CHAPITRE III
Observation à l'appui de la ration alimentaire
proposée.
Laration alimentaire théorique du nourrisson avant le huitième mois est de 55 grammes de lait, étendu de partie égale d’eau lactosée au sixième, par kilogramme et par jour.
Cette dose a été portée à 65 grammes, pour tenir compte des déchets et pertes diverses. D'autre part, nous avons étudié les-signes cliniques permettant de se rendre compte de la valeur du mode d’alimentation auquel un nourrisson est soumis. En possession de ces deux données, il faut examiner maintenant les faits cliniques d’allaitement du nourrisson basés sur cette ration théorique qu’il nous a été donné d’observer.
$. — Une remarque générale s'impose tout d’abord. Les quantités de lait, données aux enfants observés, ne sont pas strictement égales aux quantités théoriques. Il y a en effet entre l’une et l’autre, la différence de la pratique à la théorie. Nous avons déjà insisté
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sur ce fait qu'il ne s’agissait dans ces chiffres, que de délimiterdes moyennes, autour desquelles le praticien oscille, mais sans cependant s’en éloigner beaucoup. Trop de facteurs physiologiques influent en effet sur l'alimentation, pour qu'il soit possible de donner toujours la même dose à chaque enfant et dans toutes les circonstances.
Il y a tout d’abord un coefficient d’assimilation, très variable suivant les nourrissons. De même que chez l’adulte on note des différences très sensibles entre la ration d’un Allemand ou d’un Anglais, avec celle d’un Oriental ou d’un Abyssin, comme le montrent les tableaux de Lambling (Path. génér. de Bouchard, à. TT, p. 85), de même il y a des nourrissons qui ont besoin d’une dose d’aliments supérieure à la normale.
Les vêtements jouent aussi un rôle sur la demande de calories. Un sujet nu, d’après Lefèvre, dépenserait près de la moitié en plus. M. Barbier fait remarquer que l'influence des vêtements est surtout importante à connaître quand il s’agit de débiles, ou d’enfants dyspeptiques, à qui l'alimentation fournit difficilement la quantité de calories nécessaire.
Les variations de la température ambiante retentissent également profondément sur le besoin en calories de l’organisme : Les recherches de Richet ont montré que, chez l'enfant, une variation de 9° faisait varier du simple au double la perte en calories. L’élévation de la température extérieure peut ainsi devenir une cause de suralimentation, et M. Barbier dit
Sa NS NE avoir observé dans son service de nourrissons, au mois de juin, des perturbations nutritives et digestives, ayant apparu en bloc comme une épidémie et qui coïncidaient avec un relèvement de la température.
Les mouvements, l'exercice donné à l'enfant, les promenades qu'on lui fait faire, augmentent également le besoin en calories. Il est certain que le nourrisson, qui, à l'hôpital, reste toujours dans son berceau se développera avec une ration un peu moindre que le nourrisson promené quotidiennement
$.— Les observations, rapportées dans cette thèse, ontété choisies au milieu d’un grand nombre, parmi celles qui sont les plus probantes.
Elles ont été classées de la façon suivante :
Nourrissons de poids normal.
Nourrissons au-dessous de leurs poids.
Nourrissons présentant des troubles morbides aigus.
Enfin quelques observations de nourrissons élevés artificiellement avec l’adjonction de jaune d’œuf nous montreront la transition entre l’allaitement et
le sevrage.
Ration alimentaire du nourrisson de poids normal.
Les observations de nourrissons de poids normal ont trait uniquement à des enfants soignés à la con-