‹ Contribution à l'étude de la Réaction du Benjon Colloïdal: Dans la Paralysie Générale et Dans Quelques PsychosesChapitre 26 sur 30 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

Éthylisme. — Excitation maniaque. — État confusionnel conséeutif de longue durée.

G... (Clarisse), 43 ans, mariée, sans profession, entre à l'asile, le 8 décembre 1921, avec ce certificat médical : Est atteinte, depuis un mois et demi environ, de troubles mentaux caractérisés par de l’incohérence dans les idées et dans les actes ; loquacité, chants, propos érotiques, insomnie, crises d’excitalion avec violences envers son entourage, brisant les meubles, fugues inconscientes en dehors de son domicile et violences envers les enfants qu'elle rencontre.

L'examen d’entrée est laborieux; la malade présente un embarras de la parole qui la rend presque incompréhensible. Aux quelques phrases que l’on peut saisir de-ci, de-là, on éomprend qu'elle a des maux de tête fréquents s’accompagnant d’étourdissements, et cela

pre

depuis six mois. Elle avoue des excès alcooliques fréquents. Prétend avoir pris des drogues pour s’empoisonner parce que tout lui faisait peur. Elle semble avoir des hallucinations visuelles terrifiantes, elle crie au feu, prétend voir le diable. Au,cours même de l'interrogatoire, elle semble en proie à des hallucinalions auditives très actives.

Ce qui domine, c’est un état confusionnel avec désorientation dans le temps et dans l’espace, de la fuite des idées, une attention difficile à fixer. Tout ceci rend impossible l'examen du fond mental et on ne peul préciser si sous cet élat aigu il n’y a pas de l’affaiblissement intelleetzel. Au point de vue physique, on note un léger tremblement de la langue, les réflexes patellaires sont vifs. Les pupilles sont égales et réagissent normalement à la lumière.

Pendant les trois premiers mois de son internement, la malade présente des alternatives de semi-lucidité et de confusion. Parfois, elle est très anxieuse' el complètement incohérente, faisant des réponses absurdes. Lui demande-t-on son âge, elle répond : Je ne vous dirai jamais mon âge, pourquoi l'a-t-on mis sur un pied de bruyère ?

ILest impossible d’avoir par elle-même des renseignements précis sur son curriculum vilæ antérieur. Elle avoue bien quelques excès éthyliques, mais est incapable de dire si elle a contracté la syphilis.

En mars, l’état physique devient inquiétant. Sans signes d’infection bien définie et sans symptômes bien"caractérisés, la malade présente, à diverses reprises, des ascensions brusques de température, rappelant la courbe d’un accès palustre sans qu'on puisse incriminer le paludisme. Ces brusques poussées de température évoquent l’idée de certaines fièvres syphilitiques, et comme, d’autre part, les antécédents de la malade sont imprécis à ce point de vue, une ponction lombaire est pratiquée le 27 mars 1922; le liquide retiré a les caractères suivants : Es

Tension : un peu au-dessus de la normale ; Aspect : limpide;

Couleur : incolore;

Albumine : 0 gr. 31 par litre;

Lymphocytes : 0 par millimètre cube à la cellule de Nageotte.

La réaction du benjoin colloïdal pratiquée par le procédé à

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