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de l'organe, se réfléchit pour pénétrer dans l’intérieur du parenchyme en accompagnant les vaisseaux:
De cette capsule et du prolongement intérieur qui accompagne les vaisseaux, se détachent perpendiculairement des tractus d'apparence fibreuse qu’ on aperçoit d'ordinaire sur la coupe d’une rate normale et qui dessinent un réseau plus ou moins compliqué. À
Entreles mailles de ce réseau, existent, disséminés sur le fond rouge de l'organe, des points blancs arrondis, de la grosseur d'une petite tête d’épingle. Ces points, qui passent souvent inaperçus dans la rate humaine, sont au contraire nettement perceptibles dans la rate de certains animaux (lapin, cobaye, souris), où la structure de l'organe est pour ainsi dire schématisée.
Chez ces animaux, sur une section perpendiculaire au grand axe de la rate, on voit se détacher, sur le fond rouge de la coupe, cinq à six ! points blancs plus ou moins arrondis. Ces amas sont désignés sous le nom de corpuscules de Malpighi; ils sont tantôt arrondis, tantôt allongés et d'aspect ovoïde, et présentent toujours comme caractère fondamental d’être placés sur le trajet d’une petite artère dont on voit la section, transversale lorsque les corpuscules sont arrondis, longi-
tudinale lorsque. ceux-ci sont allongés, de telle sorte que l’on comprend facilement que ces amas sont des sphéroïdes, ou plutôt des corps oblongs, coupés selon leur grand ou leur petit diamètre.
Entre ces amas s'étend la pulpe splénique. Celle-ci doit, comme les corpuscules, être étudiée d’abord chez les animaux (cobaye, lapin, souris), Chez ceux-ci, elle renferme :
1° Des tractus, qui partis dela capsule se ramifient dans l’intérieur du parenchyme et s'anastomosent avec des tractus de même nature qui se détachent des gaines fibreuses que l'on voit de place en place, autour des gros vaisseaux de l'organe;
2e De grands cordons formés de tissu réticulé et remplis de cellules lymphatiques et d'hématies mélangées, cordons qui dessinent dans la pulpe, un système continu anastomotique (voir fig. D);
3° De larges capillaires, n'ayant pour paroi qu'un simple endothélium, et formant un vaste réseau tortueux, qui sépare les uns des autres les grands cordons réticulés dont nous venons de parler, de telle sorte que cordons réticulés et grands capillaires s'intriquent l'un dans l’autre comme les pièces découpées d’un jeu de patience ;
4° Des artères et des veines réunies dans une gaine fibreuse commune ou possédant chacune une gaine séparée.
Chez l’homme la rate présente une structure identique, mais il n'existe pas de système de cordons de tissu réticulé aussi nettement limités que chez le lapin ou le cobaye; le tissu réticulé de la pulpe et les grands capillaires s’intriquent si profondément qu’il est difficile d'en comprendre les rapports, si l’on n’a pas étudié auparavant des coupes de rate d'animal.
F1G. 1. — Coupe d’ensemble montrant les rapports des capillaires veineux avec la pulpe splénique (rate de cobaye demi-schématique).
a, artériole; b, corpuscule ; €, capillaires veineux ; p, pulpe splénique.
Nous pouvons maintenant examiner en détail les diverses parties dont nous avons vu les rapports ; nous ferons cette étude surtout chez l’homme, en indiquant seulement les principaux caractères que présente la rate chez les quelques animaux qui servent d'ordinaire dans les laboratoires.
Capsule et prolongement fibreux. — Nous avons vu que cette capsule au niveau du hile de la rate se réfléchissait pour pénétrer avec. les vaisseaux dans l'intérieur du parenchyme; elle forme d’abord autour des artères et des veines une gaine commune, puis, lorsque ces vaisseaux se séparent, des gaines isolées, plus épaisses en général autour des artères qu'autour des veines.
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De ces gaines vasculaires, surtout des gaines veineuses, se détachent des travées qui vont s’anastomoser avec les travées de même nature qui partent de la capsule.
