‹ Contribution à l'étude de la Ration alimentaire du Nourrisson élevé artificiellement de un à sept moisChapitre 16 sur 19 · ESS · texte numérisé non relu

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cachectique qu'il était au début du traitement est devenu un

enfant ferme, vif et superbe, comme s'il avait été élevé au lait

maternel.

L'observation, qui vient d'être rapportée, nous paraît être la plus importante de ce travail. Il s’agit en effet d’un nourrisson qui a été suivi pendant plus de six mois, et qui au début du traitement était dans un état cachectique suffisamment accentué pour faire craindre de ne pouvoir l'élever. Dès létablissement du régime, M. Barbier a pu noter le meilleur aspect de l'enfant, et les bons caractères des selles. Celles-ci étaient spontanées et jaune d’or. Ce nourrisson était devenu tranquille et ses chairs devinrent rapidement fermes. Il s’agit certainement là d’un des résultats les plus probants et les plus magnifiques obtenus par M. Barbier.

Influence des troubles pathologiques sur la ration alimentaire du nourrisson.

Tout trouble pathologique, si minime soit-il, a immédiatement sa répercussion sur l’accroissement du nourrisson. Par exemple l’existence d’abcès souscutanés se manifeste de suite par une baisse de poids et l’état des selles, qui deviennent épaisses et pâteu-

ses, souvent glaireuses (Obs. IV). Dans d’autres cas, ce sont des poussées congestives pulmonaires qui

arrêtent le développement de l'enfant. L'observa-

tion Vlen offre un exemple des plus typiques, où

nous voyons chaque baisse de poids coïncider avec

des poussées bronchitiques, ou bien une exagération

des quintes de coqueluche, ou simplement une érup-

üon bulleuse sur la face.

Dans tous ces cas, il est de règle absolue tout au moins de ne pas augmenter la ration alimentaire comme on serait tenté de le faire, si l'on prenait comme guide uniquement la courbe du poids. Il vaut même mieux diminuer la ration, sans alimenter le nourrisson, afin de mettre son tube digestif au” repos et éviter l’éclosion de troubles gastro-intestinaux alors si fréquents.

. Ce sont ces troubles pathologiques qui expliquent les oscillations remarquées sur la plupart des courbes de poids, malgré la constance de l’alimentation.

OBSERVATION VI (Service de M. le D' Barbier. Hôpital Hérold).

Br..., Emma, âgée de 5 mois, entre au service de la coqueluche, à l'hôpital Hérold, le 30 avril 1903.

Elle a été élevée en nourrice, et a été certainement suralimentée et non réglée, sans qu’on puisse cependant avoir des renseignements précis.

Elle entre à l'hôpital avec une forte coqueluche, se manifes

tant par 10 à15 quintes par jour. Elle est petite, chétive, maigre et très au-dessous de son poids. Elle ne pèse en effet que 3.260. Elle a un peu de diarrhée. De gros râles de bronchite sont

disséminés dans les deux poumons. On donne à l'enfant

210 grammes de lait, environ 65 grammes par kilog.

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so et Aya

Tout d'abord, ce nourrisson subit l'influence de sa coque-luche et son poids tombe à 3.080, d'où une diminution de 180 grammes en 12 jours. Son état cachectique s’accentue et 1l présente bientôt de l'hypothermie, contre lequel on lutte par des injections de sérum artificiel.

Du 13 mai au 3 juin, il est pendant une grande partie de cette période en hypothermie. De très faibles injections de sérum arüficiel (5 à ro grammes par jour) sont continuées. Mais l’état général s’est amélioré. La bronchite est disparue. Le nom-

bre des quintes a diminué et tombe de 6 à 9 quintes. Les selles

era 1 Date ei 3 pen, Ezit 210 grammes

: | Eeau 210 grammes

< co | — =

CRT - MT Sucre 20 grammes

| Augmentation totale : 280 grammes.

Augmentation par jour : 19 grammes ; par kilog. : Éd

L'augmentation par jour et par Kilog. est supérieure à l'ang- | L

mentation théorique qui n’est à cet âge que de 5 grammes. Mais

- en réalité l'enfant est irès amaigrie, ne pèse pas plus qu'un nourrisson d'un mois ; et cornme celui-ci, il doit augmenter de ct

$ 7 grammes par jour et par kilog.

Puis, Je 3 juin. les râles, réapparaissent, be Sie dans

les deux poumons. Les quintes de coqueluche augmentent de MS: nombre et remontent à 15. L'influence de ces troubles morbides se fait immédiatement sentir sur l'accroissement ei du 4 juin au

- Q juin, en 6 jours, le poids diminue de 325 grammes.

Le 9 juin, réapparaît lhypothermie. De nouvelles ct de sérum artificiel (5 cn. c.) sont pratiquées, chaque jour. Puis, L bronchite diminue et disparaît. Les quinies de coqueluche s'apaisent également. Les selles sont ioujours bonnes et le poids s’accroit :

Du 9 au 19 juin, même ration,

- Augmentation totale de 240 grammes.

Augmentation par jour : 2h grammes.

| Augmentation par jour et par kilog : 7 grammes. ® Le 19 juin se manifestent dans la courbe de nouvelles oscil- Jations. La bronchite réapparaît, les quintes augmentent, et le nourrisson retombe dans l'hypothermie. Une chute nouvelle se produit de 150 grammes, en 10 jours.

Le 29 juin, la température redevient normale et l’état s'améliore. Cette bonne période dure jusqu'au 8 juillet :

Du 9 juin au 8 juillet, même ration.

Augmentation totale : 230 grammes.

Augmentation par Jour : 28 grammes .

Augmentation par jour et par kilog ; 8 grammes.

Puis le 8 juillet, des troubles dyspeptiques apparaissent. Les

selles sont abondantes, panachées, jaunes et vertes. La diarrhée dure ainsi quelques jours. En même temps est apparu des bulles de pemphigus aux aines, aux jambes et aux bras, L'état du poumon et la coqueluche restent stationnaires. Le poids diminue du 8 juillet au 13, de 130 grammes.

À partir du 3 juillet survient une amélioration persistante. La température est à la normale. Le pemphigus est disparu. Les selles sont excellentes. La coqueluche s’affaiblit et le poumon ne présente plus de râles. Cet excellent état se prolonge ainsi pendant près d'un mois : |

Du 13 juillet au 3 août : même ration : 65 grammes de lait par kilog.

En 21 jours, augmentation totale de 230 grammes.

Augmentation de 11 grammes 5 par jour.

Augmentation de 4 grammes par kilogramme et par jour

Puis le 3 août, subitement, la température s’élève, un catarrhe oculo-nasal se manifeste. Un début de rougeole est soupçonné. Le nourrisson refuse de s’alimenter. Les selles deviennent abondantes, fétides, et vertes. L'enfant se cyanose, et en

trois jours la mort survient, avec une baisse considérable de

poids.

ER

DV

Régime alimentaire du nourrisson âgé de sept mois. Adjonction à l'alimentation de jaunes d'œufs et de

crème.

L'approche du septième mois commande un changement de régime, et c’est pourquoi ce travail a été limité aux nourrissons de un à septmois. À partir de cette époque, nous avons déjà insisté sur la nécessité de recourir à d’autres aliments que le lait, comme jaune d’œuf et crème, à cause de la diminution du besoin en albumine. Nous rapportonsici une

observation ayant trait justement à cette période de transition et où l’on voit les bonseffets de ce mode

d'alimentation.

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