‹ Contribution à l'Étude de la Question du Déterminisme SexuelChapitre 9 sur 24 · PETER · texte numérisé non relu

PETER

€ lieu de garder un parfait à plomb elle s'incline un « peu sur le côté droit, à coup sûr il en résultera un « garcon si la trompe et l'ovaire sont sains de ce « côté ; si, au contraire, elle s'incline un peu sur le « côté gauche, elle donnera la vie à une fille ». C’est très simple et : « quand les humains le voudront, ce ne sera plus que l'effet de leur volonté; je suis bien convaincu maintenant, que l’on peut donner l'être à un garçon ou à une fille de préférence, rien n’est plus aisé ».

Pour cela, il suffisait donc d’une plus ou moins grande inclinaison de la femme d'un côté ou de l’autre : à droite, l'ovaire droit était fécondé, elle engendrait un garcon ; à gauche, l’ovaire gauche était fécondé, elle engendrait une fille ; tout dépendait de la direction « du canon de la vie! »

Millot n'est pas seul de son avis: nous lisons dans «le tableau de l'amour conjugal » de Venette (31), les lignes suivantes : «Je connais quelques femmes « qui ont toujours accoutumé de se coucher sur le « côté droit lorsqu'elles dorment avec leurs maris, « et c'est aussi dans cette posture quelles sont « caressées et conçoivent toujours des garcons. On « ne saurait donner d’autres raisons de ce qui arrive « de la sorte, que celle qui favorise mon sentiment ; « car la semence de l’homme étant recue dans la « matrice de la femme, située dans la posture que « nous avons marquée, ne peut tomber par son « propre poids que dans la corne droite où les « garçons sont le plus souvent formés ». Et pourquoi l’ovaire droit est-il la source des mâles ? « Parce

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qu'il élabore des atomes plus forts, plus gros que l'ovaire gauche ».

Venette mentionne l'opinion identique de Rasès, fameux médecin et accoucheur arabe du 1x° siècle.

Il semblerait que cette théorie n'ait pas donné toutes les satisfactions que l’on était en droit d’en attendre, puisqu'un praticien a pu écrire à son propos la lettre suivante : « Il a été écrit beaucoup de doctes « choses sur la façon de procréer à volonté filles ou « garçons. Chacun a sa recette infaillible ; j'ai voulu « mettre toutes ces recettes en pratique... er jai « constaté qu’en semblable occurence, je ne savais « guère ce que je faisais. Comme je me suis beau- « coup aidé, le ciel a béni mes efforts, et j'ai donné, «il n'y a pas plus de trois semaines, le nom d'Octave « à monhuitième enfant, et non pas huitième garcon, « car ma progéniture est panachée: garcons et « filles se succèdent en un désordre charmant. Le « mari qui couche à la droite de sa femme procrée « des garcons, et au contraire des filles s’il couche « à sa gauche. Or, au lit, je n’ai jamais quitté la droite « de ma femme... et j'ai non seulement des garcons, « mais autant de filles. De telle sorte que je me « demande avec angoisse... si je ne le suis pas ! »

Quoi qu'il en soit, dans ces diverses théories ovistes, ce sont donc les ovaires qui jouent le rôle principal dans la détermination du sexe, et les testicules ne sont là que pour opérer la fécondation par « l'aura seminalis, liqueur spiritueuse éthérée » qui est le propre de l’homme (Millot, Fabrice d’Aquapendente). IIS n'ont pas toujours été affligés de cette

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déchéance, et nous en avons la preuve avec Hippocrate (5) : l'homme a deux testicules, un droit, un gauche ; or, le côté droit étant le plus fort, le testicule droit doit l'emporter sur son voisin, et c'est lui qui créera les mâles, avis que partageait entièrement Galien (8).

Michel Procope Couteau (14), « pauvre lettré « errant, vivant difficilement d’un labeur honneste, « eut l’idée d’une fortune en exploitant une mine « toujours riche : la curiosité. Sa première pensée « fut de traiter l’art de faire des enfants, mais « trouvant le titre singulier et se demandant quelle « est la jeune fille de quinze ans qui ne soit capable « de le professer, il fit un volume ayant pour vedette : « l'Art de faire les garçons ».

« Au milieu d’une confusion de membranes, de fermentations, de particules d'œuf possédant des formes différentes, il conclut que chaque générateur peut donner une partie de lui-même, et que, si par hasard le père a privauté sur les organes génitaux, le produit sera un mâle ; si c'est la mère, l'enfant aura des ovaires (nemo dat quod non habet) » (Billon).

De plus, Michel Procope admet l'influence des testicules droit et gauche, comme Parmenide (3), Hippocrate et Galien. Mais, direz-vous, comment empêcher l’action simultanée des deux testicules dans la fécondation ? Qu'à cela ne tienne : séparezvous du testicule qui doit engendrer le sexe dont vous ne voulez pas, soit en pratiquant l’ablation totale, soit en liant le canal déférent. Il est compréhensible qu'une telle théorie n'ait fait que peu d'adeptes et

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n'ait pas suscité tout l'enthousiasme désirable. Aussi Michel Procope s'attire-t-il cette juste remarque de Millot : « Je ne suis pas de son avis, ne faites divorce « avec aucun de vos testicules ; gardez les deux, la « sage Nature a bien fait ce qu’elle a fait ; elle ne « nous a rien donné de trop ».

Ainsi sombrèrent les Seministes.

Entre ces deux opinions se place la théorie Seminoviste, admettant la coopération des deux semences, mâle et femelle, dans la procréation de l'embryon : la prédominance de l’une des deux, soit en quantité,

soit en qualité, déterminera le sexe de l'embryon. Elle est donc le trait d'union entre les deux théories précédentes. Nous la trouvons exposée d’une facon originale dans Ambroise Paré (/e vingt-quatrième livre traitant de la génération de l’homme). Nous lisons, en effet, dans lechapitre I « Pourquoilesparties génératives sont accompagnées d’un grand plaisir », les lignes suivantes : « Et jamais la conception ne se « fait que les deux semences de l’un et de l’autre ne « soient bien élabourées par bonne concoction. Et, «sil y a plus grande quantité et qualité plus « vigoureuse de semence de l’homme, il se fera un « mâle ; au contraire, si la semence de la femelle « surmonte celle de l'homme, tant en quantité qu'en « vertu, il se fera une femelle, car, comme une « grande lumière obscurcit la petite, pareillement «la vertu étant plus forte et plus grande des « semences, la moindre cède toujours, et en la € femme il y a géniture pour engendrer mâle et « femelle ».

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