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CHAPITRE, II

Séméiologie de la rate.

SOMMAIRE, — Rapports de la rate.— Procédés d’examen de l'organe. — [nspection. — Palpation (procédé de choix chez l'enfant). — Percussion (divers modes), — La rate normale n’est pas perceptible. — Auscultation. — Symptômes fonctionnels.

Quoique la rate ne soit pas un organe superficiel, et par cela même facilement accessible à nos moyens d'investigation, nous pouvons cependant, jusqu'à un certain point, percevoir cliniquement les diverses modifications de volume et, dans certains cas, de consistance et de forme que lui font subir les diverses maladies infectieuses.

Avant de résumer ces modifications et les règles qui doivent présider à leur recherche, il est utile de rappeler rapidement les rapports intimes de la rate avec la grosse tubérosité de l'estomac à laquelle la rattache l'épiploon gastro-splénique, avec la concavité du diaphragme qui la sépare du poumon et du cœur, avec l’extrémité supérieure du rein gauche, le pancréas, l'intestin grêle et l'angle gauche du côlon; tous rapports qui doivent être présents à l’esprit du médecin pour comprendre certains phénomènes de compression qui surviennent au cours des diverses splénomépgalies. Il est utile de rappeler surtout les rapports avec la paroi thoracique ; par sa face externe, la rate est en rapport plus ou moins immédiat avec les neuvième, dixième et onzième côtes gauches, mais l'interposition du cul-de-sac costodiaphragmatique en haut, la présence du gros intestin en bas, jointes au voisinage de l'estomac, expliquent, comme nous le verrons plus loin, combien difficile est la délimitation par la percussion de l'organe normal et même de l'organe hypertrophié.

L'extrémité inférieure reste toujours à quelque distance, enyiron à 3 centimètres, du rebord des fausses côtes ; la rate n'est donc pas accessible à la palpation. :

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Inspection de la région. — Normalement, rien ne traduit à l’extérieur la présence de la rate sous le gril intercostal ; il n’en est pas de même dans certains cas pathologiques ; dans l'impaludisme par exemple, la région de l’hypochondre gauche devient bombée, la partie inférieure de la paroi thoracique est comme soulevée à ce niveau par la tuméfaction sous-jacente, et s’il existe en même temps une tuméfaction du foie, la partie inférieure du thorax prend une forme évasée qui donne à cette région un aspect tout spécial.

Dans certains cas même, la déformation devient appréciable sous les fausses côtes et'l’on voit apparaître une tumeur plus où moins prononcée qui suit les mouvements respiratoires. Cette tumeur est en rapport direct avec la paroi abdominale, sans interposition des anses intestinales.

Palpation. — Dans les maladies infectieuses aiguës, la rate est rarement perceptible au palper, du moins chez l'adulte, car chez l’enfant, au contraire, de l'avis de tous les cliniciens, la palpation est la méthode de choix, nous dirons même, souvent, la seule méthode d’examen, la percussion ne donnant. que de la sonorité, dans des cas où la rate est manifestement hypertrophiée. ‘

Pour faire ce palper, on place le malade dans le décubitus dorsal, les cuisses fléchies sur le bassin et l'on insinue la main exploratrice sous le rebord des fausses côtes.

Leichtenstein attire l'attention sur une cause d'erreur : lorsque le malade est dans le décubitus latéral droit, on peut prendre pour l'extrémité antérieure de la rate, l'entrecroisement du diaphragme et du muscle transverse en état de contraction.

Dans certains cas, on pourra, comme le conseille Piorry, faire prendre au malade la position génu-pectorale.

Par ce palper, on peut avoir des renseignements très précis sur l'importance, la consistance et la forme de la tuméfaction splénique ; mais dans la plupart des cas, la rate mème hypertrophiée se dérobe sous les fausses côtes, et il faut recourir à la percussion de l’organe.

Percussion. — Piorry a fixé autrefois les règles de cette percussion ; on fait coucher le malade sur le côté droit et on percute de haut en bas l’hypochondre gauche sur le trajet d’une ligne tirée du sommet de l’aisselle à la crête iliaque ; en percutant fortement, on est

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