‹ Contribution à l'étude de la Résistance des Nerfs à la FatigueChapitre 15 sur 20 · I — INFLUENCE DE L'INTENSITÉ DES COURANTS · texte numérisé non relu

I — INFLUENCE DE L'INTENSITÉ DES COURANTS

J'employais, au début, pour tétaniser le nerf, l'appareil à chariot de Du Bois-Reymond, actionné par une pile de deux éléments Lalande et Chaperon, accouplés en série. L’écoulementcommencçait à se produire généralement lorsque les bobines étaient distantes de 10 centimètres et persistait avec un écartement plus considérable, 15 centimètres par exemple. Il semble qu'il faille vaincre une certaine inertie du nerf. La ténuitéet la situation profonde de la corde du tympan m'ont empêché d'employer la faradisation unipolaire qui, comme l’a signalé M. le Professeur Charpentier, ne donne pas lieu à ce phénomène d'inerhe(h:

L’écoulement ainsi produit seralentit bientôt et cesse au bout d’un quart d'heure environ. Si l’on rapproche les bobines à la distance 10, il réapparaît, puis se ralentit et

(1) A. Charpentier. — Nouveaux faits d’excitation et d'inhibition des nerfs par

la faradisation unipolaire. Arch. de physiologie, 1893, p. 709. k

oi

disparaît au bout d’une heure. Maïs, si l’on emploie de forts courants induits, distance 5 ou 0, la salivation se rétablit et on n'arrive pas à la faire cesser.

L'action des courants induits faibles est moins persistante, sans doute parce qu'ils ont sur le nerf une action polarisante plus prononcée que les courants forts.

Expérience du 95 novembre 1893

Chien braque, 15 kilogr.

1 h. 80, injection dans la plèvre de 3 centigr. de curare. Respiration artificielle. Recherche de la corde et du conduit de Wharton.

1h. 55, un centigr. de curare.

3 h., l’animal est placé dans l’étuve et les appareils disposés à demeure. Nouveau centigramme de curare.

3 h. 48, excitation de la corde à l’aide des courants induits, distance des bobines, 15 centimètres. L’écoulement ne se produit pas et ne commence qu’à la distance 10, mais persiste, une fois établi, lorsqu’on écarte de nouveau les bobines à la distance 15. Il s'écoule environ une quarantaine de gouttes de salive ; au bout.de quelques minutes, il n’y a plus d'écoulement.

4 h. 5, excitation à 10. Sécrétion qui diminue graduellement pour être abolie après trois quarts d’heure environ. La salive est d’abord très visqueuse, puis plus liquide. On injecte à 4h. 12 un, à 4 h. 20, 2 centigrammes de curare.

A95h.5, la sécrétion a cessé. On rapproche les bobines à la distance 8. Il se produit un écoulement d’abord assez rapide qui se ralentit ensuite, mais persiste. En interrompant l'excitation 2 minutes, l'écoulement reprend avec plus de rapidité.

9 h. 50, écartement des bobines 5 cent., puis 0 ; sécrétion persistante. En alternant rythmiquement le repos et l’excitation, l’écoulement de salive est moins rapide, mais plus régulier.

7h., fin de l'expérience.

note

Page 1