CHAPITRE I
Théorie de la ration alimentaire
du nourrisson.
A). Sur quelle base faut-il s'appuyer pour déterminer cette ration ?
La détermination de la rationalimentaire du nourrisson doit être basée sur les recherches de la physique et de la chimie biologiques. Les méthodes empiriques n’ont en effet donné que des résultats incertains et insuflisants.
L'appétit de l'enfant ne saurait être pris pour base, car la majorité des nourrissons sont avides et gloutons, et d’autres au contraire, comme certains débiles par exemple, sont rapidement rassasiés. M. Barbier insiste en outre sur ce que l'appétit est souvent confondu avec le besoin d’eau, etil y a des nourrissons qui tétent beaucoup, non parce qu'ils ont faim, mais parce qu'ils ont soif.
L'étude de la capacité de l'estomac renseigne mal
sur le volume de la têtée, carelle confond l’estomac vivant et l'estomac mort, et ne tient pas compte du pouvoir digestif ; ellene renseigne pas du tout sur le nombre des tétées.
L'examen de la courbe du poids ne peut être également un guide absolu. La courbe monte et l’on n’est pas en droit de conclure que la ration alimentaire estexcellente, car des nourrissons peuvent supporter sans accidents la suralimentation pendant plusieurs mois. La courbe descend, et l’on n’est pas en droit de conclure que la ration alimentaire est ‘inférieure, car de multiples influences pathologiques peuvent retentir sur la croissance du nourrisson, et faire varier la courbe. Nous reviendrons d’ailleurs longuement sur ce sujet, en recherchant les signes cliniques d’un bon allaitement.
Il faut avoir recours à des procédés plus précis, demander à des méthodes scientifiques, à la physiqueet à la chimie biologiques d’évaluer le besoin nutritif de l'enfant et de résoudre ce problème.
B). Evaluation en calories de la ration alimentaire.
La ration alimentaire doit être exprimée en calorics. La méthode calorimétrique est en effet la seule qui puisse nous donner une base solide pour établir cette ration.
La ration alimentaire du nourrisson est très supé-
rieure, rapportée au kilogramme, à celle de l'adulte, car le nourrisson a non seulement besoin d’une ration d'entretien, mais aussi d’une ration d’accroissement, qui est loin d’être négligeable, puisque le nourrisson augmente dans le premier mois de 25 à 30 grammes par Jour. I nous faut donc rechercher le nombre de calories nécessaires pour la ration d’accroissement et pour la ration d'entretien, d’où l’établissement de la ration totale.
Il est nécessaire, en second lieu, d'établir la ration en albumine, car le lait de vache renferme beaucoup plus d’albumine que le lait de femme, et nous savons qu'il n’est pas indifférent de suralimenter un nourrisson en albumine, surtout en albumine non homologue.
Enfin, nous chercherons avec quelle variété et quelle quantité d’aliments, pratiquement peut être satisfait à ce besoin en albumine et à ce nombre de calo-
ries.
a) Valeur en calories de la ration alimentaire.
1° Valeur en calories de la ration d'accroissement. $. — L'augmentation de poids, d'après Maurel, Tarnier, Budin, les tables de Lacassagne est de : 30 gr. par j. (7 à 8 kg.), pour un enfant de 1 mois pesant 3.500
25 gr. par j. (4 p. kg.), pour un enfant de 4 mois pesant 5.800 16 gr. par j. (2 p. kg.), pour un enfant de 7 mois pesant 8.000