‹ Contribution à l'étude de la rosacée de l'œilChapitre 17 sur 33 · AMEN, $ DIR · texte numérisé non relu

AMEN, $ DIR

Dans ce genre de kératite, les symptômes subjectifs, inexistants au cours de l'affection marginale de la cornée, se traduisent ici par une légère irritation ciliaire de l'œil, quelques douleurs, parfois vives, avec sensation de brûlure, du spasme des paupières et du larmoiement.

Objectivement, on voit se former en certains endroits de la cornée, des infiltrations de la grosseur d'une tête d’épingle, d’une teinte blanc grisâtre ou blanc jaunâtre, rondes, bien circonscrites, qui repoussent l’épithélium cornéen en proéminant, prenant ainsi un aspect éruptif, ou qui pénètrent dans les couches profondes du parenchyme. Si l’infiltration se limite aux couches moyennes du tissu, elle est alors entourée d’une zone trouble finement pointillée.

À la lampe à fente, la cornée paraît épaissie au niveau de la région infiltrée. L’épithélium est irrégulier et prend la fluoresceine, témoignage de son altération. Le trouble peut s'étendre jusqu’à la membrine de Descemet et y déterminer la formation de plis. Nous avons eu l’occasion de constater le fait plusieurs fois dans nos examens (observations 4, 6, 8). Nous signalerons, d'autre part, ici, la possibilité d’une vascularisation de la cornée. De fins vaisseaux sillonnent le parenchyme cornéen dans les couches relativement superficielles, sous-épithéliales, de telle façon qu'on pourrait les confondre avec les reliquats vascufaires d’une kératite interstitielle. Dans notre observation N° 5, ainsi d’ailleurs que nous l’y soulignons, nous avions vu ces reliquats de kératite interstitielle de lenfance, mais on n’en trouvait pas les commémo-

ratifs. C’est alors, à l’occasion d’une poussée nouvelle et de l'apparition d’un infiltrat sous-épithélial central, avec plis de la Descemet, que nous avons vu ces vaissceaux, qui quinze jours auparavant étaient de minces fils blancs, devenir ectatiques, se remplir de sang rouge el s’entourer d’un halo blanchâtre inflammatoire.

lVaprès Triebenstein, dans ces formes légères, l'iris n’est jamais atteint ; on n’observe à sa surface ni exsudats, ni précipités ; le réflexe à la lumière se fait cependant un peu plus paresseusement du côté de l'œil malade, preuve d’une légère irritation.

Si cette infiltration sous-épithéliale dure peu de temps, disparaissant soit spontanément, soit sous l’influence du traitement, la guérison peut être complète. Dans le cas contraire, la couche épithéliale atteinte disparaît, et il apparaît une ulcération limitée seulement à l’endroit de l’infiltration. En effet, après érosion de la couche épithéliale de couverture, se forme un ulcère à bords sapés, ce dont on peut se convaincre en les grattant avec une curette. De plus, le trouble pointillé du stroma, qui entoure le foyer primitif, s'étend et devient plus dense ; malgré cela, il conserve toujours sa teinte grisâtre, ce qui différencie ce processus ulcératif des processus infectieux aigus, comme dans lulcus serpens. Le sol de cet ulcère fait voir ordinairement une infiltration crayeuse, calcaire, caractéristique, aux dires de Shieck, des ulcères de la cornée.

Triebenstein soutient qu'il ne s’agit pas, dans cette forme de kératite, d’une infiltration de cellules lym-

Renr aie

phatiques ou de leucocytes, mais plutôt d’un œdème inflammatoire s'étendant lentement dans les couches sous-épithéliales et altérant profondément le tissu de la cornée. À considérer la surface du tissu détruit, ces altérations sont plus étendues qu’on pourrait croire. Il se produit une véritable nécrose qui empêche la guérison et qu’il est nécessaire d’enlever au moyen de la curette.

Si les infiltrations siègent près du limbe ou si elles durent quelques temps, alors s’installe la vascularisation typique de la kératite rosacée.

Ce sont des vaisseaux, assez peu nombreux, mais importants, qui s'étendent jusqu’à la zone infiltrée et se distribuent autour d’elle. Ils parcourent un tissu grisâtre, clair, qui semble superposé à la cornée et donne ainsi l’impression d’être un épaississement de r’'épithélium ; toutefois, l'épaisseur de ce tissu, qui porte les vaisseaux, n’est pas partout la même.

Ces irrégularités de la cornée et cette vascularisation, forment les caractéristiques de la kératite rosaeee.

Shirmer avait décrit ce tableau, expliquant les irrégularités de la surface cornéenne par l’hyperplasie suk-épithéliale du parenchyme cornéen qui, de même que l’hyperplasie du tissu dans la rosacée de la peau est pathognomonique de cette affection. Mais, contre cette idée, milite le fait que l’on trouve des irrégularites sur la surface de la cornée, en des endroits où il n’y a aucune trace d'infiltration ou d’ulcération, et pa: où sont passés seulement les vaisseaux, pour

atteindre le foyer de linflammation; de plus, ces vais-

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