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«Je n'utilise jamais par principe la rachi, et d’une façon générale, j'estime qu’elle doit vivre des contre-indications de l’anesthésie générale. Et cela, pour la raison qu’il ne me paraît pas souhaitable que le malade assiste à son opération ; lorsque des raisons particulières commandent d'y avoir recours, j'estime que la percaïne a apporté une amélioration considérable à la rachianesthésie. Je n’emploie plus jamais aucune autre substance.
« J’ai rapidement renoncé à la solution concentrée qui, après quelques essais ne m’a pas paru présenter d’avantages réels sur les autres anesthésiques rachidiens. En particulier elle ne m’a pas semblé éviter ce qu'on a appelé le drame de la vingtième minute.
« J’emploie donc uniquement la solution de Jones, solution légère, hypobare, à 14/1500. La technique que j’emploie est la technique habituelle : injection de sédol une heure avant ; éphédrine ou éphédraféine au moment de la ponction lombaire ; position du malade en léger déclive ; ponction lombaire en décubitus latéral ; ni soustraction de liquide, ni barbotage ; on pousse lentement, en 5 minutes, l’injection intrarachidienne ; 10 minutes sur le ventre, 10 minutes sur le dos.
« J’estime que l’espace dans lequel on fait la ponction n’a pas d'importance ; la hauteur de l’anesthésie est conditionnée bien plus par le degré d’inclinaison du malade, que l’on règle à volonté, que par la hauteur où est faite la ponction ; plus on rapproche son malade de l'horizontale et plus on obtient une anesthésie remontant haut.
« Résultats. — Les résultats ont toujours été excellents et sur une centaine d'observations, dans trois cas seulement j'ai eu une anesthésie insuffisante ou même presque
nulle ; jy reviendrai plus loin.
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«A remarquer surtout que l’on a un silence abdominal total et qu'aucune autre anesthésie ne donne.
« Accidents. — Je n’ai jamais constaté aucun accident, ni au cours de l’anesthésie ni ultérieurement. Jamais le drame de la vingtième minute, jamais de tendance syncopale, jamais d’excitation. Le seul incident que j'a observé est une céphalée qui peut durer 48 heures ; on l’évite d’une façon presque certaine en prenant la précaution de coucher les opérés complètement à plat pendant 24 heures, dans un lit dont les pieds ont été exhaussés.
« Echecs. — J'ai eu 3 échecs : anesthésie insignifiante ou presque nulle. Ils se sont produits en série, coup sur coup avec des ampoules provenant de la même boîte ; j'ai renvoyé le reste de la boîte chez le fabricant et de son examen il est résulté que la solution n’était pas suffisamment acide, et mes ennuis ne se sont plus reproduits. À ce propos, j'insiste sur la nécessité très importante de faire bouillir la seringue dans de l’eau additionnée de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, la neutralisation de la solution lui retirant son pouvoir anesthésique.
« Indications. — Ce sont d’abord les contre-indications de l’anesthésie générale : lésions cardiaques et surtout pulmonaires. On peut faire aisément toute la chirurgie sousdiaphragmatique avec une anesthésie parfaite. Je crois d'autre part qu'il faut voir une indication particulière dans la chirurgie intestinale longue et difficile : j’ai opéré, sous percaïne, une malade qui avait une fistule sur le grêle, dans des conditions opératoires extrêmement difficiles ; opération a duré une heure et demie avec un silence abdominal idéal et une anesthésie parfaite qui comptent pour une très grande part dans la guérison de ma malade. Il est certain que pour les anesthésies très longues, nous
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avons là un mode d’anesthésie beaucoup moins toxique que l’anesthésie générale. Une bonne percaïne donne en général une anesthésie utilisable d'environ deux heures.
« Contre-indications. — La seule importante est l’hypotension. Je dois dire d’autre part que je n’empioie pas volontiers la percaïne dans les opérations pelviennes, parce que la percaïne est vaso-dilatatrice et que pour les prostatectomies en particulier, je craindrais les hémorragies post-opératoires ; peut-être y a-t-1l un moyen de corriger cet inconvénient, mais je n’ai pas encore l’expérience et ne puis en parler.
« Enfin une dernière contre-indication est évidemment tirée de l’excès de pusillanimité. »
Le D: Bertreux nous dit qu’il a fait plusieurs centaines de rachipercaïne sans aucun accident mortel. Il faut, à son avis, placer le problème sous l’angle suivant : devant un sujet donné, il faut choisir l’anesthésie lui convenant. Si son état général, son âge (jusqu’à 50 ans), sa tension artérielle permettent une rachipercaïnisation, les moyens classiques, utilisés contre l'hypotension, mettent à l’abri de tout accident grave.
Enfin, le D: Tailhefer, chirurgien-adjoint de la
Fondation Curie, nous écrit : .
« J'ai employé 53 fois la rachianesthésie à la percaïne, en solution hypobare à 4 pour 5000, en suivant scrupuleusement la méthode de Jones :
Préparation du malade à la morphine et à l’éphédrine,
point de la ponction L2-LS.