APRÈS L'OPÉRATION
On doit déposer l’opéré dans son lit avec les plus grandes précautions, notamment on doit toujours veiller à ce que, sur le chariot, il ait la tête basse : dans son lit, il doit être laissé plusieurs heures sans traversin et, s’il y a la moindre menace de shock, il
faut surélever les pieds du lit. En général, l’opéré est
RO A IUT
tranquille, non choqué et l’on est étonné de lu; trouver son aspect habituel. En réalité, à part l’inhibition d’une série de racines rachidiennes, cette rachianesthésie n’a sur l’organisme qu’un retentissement nul ou insignifiant. | |
Nous avons vu un incident chez une personne de 77 ans, opérée d’un néo de la fourchette vulvaire, avec 13 cmc. de liquide. Cette personne, ayant été remise au lit un peu brusquement et sans surveiller linclinaison du corps, fit un arrêt respiratoire; la surélévation des pieds du lit par des briques et quelques tractions rythmées de la langue en vinrent aisément à bout.
Il n'y à pas eu de rétention d’urine chez nos opérés. Il semble même que l'émission des gaz soit plus précoce qu'avec. les anesthésies générales, peut-être parce que le calme abdominal permet de mieux ménager l'intestin qui, souvent, dans la poussée des anesthésies générales, à sa séreuse rapée par des compresses ou des champs maniés brusquement.
Nous n'avons jamais constaté des troubles moteurs ni des séquelles. ;
Nous n'avons vu que quelques rares complications pulmonaires qui guérirent, sauf deux cas mortels de: preumonie, l’un chez une personne pesant 120 kgr., l’autre chez un vieillard atteint de néoplasme du rectum.
Nous n’avons noté aucune paralysie oculaire et seulement deux cas de céphalée : le premier persista une
semaine et disparut spontanément, le deuxième sur-
CURE Ed
vint plusieurs jours après l'intervention et fut guéri par une injection intra-veineuse d’eau distillée.
Dans 7 cas, nous avons noté, par deux prises de liquide céphalo-rachidien avant l’anesthésie et vingtquatre heures après, la réaction cytologique. Cette réaction s'est révélée nulle daus tous les cas. Le nombre des lymphocytes par millimètre cube au premier examen oscillait entre 0,8 et 1,6 (dans 1 cas ho leucocytes surtout polynucléaires, dus à [a présence de sang dans le liquide}. Au déuxième examen fait le lendemain, le nombre de leucocytes oscillait entre 1,2 et 2. L’albumine restait aux environs de 9,22, le sucre aux environs de 0,45. Il semble donc que la solution de 1/1500 de percaïne ne laisse, au bout de vingt -quatre heures, aucune trace de réaction cytologique ni aucune hyperalbuminose ou hyper-
glycorachie.
Conclusion.
De nos cas malheureux, en particulier, et de la pratique de la méthode de Jones, en général, quelle conclusion tirer ? |
D'une part, le procédé de Jones donne des résultats satisfaisants, la plupart du temps, dans les opérations sur la région sous-ombilicale. D'autre part, en ce qui concerue les interventions sur l’étage sus-ombilicale, celte solution de Jones est difficile à manier. Il y a un nombre important de rachianesthésies insuffisantes
par trop petite quantité de produit ou par trop forte