LES SELS EMPLOYÉS
État actuel de la question:
Pour procéder à l'examen radiologique de l'estomac, dont la très grande utilité, sinon la nécessité absolue, se confirme de jour en jour d'une façon plus éclatante, plusieurs sels opaques sont ou furent employés, mélangés à des liquides ou préparations diverses. Le sel de bismuth qui fut le premier utilisé et qui, pendant quelque temps, le fut à l'exclusion de tout autre, estle sous-nitrate de bismuth. Ce sel, d’abord employé à petites doses fut, ainsi que nous l'avons vu, sur la foi des assertions de Rieder, employé à doses élevées 40, 60, et même 100 grammes.
Des intoxications graves, parfois mortelles, s'ensuivirent. Pourtant les dangers de ce sel, dontl’innocuité est presque absolue à petites doses, ne devaient pas être ignorés des médecins, car la toxicologie a recueilli, depuis le xvin* siècle, toute une série de cas d’empoisonnements que nous rappellerons brièvement ici.
ep
En 1739, Pott observa que ce sel donnait des nausées et des sueurs abondantes. À la même époque, Frail et : Wernex remarquèrent qu'il donnait des symptômes analogues à ceux qu’on observe dans l’empoisonnement arsenical. En 1775, Odier fit la même observation. Plus près de nous Durbach rapporte une observation d'empoisonnement par l'administration de 8 grammes de sous-nitrate de bismuth; les principaux symptômes étaient : vomissements, diarrhée, œdème et pelitesse du pouls.
En 1831, Lombard rapporte un cas mortel avec trois grammes. Jusqu'en 1896, on ne trouve aucun cas d’intoxication par ce sel dans la littérature médicale.
En 1896 et: 1897, Cohn puis Dubreuil rapportent chacun un cas non suivi de mort. |
À partir de cette époque, le sous-nitrate de bismuth est utilisé dans les examens radiologiques. Bôhme rapporte en 1906 un cas mortel survenant chez un enfant de 18 mois, à l’autopsie duquel on trouve de la méthé- . moglobinémie. Puis, ce sont les cas de Bennecke et - Hofmann, d'Erich Meyer, de Bensaude, de Worden, et Pancoast, pour ne citer que les principaux, avec des doses parfois relativement faibles : 30 à 50 grammes. À l’autopsie on trouva de la méthémoglobinémie : le foie et le sang contenaient du bismuth et parfois on constatait des nitrites dans l'urine. ï On peut attribuer l'intoxication des époques reculées à des impuretés dues à un vice de fabrication, mais il n'en est plus de même de nos jours. Aujourd'hui d’aileurs, le sous-nitrate de bismuth pur ne saurait plus être