Ces travées, de même que les gaines et la capsule, sont formées de :
fibrilles conjonctives et de fibres élastiques très minces, entre lesquelles on aperçoit de place en {place, des cellules aplaties et des fibres-cellules musculaires lisses. Ces dernières sont rares chez l’homme, et leur existence même n’est pas admise par tous les auteurs; chez certains animaux (chien, chat, mouton, etc.), elles sont par contre extrêmement développées, surtout dans les parties profondes de la capsule (1).
GCorpuscules de Malpighi et artérioles. — Nous avons vu quels rapports intimes unissaient les corpuscules aux artères; celles-ci, après s'être séparées des veines, ne tardent pas à se résoudre en un pinceau d’artérioles ; c’est sur leur trajet que sont appendus les corpuscules.
Ces artérioles ne se terminent pas toutes de la même façon; les unes vont directement à la pulpe, d’autres vont aux corpuscules et s’y terminent, d'autres enfin, traversent un ou plusieurs corpuscules successifs pour aller se terminer dans la pulpe.
L'examen des coupes montre bien la situation exacte de l’artériole, dans le corpuscule; tantôt elle en occupe exactement le centre ; tantôt elle se trouve placée en dehors de celui-ci, plus ou moins latéralement; il n’est pas rare enfin de trouver, dans un même corpuscule, deux artérioles et même davantage.
Ces artérioles à leur traversée du corpuscule envoient dans celui-ci un réseau de capillaires nourriciers.
Quant aux corpuscules, ce ne sont pas des amas nettement arrondis, mais bien plutôt des ovoides extrêmement allongés dont la petite extrémité se prolonge en décroissant sur le trajet des artères. Frey à bien montré cette disposition : « Au niveau du point où les branches artérielles se séparent des veines, la gaine artérielle
(1) Ce système varie chez les différents mammifères, très peu développé chez la
” souris, lecobaye, le lapin, il est très développé chez le cheval, pore, mouton, bœuf,
chien, chat; chez l’homme il tient l'intermédiaire entre ces deux extrêmes.
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éprouve une modification : son tissu conjonctif fibreux se transforme en tissu conjonctif réticulé, en véritable tissu lymphoïde ; cette transformation, généralement accompagnée d’une augmentation de volume, se fait progressivement de dehors en dedans et finit par envahir les gaines artérielles proprement dites; l'enveloppe artérielle devient petit à petit une gaine lymphatique ; de là, production de renflements plus volumineux, mieux circonscrits, de formes diverses, qui se transforment enfin en corpuscules de Malpighi. »
Ces corpuscules apparaissent sur les coupes nettement délimités;
FIG. 2. — Corpuscule de Malpighi normal.
a, artériole; {, lymphocyte; #, leucocyte mononucléaire; 7, travée du réticulum ; p, cellule aplatie.
ils ne possèdent cependant pas de membrane d'enveloppe et le réticulum qui les forme se continue avec celui de la pulpe, mais on les distingue facilement grâce à l'opposition qui résulte de la différence de structure du corpuscule et de la pulpe, |
Dans certains cas, le corpuscule n'apparaît pas homogène et l'on peut lui distinguer deux zones, qui chez certains animaux sont délimitées par une ligne circulaire (1).
(1) Chez le chat, les corpuscules ont une forme toute spéciale, On ne saurait mieux
D, Dr
Le corpuscule est essentiellement formé d’une trame et de cellules lymphatiques.
Rérrcuzum. — La trame est constituée par des travées disposées en séries concentriques, travées qui s'unissent les unes aux autres en formant un vaste réticulum dans les mailles duquel sont contenues les cellules lymphatiques qui elles-mêmes apparaissent en séries concentriques. D'après Frey, les mailles de ce réseau sont plus serrées et plus résistantes à la périphérie, plus larges et à trabécules plus minces vers le centre, où elles se terminent au niveau de la tunique externe de l'artère.
