‹ Contribution à l'étude de la Ration alimentaire du Nourrisson élevé artificiellement de un à sept moisChapitre 3 sur 19 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

L'étude de la ration alimentaire du nourrisson a été tout récemment l’objet d’une longue discussion à la Société de thérapeutique (1903). Cette discussion à eu pour point de départ un rapport présenté par notre maitre M. le docteur Barbier. Ce sont quelques-uns des faits cliniques, des documents, ayant servi de base à ce rapport, que nous voudrions exposer dans notre thèse.

Il ne s’agit donc pas dans ce travail d'une étude critique des différentes rations alimentaires proposées pour le nourrisson. Nous n’avons ni l'expérience, ni la compétence nécessaires pour soutenir une controverse sur de pareilles questions ; et d'autre part le

ot

sujet est si vaste et si complexe qu'il nécessiterait tout un long volume. Notre intention est simplement de publier des observations à l’appui d’une facon de concevoir l'établissement théorique de la ration alimentaire pendant la première enfance.

Nous n’avons pris parmi ces documents que ceux ayant trait au nourrisson dans les septpremiers mois de la vie, et seulement ceux qui se rapportent à l’allaitement artificiel. En effet l’étude de la ration alimentaire d’un enfant élevé au sein doit faire prochainement le sujet de la thèse inaugurale d’un des élèves de M. Barbier, et d'autre part l'étude de la ration alimentaire au moment du sevrage vient d’être récemment traitée, toujourssous les auspices de notre maïtre, par M. Lemarié (Mai 1904).

Ce travail a été limité aux nourrissons de un à sept mois, car l’approche du septième mois chez l’enfant élevé artificiellement nous parait commander un changement de régime. À mesure que l’enfant s'élève en âge, son besoin en albumine, proportionnellement à son poids, s’en va au contraire en diminuant. Le lait de femme obéit à cette loi, et alors qu'il contient 16 grammes de matières protéiques par litre à la naissance, vers sept mois il n’en renferme plus que 12 Ou 13. Le lait de vache au contraire a une composition fixe et même renferme le double de matières protéiques du lait de femme. Cette suralimentation en albuminé, et surtout en albumine étrangère, non homologue, peut être l’origine de troubles digestifs, d’une sorte de dyspepsie par les albuminoïdes.

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Jusqu'à l’âge de sept mois ilest assez facile de remédier à cette dyspepsie par les albuminoïdes, en utilisant le procédé du coupage du lait, et en comblant le déficit en calories qui en résulte, par l'apport de sucre. Mais vers sept mois, le besoin d’albuminediminue, la quantité de lait pur par kilogramme d’enfant va donc s’abaisser; et pour rétablir l'équilibre la quantité de sucre augmente dans des proportions si considérables que peut-être provoquerait-elle destroubles digestifs. Il faut donc commencer à sevrer l'enfant, avoir recours à d’autres aliments, comme le jaune d'œuf et la crème fraîche. Pour nous, en accord avec M. Barbier, la période des sept premiers mois estla seule. pour le nourrisson élevé artificiellement, pendant laquelle la ration alimentaire peut être basée uniquement sur le lait, et c'est pourquoi nous avons restreint notre étude à cette période.

Les quantités de lait indiquées par M. Barbier, dans son rapport, sur la ration alimentaire du nourrisson, ont été basées sur les données de la physique et de la chimie biologiques. Il s’agit donc de chiffres théoriques qui ne doivent pas être appliqués dans toute leur rigueur à tous les nourrissons. Ils ne peuvent être que des moyennes, autour desquelles oscillera la ration. Nous ne saurions trop insister sur ce point, car dans plusieurs de nos observations on verra que nous avons dû accroître un peu la quantité de lait, ce qui prouve simplement que tous les organismes ne sontpas comparables. Mais malgré ces variations, toujours minimes, la ration n’en est

Or

pas moins toujours restée très voisine des chiffres proposés. |

Nous donnerons tout d’abord un court résumé du rapport de M. Barbier pour montrer sur quelles bases repose la détermination de la ration alimentaire. Nous chercherons ensuite quels sont les caractères cliniques qui nous permettent de diriger et de guider un bon allaitement. En possession de ces règles théoriques et cliniques, nous examinerons et discuterons les documents que nous apportons à l'appui du régime alimentaire du nourrisson, tel que nous le concevons. Ces documents seront classés dans cet ordre : observations ayant trait à des nourrissons de poids normal, observations denourrissons dyspeptiques et au-dessous de leur poids; observations portant sur lerégime alimentaire d'enfants qui sont sous l'influence de perturbations pathologiques. Enfin, comme conclusion, suivra une comparaison entre l’état du nourrisson élevé artificiellement avec le régime préconisé, et l’état du nourrisson élevé artificiellement avec le régime recommandé habituellement par la majorité des pédiatres.

Les idées etles matériaux de cette thèse appartiennent à M. le Docteur Barbier. Avec une extrême bienveillance illes a mis à notre disposition. Nousne saurions oublier le charmant accueil qu’il nous à fait dans son service, et nous le prions d’agréer, au début de notre travail, nos remerciements les plus sincères.

M. le professeur Tillaux et M. le professeur agrégé

Campenon ont été nos initiateurs dans la chirurgie, et nous avons été heureux de pouvoir suivre leurs savantes leçons.

Nous avons été l'élève du regretté M. Rendu, de M. Moutard-Martin et de M. le professeur-

agrégé Chauflard ; nous sommes reconnaissants à

ces maîtres d’avoir bien voulu nous initier à la partie pratique de la médecine.

Enfin notre stage d'accouchement a été accompli chez M. le professeur Budin, alors remplacé par M. Maygrier, et nousavons conservé un excellent souvenir de notre séjour à la clinique Tarnier.

C'est pour nous un grand honneur et un plaisir

extrême de voir notre thèse présidée par M. le pro-

fesseur Budin ; nous savions d’ailleurs que ce qui touche le nourrisson le passionne; nous sommes heureux de l’avoir vu s'intéresser à notre travail, à la part de contribution que nous essayons d’apporter pour fixer les règles de l’allaitement artificiel.

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