moins pimentées, les remèdes secrets et pourtant destinés à la plus vaste publicité, dont la divulgation devait faire la fortune de leur auteur. Il ne faut cependant pas voir tous nos devanciers sous d'aussi sombres couleurs : beaucoup parmi eux furent désintéressés et de ceux-là seuls nous nous occuperons.
En première ligne vient Millot (16), tant par la superbe assurance qu'il manifeste que par l'exposé original de ses doctrines. Sa dédicace est d'une saveur rare : « Aux Dames.
« Sexe charmant : L'Auteur de la Nature, en vous
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créant, a bien prouvé à l’homme l'intention où il était de le consoler des misères auxquelles il n’a pu le soustraire. Félicité des humains, venez reprendre les avantages que la Nature vous à donnés dans la propagation de notre Espèce, et que quelques naturalistes vous ont injustement enlevés ; vous serez contentes, j'espère, de la part que vous y donne votre affectionné concitoyen. Lisez et apprenez les secrets de la nature ; c'est vous que je fais dépositaires de celui qui doit perpétuer le bonheur des humains ».
Millot est assurément plein de bonnes intentions : « Je ne crois, dit-il, pouvoir rendre un plus grand service à l'Humanité, que de lui donner le mode de procurer les sexes à volonté ; car cette connaissance a aussi son but moral : c'est, je crois, le seul moyen d'augmenter, s’il est possible, la tendresse des Pères et Mères, et l'attachement des enfans pour eux, parce que les parens qui n'auront que des enfans de leur choix, les verront avec une satisfaction continuelle : de là naïtront, avec prodigalité, les soins et les caresses qui, rendant l'enfance heureuse, feront nécessairement germer dans le cœur de ces jeunes individus, la reconnaissance et l’amitié sincères ».
Malheureusement, les conceptions scientifiques
de Millot ne répondent qu'imparfaitement à ses conceptions philanthropiques : « C’est un mouve-
ment de plus ou de moins, dit-il, qui, au moment de la fécondation, détermine le sexe, mais si la femme veut s'abstenir de tout mouvement etsi, au