Les histologistes ne s'entendent pas sur la structure du réticulum du corpuscule et en général sur celle du réticulum de toute la rate; tandis que pour la plupart des auteurs, M. Ranvier en particulier, ce réticulum a les caractères du tissu réticulé des organes lymphatiques, c’est-à-dire est formé de fines fibrilles de tissu conjonctif anastomosées et tapissées de cellules plates, pour d’autres auteurs (His, Kôlliker, Frey, et Laguesse), ce réticulum est formé de cellules ramifiées et anastomosées. Lagu esse considère que ce réticulum n’est autre chose que le reliquat des grandes cellules ramifiées qui forment le tissu de la rate chez l'embryon, les prolongements de ces cellules se rétréciraient, perdraient leurs granulations, le noyau s’atrophierait et finirait par disparaître; cependant, même chez l'adulte, on pourrait observer des noyaux engagés à l'intérieur même de la substance de la travée et non appliqués à sa surface ; ce réticulum enfin, chez le fœtus, ne se continuerait pas avec les fbrilles de la capsule.
CELLULES LYMPHATIQUES DU CORPUSCULE. — Ce sont des cellules arrondies, de 4 à 8 & de diamètre environ, formées d'un protoplasma extrêmement peu abondant et d’un noyau volumineux fixant fortement les couleurs basiques d’aniline: ces cellules ne sont autres que la variété de leucocytes appelés lymphocytes.
A côté de ces cellules, en très petit nombre d’ailleurs, on rencontre
en comparer la disposition, qu'à celle d’une bague portant une pierre enchâssée; l'artère n’est pas centrale, mais placée à la périphérie dans un point correspondant au chaton, et est entourée d'un amas de cellules lymphoïdes, amas qui va en s'amincissant en suivant une ligne circulaire ; le centre semble avoir une structure toute différente du reste du corpuscule et se rapproche du tissu de la pulpe.
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des cellules à protoplasma plus apparent que celui des lymphocytes et qui renferment un noyau volumineux, pâle, d'aspect vésiculeux (1). Ces cellules ressemblent à la variété de leucocytes appelés leucocytes mononucléaires du sang. Frey décrit en outre des noyaux libres, des cellules à plusieurs noyaux, des cellules chargées de pigment; nous n'avons jamais observé ces diverses variétés sur no$ coûpes, du moins dans le corpuscule.
RÉSEAU CAPILLAIRE DU CORPUSCULE. — Dans le corpuscule existe uñ riche réseau de capillaires nourriciers qui se détachent de l'artériole centrale. D’après F re y, ils sont anastomosés en anse. Ils semblent, à la périphérie du corpuscule, se continuer avec les vaisseaux de la pulpe et forment un réseau extrêmement délié, très difficile à voir sur les coupes sans injection préalable, de telle sorte que sur les coupes histologiques le corpuscule de Malpighi semble à peu près complètement dépourvu de globules rouges.
Nous avons vu que ces capillaires se terminaient dans la pulpe; il n'existe pas de veine à l’intérieur du corpuscule.
Les corpuscules de Malpighi se voient chez tous les mammifères, et on les rencontre toujours chez l’homme en grand nombre sur les coupes ; très développés chez l'enfant, ils diminuent d importance chez le vieillard, sans jamais cependant disparaître complètement.
Pulpe splénique. — Entre les corpuscules de Malpighi, sillonnée par les grandes travées fibreuses vasculaires et avasculaires, se trouve la pulpe splénique, constituée par une vaste nappe de tissu réticulé remplie d’hématies et de leucocytes et criblée de larges canaux gorgés de sang ; ces canaux, dépourvus de paroi propre, sont assez rapprochés les uns des autres pour que les nappes de tissu réticulé qui les séparent apparaissent elles-mêmes comme de véri-
(1) Les rapports de ces cellules à noyau vésiculeux et des autres cellules lymphatiques sont encore mal connus. (D'après CANTACUZÈNE. Thèse Paris, 1894.) Chez le cobaye, ces cellules se trouveraient à la périphérie du corpuscule, au voisinage de la pulpe; il ne nous a pas paru que cette disposition fût constante ; chez l'homme il nous à semblé qu'elles étaient disséminées au milieu des lymphocytes! Notons avec Cantacuzène\la ressemblance de ces cellules avec les leucocytes mononucléaires ; nous aurons d’ailleurs occasion de revenir dans la suite sur ce point.
RIRE EU à tables cordons (cordons de la pulpe, cordons intervasculaires de Billroth), du moins chez certains animaux.
