HISTORIQUE
C’est Von Arlt qui, le premier, en 1864, signala. dans une communication faite au Congrès d’'Heidelberg, la possibilité de troubles oculaires associés à la rosacée du visage ; il décrivit ainsi «de petits ulcères superficiels, lents à se cicatriser, et laissant après eux un leucome persistant ».
Haab, en 1899, signala également ces modifications possibles, dans «/l’Atlas des affections externes de lœil >», mais ses communications restèrent à peu près inconnues. En 1903, Capauner rapporta, à son tour, cinq observations de rosacée oculaire « difficile à guérir », et en 1905, Kuntz signalait deux autres cas, tandis que Fuchs décrivait « l’acné rosacée de la conjouctivite, qui débute par l’apparition d’une petite nodosité du limbe, accompagnée de phénomènes inflammatoires >», sans toutefois faire mention de la possibilité de lésions cornéennes.
Shirmer, en 1906, rapporte trois cas de kératite rosacée, qu’il décrit comme une kératite superficielle sous-épithéliale à rechutes fréquentes, analogue à la kératite scrofuleuse, mais ne se présentant qu'entre 40 et 50 ans. La même année, Blanke publie sept cas de lésions cornéennes récidivantes chez des malades atteints d’acné rosacée typique et Stephenson souligne
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Ja coïncidence de cette même affection dermatologique avec «des nodules phlycténulaires sur le limbe ».
l’année suivante, en 1907, Goldsmith signale une kératite parenchymateuse chez un acnéique, et Cruise décrit « des nodules sub-épithéliaux avec trouble diffus des couches superficielles de la cornée ».
Ainsi, pendant plus de quarante années, de nombreux auteurs ont pu observer des troubles oculaires coïncidant avec la rosacée de la face, mais aucun d’eux n’a pu donner à cette manifestation une individualité clinique.
I faut atteindre l’année 1910, pour trouver le travail d’'Erdmann, de l'Ecole de Rostock, lequel a le mérite de donner une étude approfondie de la ques- Hion. Ses observations étagées sur cinq ans, se rapportent à 21 cas d’affections cornéennes, pour lesquelles l’auteur admet qu’elles sont indubitablement léquivalent des éruptions acnéiques de la peau.
Hilbert, en 1911, fait paraître dans la < Munchener Med. Wochenschrift»> un travail au sujet des manifestations oculaires de l’acné rosacée, dans lequel, il fait remarquer que le traitement de la rosacée cutanée améliore la rosacée de l’œil. En 1912, Elschnig, de Prague, publie un cas de kératite rosacée bilatérale et Darier, pour la première fois en France, consacre un article à la rosacée de la cornée dans la « Clinique ophtalmologique ».
Baiïllart et Blutel présentent, l’année suivante, une courte étude de la question, dans laquelle ils sou- Hignent le polymorphisme des lésions cornéennes,
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identiques en cela aux lésions acnéiques de la peau. ainsi que le parallélisme de l’évolution de chacune de ces affections.
De son côté, Lindner, de Rostock, émet lhypothèse que peut-être l’ulcus rodens de la cornée, n’est qu'une forme très évoluée de la kératite rosacée. Arps, de Kiel, rapporte en 1914, neuf cas de rosacée oculaire.
Mais l'Ecole de Rostock, avec Peters et ses élèves Tillmann et Triebenstein, continue à la suite d’Erdmann l’étude des manifestations oculaires de la rosacée, et en 1922, Otto Triebenstein publie, en qualité de Médecin Chef de la clinique de Rostock, 274 cas ce rosacée de l’œil, observés dans son service, entre les années 1910 et 1920. L’auteur souligne la fréquence de cette affection, qui atteindrait 35 % de ses malades. C’est à lui que l’on doit l'étude la plus poussée à ce sujet. Triebenstein a, en effet, étudié successivement les manifestations de l'extension de la rosacée du visage aux divers plans du segment antérieur de l'œil. C’est ainsi qu’il a décrit la blépharite, la conjonctivite et que, pour la première fois, il a distingué trois formes cliniques de la Kkératite rosacée. C’est à lui également que nous devons l’emploi de la pommade à lichtyo-zinc pour le traitement de la rosacée de l'œil.
La connaissance clinique de cette affection s’est encore enrichie, par la suite, avec les études de Monjukow, en 1922 ; Kissemeyer, en 1924, et la même année, la thèse de Jaesche, de Rostock qui, de 1921 à 1923, a pu observer 192 malades.
Tous les travaux et toutes les publications, faites jusqu’à cette date, n’intéressent que la rosacée de la
BROUTIN À