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Capillaires veineux sanguins.— Quantaux grands canaux gorgés de sang qui sillonnent la pulpe, ils se rapprochent des capillaires, par: . leur structure, tout en ayant un calibre supérieur à celui de beaucoup de veines et d’artères ; ils sont creusés en plein tissu réticulé, simple-: ment condensé pour leur servir de paroi et tapissés de grandes cellules endothéliales fusiformes.
Leur étude est des plus intéressantes, car ils renferment dans leur lumière au milieu des hématies toutes les formes leucocytiques que nous avons trouvées dans la pulpe; on y rencontre aussi, d’après Emilianoff et nous l'avons souvent vérifié, de grandes cellules granuleuses, à contour mal défini, à noyau non colorable, qui sont des formes vieilles de leucocytes.
À ces grands capillaires succèdent des veinules et des veines, dans le sang desquelles on retrouve encore à profusion des leucocytes de toutes formes; c’est là une des caractéristiques des veines spléniques et il n’est pas rare de trouver dans la lumière d’une veinule de calibre moyen, trente à quarante leucocytes. D’après Emilianoff, il y a à la fois plus d'éléments jeunes (lymphocytes) et de formes vieilles que dans les: autres veines, dans la proportion des deux tiers de la quantité du. nombre total des leucocytes au lieu d’un cinquième qui est la proportion rencontrée dans les autres vaisseaux ; les formes adultes (leucocytes mononucléaires) ne sont que faiblement augmentées de nombre.
Nous avons évité jusqu'ici toute description théorique, nous efforçant seulement d'exposer ce que chacun peut voir facilement sur les coupes. Il nous faut maintenant rappeler rapidement les hypothèses émises par les physiologistes au sujet du mode de communication des artères et des veines de la rate. ñ
Pour certains auteurs, Frey en particulier, les grands capillaires dont nous avons parlé présentent des cellules endothéliales qui ne sont pas soudées entre elles; la paroi du canal n’est pas close et c'est par là que se ferait la communication entre le système sanguin et les mailles de la pulpe. |
Pour Gray, Billroth, Külliker, les vaisseaux capillaires très déliés déboucheraient directement dans les veines caverneuses.
Pour Schweiger-Seidel, il existerait entre les artères et les veines des canaux intermédiaires à paroi formée uniquement de cellules fusiformes.
Pour Key et Stiéda, il existerait entre les capillaires et les veines caverneuses, un lacis de capillaires très fins formant un réseau qui dans ses mailles engloberait les cellules lymphatiques, et constituerait la pulpe splénique.
Pour Müller, une injection faite dans l'artère permet au liquide de sortir des vaisseaux capillaires dans le tissu environnant, de là il passe dans les premiers conduits veineux qui sont de simples canaux caverneux, creusés dans le tissu de la pulpe; les capillaires présenteraient une paroi extrêmement mince qui se diviserait en fibres allant se confondre avec le réseau de la pulpe. C’est en somme tout le réseau de la pulpe qui servirait d'intermédiaire entre le sang artériel et le sang veineux.
C’est à peu près la même opinion qui a été soutenue par Denys : « Si, dit-il, on fait abstraction du tissu conjonctif de soutien et des fibres musculaires lisses, la pulpe ne comprènd qu’un réseau capillaire, ou plus exactement un système de lacunes communiquant largement entre elles et traversées dans tous les sens par des minces brides et des trabécules anastomosées.. La pulpe est à la rate ce que les espaces lymphatiques périfolliculaires sont aux ganglions lymphatiques; elle se continue d’un côté avec les cellules des capillaires des corpuscules de Malpighi et de l’autre avec celurdes petites veines caverneuses origines de la veine splénique; le sang qui a parcouru le réseau capillaire des corpuscules de Malpighi débouche au sortir de ceux-ci dans un lit d'une capacité énorme, et sa vitesse diminuant, les globules blancs s’y accumulent facilement et c’estce mélange de globules rouges et de leucocytes qui constitue la pulpe splénique. »
. En résumé, quelle que soit la théorie admise, ce qui semble démontré, c’est qu’à la sortie du corpuscule de Malpighi, le sang qui avait tous les caractères du sang artériel, se charge de leucocytes, séjourne en. cet état dans les mailles du réticulum de la pulpe, pour ressortir au niveau des grands capillaires veineux, plus riche en leucocytes que normalement. La quantité de leucocytes que contient le sang veineux est toutefois moins considérable que celle qui existe dans les mailles de la pulpe.
C'est à la périphérie du corpuscule de Malpighi que se ferait le passage des leucocytes dans les mailles de la pulpe.
Lymphatiques, — Nous ne dirons qu'un mot des lymphatiques de la rate; les uns sont situés sous la capsule, les autres admis par Tomsa suivent la charpente des travées et leurs ramifications, ainsi que les gaines vasculaires; ils pénétreraient même dans le corpuscule de Malpighi.