En réalité, il n'y a pas de cordons pulpeux, et comme le montre le développement, la rate est formée d'un système continu de tissu réticulé qui, sur certains points (au niveau des artérioles), contient dans ses mailles exclusivement des éléments lymphatiques (corpuscules de Malpighi) et qui partout ailleurs renferme un mélange d'éléments lymphatiques et d'hématies (pulpe splénique).
Le réticulum de la pulpe a done la même structure que celui du corpuscule, et comme celui-ci, est parcouru par de petits capillaires nourriciers, à peine visibles sur les coupes; il délimite entre ses mailles une infinité de petites logettes dans lesquelles sont contenus les éléments de la pulpe proprement dite. Celle-ci, d’après Frey, est
FIG. 3. — Leucocytes normaux.
a, Iymphocyte ; b, leucocyte intermédiaire entre ie lymphocyte et le leucocyte polynucléaire ; €, d, leucocytes polynucléaires ; a’, b', leucocytes mononucléaires ; ©’, d’, formes de division.
constituée par des hématies, par des éléments comparables à ceux du corpuscule, enfin par des cellules remplies de pigment et par du pigment jaune d’or, brun ou noir, en liberté.
En réalité, outre les hématies, on rencontre dans la pulpe des leucocyles à tous les stades de leur développement, lymphocytes, leucocytes mononucléaires et leucocytes polynucléaires.
Nous connaissons déjà les lymphocytes pour les avoir étudiés dans le corpuscule; les leucocytes polynucléaires ont ici la même structure que ceux du sang, mais ils se trouvent en moindre quantité dans la pulpe que dans le reste de la circulation ; il nous reste donc à étudier
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la troisième variété, les leucocytes mononucléaires qui sont les éléments caractéristiques de la pulpe splénique : ce sont en général d'assez
grandes cellules, à protoplasma abondant, à contours mal définis et
renfermant un gros noyau ovalaire ou réniforme. Le protoplasma est homogène et se colore très faiblement par l’éosine, ou par le bleu de méthylène ; le noyau est vésiculeux, il se colore faiblement par l’hématoxyline ou le bleu phéniqué, et souvent présente contre sa membrane, un certain nombre de grains plus ou moins fortement colorés; ce noyau est tantôt situé au centre de la cellule, tantôt à un des pôles de celle-ci ; il renferme d'ordinaire un nucléole.
Nous verrons plus tard quelle importance ont ces leucocytes mono-.
nucléaires qui forment ce qu'on a appelé les cellules de la pulpe. Rappelons à ce propos qu'ils ne constituent pas des éléments spécifiques de la rate, mais qu'ils se rapprochent beaucoup des leucocytes à noyau vésiculeux du sang.
D'après Emilianoff (1), outre ces formes il existe toutes les formes de transition possibles, depuis le petit lymphocyte jusqu'aux grandes cellules géantes mononucléaires à noyau rond ou ovale; on rencontre enfin des globules blancs en voie de décomposition, formés de masses granuleuses à contours mal définis, à noyaux désorganisés.
- Nous avons retrouvé dans la pulpe toutes ces formes décrites par Emilianoff, et, en particulier, une variété de leucocytes à contours arrondis, à protoplasma abondant et à noyau fixant fortement les
couleurs basiques d’aniline, participant ainsi à la fois aux caractères.
du lymphocyte et du leucocyte mononucléaire.
: On ne rencontre ni cellules éosinophiles, ni cellules à granulations basophiles.
. On discute encore sur l'existence de globules rouges à noyau ; ceuxci, que l'on trouve en abondance dans la rate à la période fœtale, se vérraient chez les jeunes animaux d’après Funke et Kôülliker; Emilianoff, même après de fortes saignées ne les a jamais rencontrés,
Il existe enfin, mais en très petit nombre, des leucocytes mononus cléaires contenant des hématies et surtout des hématies en voie de destruction, et une très petite quantité de pigment.
(1) EMILIANOFF. Sur le rôle de larate au point de vue de la composition morphologique du sang et sur l’influence de l’extirpation de cet organe sur la moelle des os. Archives des Sciences biologiques de Saint-Pétersbourg, 1893.