‹ Contribution à l'étude: de la rate dans les maladies infectieusesChapitre 14 sur 46 · LEA · texte numérisé non relu

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averti, par une diminution de la sonorité et une Yésistance plus considérable, de la présence du bord supérieur de l'organe ; en continuant la percussion profonde, on obtient bientôt, toujours sur la même ligne, un son mat, tandis que la percussion superficielle donne encore de la sonorité, par suite de l’interposition entre la rate et la paroi, de la languette inférieure du poumon. Plus bas la percussion superficielle elle-même donne de la matité et de la résistance au doigt, indiquant les rapports immédiats de la rate et de la paroi, jusqu'à ce qu'une nouvelle sonorité superficielle, puis profonde, vienne indiquer que l'on a dépassé le bord inférieur de la rate et que l'organe percuté est l'intestin. À

Ayant déterminé le grand diamètre vertical, on procède de même à la recherche du grand diamètre transversal en percutant sur une ligne tirée de l’appendice xiphoïde et rejoignant la précédente.

Tous les auteurs ne partagent pas la manière de voir de Piorry; la limite supérieure de la rate ne pourrait être définie, la rate étant recouverte par le poumon, et normalement l’on ne pércevrait de matité qu’à la limite spléno-pulmonaire, à la hauteur des dixième et onzième côtes, et non à la neuvième.

Weil a soigneusement délimité cette ligne de transition, entre la sonorité pulmonaire et la matité splénique ; cette ligne qui en arrière près de la colonne vertébrale parcourt le dixième espace intercostal, atteint le neuvième au niveau de la ligne verticale tirée de l’omoplate, le huitième espace ou la huitième côte au niveau de la ligne axillaire moyenne.

Cet auteur, de même que Schuster et Mossler, préfère au décubitus latéral droit, une position en diagonale, intermédiaire, entre le décubitus dorsal et latéral droit.

Quinquaud et Nicolle percutent le malade debout, le corps légèrement penché à gauche, le bras relevé.

Quelle que soit la méthode employée, à cause du tympanisme stomacal et intestinal, il est souvent impossible de percevoir la rate par la percussion, ou bien l’on n’a de matité que sur un ou deux travers de doigt, de sorte qu'au point de vue clinique, on peut dire qu'une rate perceptible à la percussion est pathologique.

Dans les maladies infectieuses, l'hypertrophie de la rate peut passer inaperçue, à cause du tympanisme souvent considérable. Cependant,

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comme nous le verrons dans la suite, sauf chez les enfants, la percus-

sion permet le plus souvent de se rendre compte de l'augmentation du volume de l'organe.

Auscultation (1). — L'on sait que dans certaines splénomégalies, dans celles qui accompagnent la cirrhose du foie, en particulier, l’auscultation de la région splénique a permis de constater l'existence d’un souffle systolique plus où moins accentué ; ce signe a été observé un certain nombre de fois dans le cours des maladies infectieuses.

Maissuriauz, Griesinger, Mossler, Capelletti, l'ont observé dans la fièvre intermittente et dans les formes chroniques du paludisme.

Griesinger dit qu'il a été constaté par les médecins irlandais, dans la fièvre récurrente. Capelletti le signale dans deux cas de fièvre typhoïde et de pneumonie survenus chez des malariques.

. C'est, dans la plupart des observations, un soufle systolique à maximum variable. Capelletti en a bien étudié les caractères, c’est un souffle doux, nettement systolique, ne variant pas lors des changements de position du malade, ne se modifiant pas par le déplacement de la rate, par le météorisme ; variant un peu selon la pression du stéthoscope, diminuant et augmentant avec le volume de la rate ; ce souffle n’est pas un bruit propagé du cœur ou du poumon; son maximum se perçoit sur un espace de 2 à 3 centim. carrés, sur une ligne verticale, parallèle à la ligne axillaire et passant par le milieu de la clavicule.

Les auteurs ne s'entendent pas sur la nature exacte de ce soufile : pour les uns, il a son siège hors de la rate et est dû au tiraillement du ligament gastrosplénique et de l'artère comprise dans ce ligament (Besnier et Testi); pour d’autres (Griesinger en particulier), il est dû à la compression des gros vaisseaux de l'abdomen, de l'aorte en particulier par la tumeur; pour d’autres (Maissuriauz, Schutzem-

(1) C’est ROSER qui le premier ( Bulletin de l'Académie de médecine, octobre 1862) a observé ce symptôme dans le cours de splénomégalies de longue durée, puis SCHUTZENBERG (Gaz. méd. de Strasbourg, 1869) qui le signale dans la leucémie. BESNIER, dans le Dict. de Dechambre, en rapporte ensuite quelques observations ; MAISSURIAUZ (Saint-Petersburg med. Woch., 1888) le signale dans la malaria ; BOUCHARD (France médicale, 1889) et LEUDET (Revue de médecine, 1890) en rapportent de nouvelles observations et en étudient les caractères.

Ce signe a été récemment l’objet de travaux de plusieurs auteurs italiens, TESTI (Congrès de Rome 1891), et récemment enfin CAPELLETTI (Riforma medica, 1893).

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berg), il a une origine intrasplénique et est dû à la dilatation des vaisseaux qui se trouvent en grande quantité dans l'organe ; pour Capelletti enfin, qui fait la critique de ces diverses théories, ce souffle a une origine capsulaire, soit que comme dans les splénopathies anciennes, il y ait des épaississements de la capsule et de son reflet qui compriment l'artère au niveau du hile, soit que comme dans les infections aiguës, le changement de pression qui produit le souffle, soit dû à la dilatation des vaisseaux compris au niveau du hile dans la capsule et participant à la dilatation de celle-ci.

Ponction. — L'on peut encore tirer de précieux renseignements de la ponction de la rate. Cette ponction, qui peut rendre service pour le diagnostic clinique et bactériologique, est d'ordinaire inoffensive si l’on se sert d’aiguilles aseptiques; on a signalé cependant la possibilité de péritonite et surtout d'hémorrhagies intra-péritonéales, que l’on pourra éviter, en suivant les conseils de M. Cornil qui fait suspendre au malade tout mouvement respiratoire pendant la durée de l'opération.

Symptômes fonctionnels. — Les symptômes fonctionnels traduisant les altérations de la rate dans les maladies infectieuses sont de peu d'importance. Tantôt aucun symptôme subjectif ne révèle la souffrance de l'organe, tantôt, au contraire, le malade ressent une douleur localisée à l'hypochondre gauche. Cette douleur, rarement très intense, peut, dans certains cas de distension rapide de l'organe, acquérir une certaine violence; il y a un véritable point de côté splénique.

Cette douleur souvent n'est perçue que lors des changements de position du malade, à la suite du palper ou après une percussion un peu forte ; localisée à la région splénique, elle peut, dans certains cas, irradier sur le trajet du phrénique et s'accompagner de douleur dans l'épaule gauche.

La douleur est le seul symptôme, qui traduise à nos sens les altérations si profondes de la rate; les épistaxis signalées par les anciens auteurs à la suite des maladies de la rate, font partie du cortège général des symptômes de l'infection et ne peuvent être rattachées à ces lésions. Quant à l’anémie consécutive, elle est peut-être liée en partie aux altérations de l'organe, mais c’est là une hypothèse qui n'est pas encore suffisamment démontrée,

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