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déclivité de la table. Il est toujours ennuyeux d’injecter une quantité plus ou moins considérable d'anesthésique au contact des méninges sans pouvoir la graduer et sans pouvoir l’augmenter.
Enfin, nous avons eu deux cas mortels chez des vieillards. Ces cas nous ont paru relever de la pathogénie habituelle des décès par rachianesthésie, c'est à-dire de l’anémie bulbaire. Notre pourcentage de mortalité est inférieur à 1 p. 300 ; il est moins élevé que le taux donné par Forgue : 1 p. 250. Nous sommes persuadés que cette différence provient du fait que toutes nos rachianesthésies ont été pratiquées, avec une grande prudence, par la même personne, et que, d’autre part, tous les opérés ont été surveillés par le même infirmier, qui a acquis une grande expérience ; le pourcentage serait certainement plus élevé si cette méthode de rachianesthésie était pratiquée dans des services où les assistants anesthé— sistes et les infirmiers changent souvent. De
C’est pour toutes ces raisons que le D" Baranger a adopté actuellement la méthode de Sebrechts, avec quelques transformations légères. Néanmoins, il reste que la technique de Jones, même non modifiée, permet d'exécuter des opérations importantes et longues. avec un soin que ne permet pas l’anesthésie générale au chloroforme, à l’éther ou au mélange de Schleich.
OPINION DE CHIRURGIENS QUI EMPLOIENT LA RACHIPERCAÏNISATION SELON LA MÉTHODE DE JONES
Le D' Luquet, chirurgien de l'hôpital Saint-Michel, dont on connaît l'expérience en anesthésie, nous écrit au sujet de la rachipercaïnisation :
« J’estime que c’est la méthode la plus agréable pour le chirurgien, aussi je m’en sers beaucoup. J'utilise la méthode de Jones exclusivement. |
« Il m'est difficile de vous dire exactement combien de fois j’ai employé ce mode d’anesthésie, car maintenant c’est une anesthésie tellement courante chez nous qu’on ne la marque même plus sur le livre d'opération. Mais en vous disant plus de 500, je suis très au-dessous de la vérité ; et je ne l’emploie que pour les choses importantes. Il faut au moins une hystérectomie pour fibromes pour que je m’en serve ; jamais je ne l’utilise pour les appendicites ou les hernies banales, ni même pour les hystéropexies. Il faut que l’opération vaille la peine et présente quelques risques. par elle-même, car j'estime que malgré tout, c’est une méthode un peu dangereuse.
« J’emploie la rachianesthésie haute (D XII-L1) pour la
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chirurgie gastro-intestinale, avec 15 à 18 eme. de solution de percaïne suivant la taille du sujet ; la rachipercainisation lombaire pour les interventions sur le côlon et la rachianesthésie basse pour les opérations pelviennes (12 eme. environ). \
«Mais je ne l’emploie pas chez les sujets de plus de 60 ans, ni chez ceux qui, quoique moins âgés, sont vraiment fatigués, ceci à la suite d’un accident mortel chez un homme de 66 ans, accident qui s’est produit depuis la publication que j'avais faite à ce sujet.
« Je fais très attention à ce que la tête du malade ne soit relevée à aucun moment, surtout pendant l’injection de la solution de Jones. Pendant les opérations, même sur l’estomac, la table est toujours en léger Trendelenburg, ce qui ne gêne pas. Je crois que, dès qu’il y a des signes d'inquiétude du côté respiratoire, 1l ne faut pas hésiter à se servir de lobéline, qui donne vraiment un très bon résultat dans ce cas. Ces troubles sont du reste de beaucoup diminué si on fait faire régulièrement une injection de scopolamine-morphine avant la rachianesthésie.
« J’ai eu quelquefois des paralysies des muscles respiratoires, mais en incitant le malade à respirer par la voix et par quelques mouvements de respiration artificielle, la respiration est devenue normale au bout de quelques minutes ; tout ceci joint naturellement à un Trendelenburg immédiat dans les cas plus graves.
«La rachianesthésie basse pour les opérations pelviennes ne donne pratiquement jamais d’ennuis.
€ Naturellement je laisse les malades la tête à plat, dans leur lit, pendant 48 heures après l’opération. Il y a néanmoins quelques cas de céphalée qui sont très soulagés, en général, par la caféine.