I. — SYMPTOMES SENSITIFS
A. Douleurs spontanées. — Ces douleurs irradient sur le trajet du nerf lésé. Elles revêtent le caractère, tantôt de courbatures dans la profondeur du membre, tantôt d’élancements, tantôt de secousses électriques, tantôt de démangeaisons calmées par le grattage ou par la friction. Elles surviennent par périodes de huit ou de quinze jours, et semblent accompagner les poussées de croissance des cylindres-axes, car leur apparition coïncide souvent, soit avec un rétrécissement d’une zone dysesthésique, soit avec un retour de tonicité ou de motilité.
B. Des douleurs à la pression des troncs nerveux. — Douleurs que les blessés ne tardent pas à remarquer eux-mêmes à l'occasion du massage et dont l'apparition contraste avec la persistance de l’analgésie
mnsculaire.
C. Le rétrécissement des zones dysesthésiques. — Nous croyons, en effet, que ce rétrécissement répond toujours à une restauration nerveuse lorsque des
Et troubles dysesthésiques, sur lesquels 1l porte, présentent bien les caractères qualitatifs et topographiques des dysesthésies organiques. La suppléance par les filets sensitifs des nerfs voisins, doit se faire, en effet, d’une façon immédiate, et non progressive.
Ces rétrécissements des zones dysesthésiques sont très précoces, et ils présentent une valeur pronostique considérable, à condition d'être recherchés avec méthode et avec précision.
Le mode d'exploration le plus parfait, pour la sensibilité cutanée, est assurément le contact léger qui intéresse uniquement la surface cutanée sans faire intervenir la sensibilité à la pression; mais celui qui nous a semblé le plus instructif et le moins susceptible de causes d’erreur est la piqûre, parce que seul il permet d'obtenir chez tous les blessés, ou à peu près, des réponses salisfaisantes. Il est avantageux de rechercher d'abord s’il existe une zone d’anesthésie complète, où la piqûre n’est pas sentie du tout, puis de déterminer par une série d'épreuves, les limites de cette zone, que l’on inscrit sur la peau à l’aide d’un crayon gras. On peut constater également le rétrécissement des cercles de Weber et le rétablissement progressif de la sensibilité osseuse et de la sensibilité articulaire.
D. Les paresthésies. — Ce sont des sensations qui diffèrent des sensations normales, non plus seulement par leur intensité, mais par leur qualité. Elles
présentent toujours quelques-uns des caractères suivants :