SE SON
«En rachianesthésie, dit-il, nous employons uniquement la percaïne diluée, à 1/1500 hypobare (méthode de Jones). Nous avons pratiqué environ 200 rachipercaïnisation, sans accidents graves.
« Une préoccupation constante pour l’anesthésiste est d'éviter tout risque de complication tardive survenant de son fait. Nous devons faire un choix des malades et éliminer ceux qui ne relève pas de cette anesthésie.
« Contre-indication absolue : tout malade dont la résistance générale laisse à désirer est à écarter, tel est le principe. Les anémiques, ictériques, insuffisants hépatorénaux, cardiaques, hypotendus, doivent être opérés à la locale combinée avec quelques bouffées de balsoforme. Chez ces malades, il faut éviter tout choc surajouté au choc opératoire et quoique la « rachi » ne soit pas choquante en elle-même elle détermine néanmoins une chute de tension qui doit être évitée soigneusement chez tous les malades de cette catégorie, surtout si elle est suivie d’une opération longue, difficile intéressant soit l’estomac, soit le côlon et les voies biliaires.
«L'âge doit aussi entrer en ligne de compte. À partir de 50 ans, la « rachi » doit être surveillée de près. Chez les malades âgés, même résistants, nous préférons la locale. À partir de 65 ans, nous faisons surtout de l’anesthésie locale.
« J’écarte systématiquement dé la rachipercaïnisation les tuberculeux, les syphilitiques, les porteurs de sinusite, d’otite, en général tous les infectés. Ces sujets ont tendance à faire des réactions méningées et des céphalées qui constituent le gros inconvénient de la rachianesthésie, »
En terminant, le D' Hirchberg soulève le problème
AUS TEER
de la rachirésistance individuelle : pourquoi tel sujet n'a besoin que de 10 cmc. de la solution de Jones ? Et pourquoi le même résultat n'est obtenu que par 100 cmc. et plus chez tel autre ? Hirchberg émet l'hypothèse que, dans le dernier cas, le liquide céphalo-rachidien détruit la percaïne.
Voici l'opinion du D'° Barbaro, chirurgien sup-
pléant de l’hospice civil de Brest :
« Dans toutes mes interventions, j'ai constaté la réalité de :
19 L’étendue de l’anesthésie ;
20 Sa durée ;
39 Le calme abdominal parfait ;
40 L’innocuité apparente du produit.
« Par contre, après une gastro-entérostomie, j’ai eu une paralysie radiale accompagnée de phénomènes cérébraux d’excitation. La paralysie a duré plusieurs mois, puis a presque disparu. J’ai attribué cet accident à la «rachi » car il n’y avait aucune cause de compression du nerf sur la table d'opération.
« Je me suis conformé à la technique de Jones.
« Je n’ai pas toujours fait l'injection préventive de Sédol, pour ne pas ajouté de toxique chez un malade fatigué, mais j'ai toujours employé l’éphédrine avant et pendant la « rachi ».
« Je n’ai jamais injecté plus de 16 eme. de solution.
«Je n’ai jamais opéré sur le thorax.
« J'ai toujours fait la ponction entre L1 et L3, quelle que soit l'intervention.
Route
« En résumé, pour mon compte personnel, je considère que la rachipercaïnisation est très intéressante dans cer-
tains cas, rares pour moi. »
Le D' Funck-Brentano, Professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris, estime que la « rachi » constitue un procédé d’anesthésie de tout premier ordre. Par le silence abdominal qu'elle procure, elle est à ses yeux, la meilleure anesthésie qui soit pour toute la chirurgie abdominale, quel que soit l'étage envisagé. En outre, pour la chirurgie des membres inférieurs et, en particulier, des fractures, elle donne
un relâchement musculaire inestimable."
« Deux examens, poursuit-il, sont indispensables avant
toute anesthésie lombaire :
19 la réaction de Wassermann ; si elle est positive, on doit s’abstenir ; AE 20 la tension artérielle ; au-dessous de 10 au Vaquez, il
faut s'abstenir également.
« Immédiatement au-dessus de ce chiffre, une injection d’éphédrine-adrénaline obvie aux ennuis de la vingtième minute. |
« Pour la chirurgie gastrique, le Professeur Gosset et moi-même, nous employons la percaïine diluée (16 à 17 eme.). Ce produit ne nous a jamais donné d’ennuis et nous a permis de faire facilement, sans inhalation d’anesthésique, des gastrectomies difficiles. »
Le D° Doré, ancien chef de clinique à l'hôpital Necker, nous écrit :