‹ Contribution à l'étude: de la rate dans les maladies infectieusesChapitre 44 sur 46 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Organe d’origine mésodermique, la rate est essentiellement constituée par une trame réticulée, qui enferme dans ses mailles, sur certains points, exclusivement des cellules embryonnaires (corpuscules de Malpighi), et dans tout le reste de son étendue un mélange d'hématies et d'éléments lymphatiques à divers stades de leur évolution.

Organe hématopoiétique chez le fœtus (pulpe splénique), la rate est surtout chez l'adulte un organe leucocytopoiétique. C'est dans le corpuscule que se fait cette formation de leucocytes, la pulpe ayant surtout pour rôle de permettre aux leucocytes d'achever leur transformation. t

Cliniquement, la rate on n "est pas perceptible ; hypertrophiée, elle devient facilement ee par la percussion, quelquefois même

- par la palpation.

Cette hypertrophie constitue un des symptômes les plus importants :

des maladies infectieuses générales ; elle manque d'ordinaire ou est peu prononcée dans les infections locales. Elle est due presque exclusivement à la congestion de l'organe. AE

Les modifications apportées par les maladies infectieuses dans la structure de la rate sont de deux ordres :

1° Les unes ne sont pas à proprement parler des lésions, mais l'indice de la suractivité fonctionnelle de l'organe (hypertrophie des corpuscules de Malpighi, multiplication directe ou indirecte des lymphocytes, ou transformation de ceux-ci en leucocytes, mono et polynucléaires, c'est-à-dire en leucocytes aptes à la phagocytose, enfin processus identique de multiplication que l’on observe dans les mailles de la pulpe);

2 Les autres sont de véritables lésions, d'ordre surtout dégénératif; elles frappent aussi bien le corpuscule que la pulpe, et consistent dans des phénomènes de nécrose plus ou moins variés qui portent tantôt sur des éléments isolés, tantôt sur des fragments de corpuscule ou des segments de pulpe splénique, et déterminent la formation de véritables foyers de nécrobiose plus ou moins étendus.

Elles se traduisént encore par l'apparition dans la pulpe et dans les capillaires sanguins de grands leucocytes mononucléaires (macrophages) dans le protoplasma desquels on retrouve des produits de dégénération cellulaire (petits leucocytes mono et polynucléaites, débris nucléaires, etc.).

Ces lésions dégénératives frappent aussi les hématies, qui sont englobées dans les macrophages ou réduites à l’état de pigment.

Toutes ces modifications se rencontrent à des degrés divers, aussi bien dans les infections générales que dans les infections locales ; elles constituent les caractères anatomo-pathologiques de la rate infectieuse.

Quant aux bactéries, absentes de la rate dans les infections localisées, elles se rencontrent dans les autres cas dans les mailles de la pulpe splénique où. elles constituent souvent de véritables colonies.

Ces bactéries d'ordinaire libres sont parfois incluses dans les leucocytes mononucléaires qui, dans la rate, jouent le rôle de phagocytes.

L'étude dé ces modifications de la rate dans les cas d'infection fait déjà prévoir le rôle de cet organe dans la défense de l'organisme.

Les diverses expériences entreprises pour montrer la manière dont se comportent les animaux dératés dans, les infections expérimentales n'apportent guère de nouvelles preuves de ce rôle.

Il n’en est pas de même de la méthode expérimentale qui consiste à sacrifier les animaux inoculés, à des stades divers du processus infectieux, et à prendre pour ainsi dire sur le vif les phénomènes biologiques.

Cette méthode nous permet d'assister au rôle phagocytaire des cellules de la pulpe, bien mieux qu'on ne le voit aux autopsies des individus chez lesquels la maladie avait suivi son évolution naturelle. Elle nous permet encore de contrôler l'importance des phénomènes d'activité fonctionnelle du corpuscule, de telle sorte que nous pouvons

conclure que la rate est moins un organe de combat où les bactéries qui ont pénétré dans la circulation sanguine sont aux prises avec les phagocytes, qu'un centre de production où se fabriquent, pour être portés aux points envahis, les leucocytes phagocytaires véritables armes défensives de notre économie.

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