‹ Contribution à l'étude de la Réaction du Benjon Colloïdal: Dans la Paralysie Générale et Dans Quelques PsychosesChapitre 6 sur 30 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Si le diagnostic de la paralysie générale parvenue à sa période d'état est le plus souvent chose aisée par le simple examen clinique, il est des cas néanmoins où le doute subsiste du fait de * l'absence ou de l’étrangeté de certains symptômes physiques ou psychiques. Rien ne ressemble plus à un paralytique général que certains alcooliques, épileptiques, démenfs ou mégalomanes.

Dans tous ces cas, l'important est de savoir si la syphilis est la cause déterminante de l'affection, car de cette notion découle le pronostic si grave pour certains et la thérapeutique si favorable pour d’autres.

Si la clinique est susceptible de donner des présomptions de spécificité qui peuvent être considérées comme de quasi-certitudes, il n’en est pas moins vrai que le laboratoire seul jugera en dernière analyse.

La réaction de Bordet-Wassermann, par sa complexité surtout

Cl 0

appliquée au liquide céphalo-rachidien qui n'admet pas comme le sérum sanguin de procédé simplifié, nécessite un outillage complexe et surtout des éléments dont la multiplicité peut être la cause de bien des erreurs. De plus, la durée des manipulations, la difficulté de l'interprétation des résultats dans bien des cas en font l'apanage d'opérateurs expérimentés. Les laboratoires, quoique de plus en plus nombreux, sont souvent fort éloignés et l'expédition des produits à examiner n'est pas toujours chose aisée.

Trouver dans le domaine physico-chimique une réaction simple, d’une sensibilité au moins égale à celle de Bordet- Wassermann, d'une lecture facile, devait nécessairement tenter les biologistes. Res

Avec la réaction de l'or colloïdal proposée par Lange en 1912, et utilisée depuis avec succès par de nombreux expérimentateurs, on erut un moment tenir la solution du problème, mais l'on s'aperçut vite, en présence de la difficulté d'obtenir une solution à la fois stable et sensible, que la question n'était nullement résolue.

Mêmes déboires avec la gomme mastic que G. Émanuel pro-

… posait en 1915 pour remplacer la réaction de l'or colloïdal. Succès plus éphémère encore du procédé au bleu de Berlin présenté par Kirchberg en 1917.

Nousreparlerons avec plus de détails de ces diverses réactions en traitant l'historique de La réaction du benjoin colloïdal de Georges Guillain, Guy Laroche et P. Léchelle.

Elle entrait en scène par une communication de ces auteurs, le 17 juillet 1920, à la Société de biologie de Paris.

Avec tant d'autres, nous avons été séduit d'emblée par sa simplicité; plus tard, nous l'avons été plus encore par la précision et la fidélité de ses résultats.

Au cours des trois années d’internat que nous venons d’accomplir à l’Asile départemental d’aliénés de la Charente, souvent, tant dans le service du docteur Dubourdieu que dans celui du docteur Jourdran, nous nous sommes trouvé en présence de malades aux antécédents impossibles à préciser, présentant des

Page 1