II. — ÉLIMINATION DE L’ATROPINE
Cette expérience répétée un grand nombre de fois ne me donna pas tous les résultats que j'en attendais, à cause de la facon dont s’élimine l’atropine. Parfois cette substance arrête la salivation d’une manière si durable que l'animal meurt sans que l'écoulement ait reparu. D’autres fois la sécrétion n'est arrêtée que fort peu de temps, de telle facon qu’on ne peut avoir aucun renseignement sur là fatigue du nerf. La cause de ces différences nous a jusqu’ici complètement échappé.
Les deux tracés reproduits ci-contre, donnent des exemples d'élimination rapide dans les conditions rapportées dans les comptes-rendus de l'expérience qu'on trouvera plus loin. Je relate ensuite, à titre decomparaison, l’un des nombreux cas où il ne m'a pas été possible d'observer l’élimination.
On voit sur le tracé n° 2 que l'écoulement réapparait 40 minutes après l'injection d’atropine et qu'il va en s'accélérant, le nerf n'ayant pas cessé d’être tétanisé. Je reviendrai plus loin sur ce résultat.
Expérience du 14 novembre 1893
Chienne bâtarde, 15 kilogr. — Injection dans la plèvre de 4 centigrammes de curare. — Trachéotomie. — Recherche et section de la corde du tympan. — Sonde dans le canal de Wharton.
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8 h. 20, excitation de la corde pendant 5 à 6 secondes.
3 h. 40, nouvelle excitation en inscrivant la sécrétion salivaire.
3 h. 50, excitation après installation de l’excitateur à demeure ; l'animal placé dans l’étuve. Courants induits, distance des bobines, 10 centimètres. La vitesse de l'écoulement est de 42 gouttes à la minute. On cesse l'excitation, et à
3 h. 52, injection dans la saphène externe de 0,001 milligr. d’atropine. L'’écoulement s'arrête. L'animal effectuant quelques mouvements, on fait, à 4 h., une injection intra-veineuse de 2 centigr. de curare.
4 h. 5, l'écoulement de salive reparaît, mais moins rapide. On pratique alors 4 injections successives de 0,001 milligr. d’atropine.
À 4h. 11, la sécrétion s'arrête de nouveau.
4h. 27, écoulement d’une goutte.
4h. 43, nouvelle goutte. L’écoulement, d’abord lent, devient progressivement plus rapide.
4h. 51, 5 milligrammes d’atropine et 2 centigrammes de curare. L’écoulement de salive n’est pas complètement tari, et va en s’accélérant. Il cesse-tout à coup à 5 h. 16. On ouvre l’étuve quelques minutes après. L'animal est mort.
Il à fallu, dans cette expérience, employer des doses relativement considérables d’atropine pour abolir la sécrétion ; et cependant, elle a toujours rapidement reparu. L'arrêt a été de 11 minutes après une injection de 1 milligramme d’atropine. En injectant ensuite 4 milligr., l’arrêt a été de 32 minutes, si l’on fait abstraction de l’unique goutte tombée à 4 h. 27.
On pourrait penser que la sécrétion était due aux injections successives de curare qu'on à dù pratiquer.
Or, voici une autre expérience où les choses se sont passées d'une manière analogue bien qu'on ait pratiqué la section du bulbe.
Expérience du 4 février 1894
Chien braque, 17 kilogr. — Section du bulbe. — Trachéotomie. — Section de la corde du tympan qui est placée dans l’excitateur tubulaire. — Sonde dans le canal de Wharton. — L'animal est porté dans l’étuve.
Midi 45, excitation à l’aide des courants sinusoïdaux. Ecoulement abondant de salive, d’abord visqueuse, puis rapidement aqueuse.
1 h., injection dans la veine saphène externe de 1/4 de milligramme d’atropiné. La sécrétion s’arrête.
1h. 40, écoulement lent d’abord, mais qui va en s’accélérant.
2 h., 1/4 de milligramme d’atropine. La sécrétion est extrêmement lente (une goutte toutes les 7 minutes).
2 h. 40, l'écoulement s’accélère, d’abord par phases irrégulières, puis d’une façon continue. À 2 h. 55, 6 gouttes par minute.
3 h., injection intra-veineuse de 1/4 de milligramme d’atropine. La sécrétion se ralentit, puis s’accélère de nouveau.
4 h., 1/4 de milligr. d’atropine. Nouveau ralentissement.
4 h. 30, mort de l’animal.
Expérience du 19 décembre 1893 (pas d'élimination de l’atropine)
Chien épagneul, 11 kilogr. — Injection de 0,03 centigr. de curare. — Trachéotomie et respiration artificielle. — La corde du tympan est placée dans l’excitateur.
A 11 h., excitation avec Of. 10, écoulement abondant. On continue
l'excitation.
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