Nerîs. — Les nerfs viennent du plexus splénique du grand sympathique; ils sont très abondants et pénètrent au niveau du hile avec les artères dont ils suivent les ramifications, ils sont formés de fibres de Remak et présentent sur leur trajet, d'après Müller, des groupes de cellules analogues à celles des ganglions. Leur terminaison est mal connue; d’après Fusari,les unssuiventle trajet des artères, les autres s’avancent isolément dans le parenchyme.
Développement (1). — La rate est un organe d'origine mésodermique, développé tardivement dans le mésogastre ou dans le mésoduodénum ; elle n’est représentée d’abord que par un simple épaississement localisé du mésenchyme dans lequel est creusée la veine sous-intestinale qui, un peu plus loin, devient la veine porte.
Elle est d’abord formée par des cellules ramifiées anastomosées entre elles et formant un réseau par leurs prolongements ; les mailles de ce réseau sont pleines et occufées par des cellules qui représentent les futurs éléments lymphatiques de la rate, tandis que les cellules ramifiées et anastomosées en représentent le futur réticulum. Bientôt, par suite du retrait du corps des cellules contenues dans les mailles, il se forme entre les éléments ramifiés de véritables logettes communiquant les unes avec les autres; parmi ces logettes, celles qui sont au voisinage de la veine sous-intestinale entrent en rapport avec celleci. De cette communication, résulte la formation dans la rate, d’un système de lacunes tortueuses, irrégulières de calibre, dans lesquelles, par suite de l'irruption du sang veineux, plasma, globules sanguins et éléments arrondis condensés se trouvent mélangés et s’échappent dans le sang. L'étude de ces éléments arrondis doit nous
(1) LAGUESSE. Notes sur le développement des veines de la rate, Société de biologie, 1890. Développement du tissu réticulé chez l'embryon de mouton. Société de biologie, 1891. Note sur le réticulum de la rate. Société de biologie, 1893. Développement de la rate chez les poissons. Thèse de doctorat ès-sciences, 1890, et Journal de l'anatomie, 1890.
arrêter un instant, ils présentent un gros noyau granuleux et un protoplasma très réfringent presque homogène, réduit à une mince couche enveloppante; Pouchet les a désignés sous le nom de noyaux d'origine, voulant dire par là qu'ils sont une des soùrces des éléments figurés du sang. |
Par suite de la présence de ces éléments, la rate, qui n'est qu’un simple diverticule veineux dépendant du système porte, joue donc à cette période le rôle d’organe hémopoiétique.
Plus tard les artères apparaissent et pénètrent les mailles du réticulum primitif en mettant en liberté à nouveau des éléments arrondis qui passent dans le sang.
Mais il reste toujours dans la rate, ‘entre les points envahis par les veines et les points envahis par les artères, de vastes espaces que le : sang n'occupe pas complètement, et qui conservent pour ainsi dire la structure primitive (c’est-à-dire des mailles réticulées renfermant des cellules arrondies) ; cés espaces ne sont autres que les corpuscules de Malpighi.
Le réticulum de la rate n’est pas de nature conjonctive, il est le produit de l’atrophie des cellules ramifiées dont nous avons parlé; les prolongements de ces cellules, en effet, perdent leurs granulations et se rétrécissent, leurs noyaux s'atrophient et finissent même par disparaître en partie; cependant chez l'adulte, on peut encore observer des noyaux engagés à l’intérieur même de la substance de la travée et non appliqués à la surface comme le décrivent les classiques.
La pulpe a donc la même origine que le corpuscule de Malpighi, et
elle représente la partie de la rate primitive dont les mailles ont été
envahies par le sang, tandis que le corpuscule reste, même chez l'adulte, un vestige de la rate embryonnaire. Il conserve d’ailleurs les attributions de celle-ci et continue chez l'adulte son rôle hémopoiétique.
D'après certains auteurs, en effet, il se ferait à la périphérie du corpuscule un essaimage continu des noyaux d’origine, du corpuscule à la pulpe splénique, au fur et à mesure des besoins de la régénération cellulaire, et cet essaimage se continuerait pendant toute la vie. Il en résulterait, d'après Pilliet (1), que chez le vieillard les
(1) PILLIET. Archives de médecine expérimentale, juillet 1893. Études histologiques sur les altérations séniles de la rate, etc. Chez le vieillard la rate est petite,
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corpuscules de Malpighi sont extrêmement atrophiés, et qu'il ne reste plus guère d'éléments lymphoïdes qu'autour du vaisseau central.
molle, entourée d’une capsule épaisse, blanche, ridée et plissée, son poids peut être réduit à 40 gr.; à la coupe, atrophie des corpuscules, et épaississement de l’artériole centrale ; quant aux mailles de la pulpe, elles sont atrophiées et revenues les unes sur les autres, de sorte que l’on ne voit plus guère que le squelette fibreux de la rate dessinant de grandes cavités rappelant le poumon atélectasié.