‹ Contribution à l'étude de la récupération nerveuse: dans les sections complètes suivies de sutureChapitre 24 sur 26 · NS TER · texte numérisé non relu

NS TER

Erupe DE LA SENsiBiLtTÉé. — Sensibilité subjective. — Nous n'observons plus les phénomènes subjectifs cités plus haut, plus de picotements, plus de douleurs lancinantes. plus de causalgie.

Sensibilité objective. — En ce qui concerne la sensibilité au tact, à la douleur, au chaud et au froid, on constate une anesthésie de la zone cubitale. Les deux faces antérieures el postérieures sont sensibles avec une intensité plus grande de cette sensibilité sur la face antérieure.

Comme le fait remarquer M. le professeur Teissier, cette anesthésie persistante dans la région cubitale est sans doute attribuable à une lésion d’une branche superficielle du cubital. Les branches profondes ne paraissent pas intéressées. Nous avons vu en effet que la contraction des intérosseux était normale.

ExAMEN ÉLECTRIQUE. — Il permet de constater : une ébauche de contraction des extenseurs avec le courant faradique (8 centimètres et demi ’écarlément au charriot de Dubois-Reymond).

Aucune contractilité galvanique, sauf à l’inversion du courant : la contraction de fermeture reste toujours plus nette au pôle négatif qu’au pôle positif.

OgservarTioN II. — Section du radial qauche dans l'aisselle par balle de fusil. — Suture précoce quelques jours après la blessure, par M. le professeur Villard. — Pas de résultats appréciables pendant

pee diæ mois, puis retour des mouvements. — Récupération motrice complète dix-huit mots aprés la

sulure.

C..., Alphonse, soldat de 2° classe au ro° chasseurs alpins. Blessé le 27 août 1914 par une balle de fusil dans l’aisselle gauche, évacué sur l'Hôtel-Dieu de Lyon, où il reste du 30 août 1914 au 31 octobre 1914. Le 3 septembre 1914, M. le professeur Villard intervient au niveau de l'aisselle gauche, trouve le radial sectionné et en pratique la suture. Le blessé déclare que sa paralysie est restée pendant prés de dix mois sans grande amélioration. Il suivit pendant plusieurs mois, en quittant l’Hôtel-Dieu de Lyon, un traitement physiothérapique et électrothérapique à l'hôpital de la Brasserie du Parc, puis fut envoyé le 31 mai 1915 en convalescence de trois mois, sans que sa paralysie se soit jusqu'alors bien modifiée.

C’est, dit-il, au cours de sa convalescence, que s’opéra progressivement le retour des mouvements dépendant du nerf radial.

A la fin de sa convalescence, il fait un nouveau séjour hospitalier à l'hôpital complémentaire n° 36 de Rumilly (Haute-Savoie), où l'amélioration de son état se poursuit. Nouvel envoi, le 25 octobre 1915, en convalescence de deux mois. Rentre à son dépôt où il reste quelques jours, puis, rentre de nouveau, en janvier 1910, à l'hôpital 36 de Rumilly, est envoyé à Aixles-Bains, le 29 février 1916 où l’on peut constater l'état suivant (ces renseignements complémentaires nous ont été communiqués par M. Müller) :

Cicatrice de 12 centimètres de longueur environ au niveau du creux axillaire gauche, rectiligne et souple, correspondant à l’incision opératoire. Deux autres petites cicatrices correspondant aux orifices d'entrée et de sortie du projectile à ce niveau.

Le membre supérieur gauche présente, dans son ensemble, une diminulion sensible de volume par rapport au membre droit: atrophie des muscles de la ceinture scapulaire et du deltoïde ; atrophie du bras, dont la circonférence a 2 centimètres de moins qu'à droite ; atrophie de l’avant-bras dont la circonférence au niveau du liers supérieur a 3 centimètres et demi de moins qu'à droite. Atrophie de la main, 1 centimètre de différence.

Malgré cet amoindrissement des masses musculaires entraînant une diminution dans la force et l'énergie des mouvements, ceux-ci sont restaurés en totalité et s'exécutent activement au niveau de tous les muscles du membre supérieur gauche.

Au niveau de l'épaule, les mouvements d’abduction, de projection en avant et en arrière se font Jusqu à un angle de 45 à 50 degrés environ. Les mouvements de flexion du coude se font complètement ainsi que ceux de la main et des doigts.

En ce qui concerne les mouvements sous la dépendance du radial, il n'en manque aucun, et leur analyse les montre au complet.

Le blessé relève au maximum la main en hyperextension à 50 degrés environ sur le prolongement de l'avant-bras, les doigts étant complètement étendus ; le pouce jouit des mouvements complets d’abduction

et d'extension de ces deux phalanges : la supination s'exécute avec son amplitude à peu près normale; les mouvements actifs de l’extension de l’avant-bras sur le bras se font contre la pesanteur jusqu’à 150 degrés environ, et se sont limités à ce niveau par une contracture légère du biceps.

Il n’existe pas de troubles appréciables de la sensibilité, ni de la vaso-motricité. L'examen électrique n’a pas élé pratiqué ; 1l n'aurait pu que confirmer les résultats de la motricité volontaire.

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