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conjonctive, de la cornée, voire même de lépisclère et des paupières, mais nulle part, il n’est question de l'atteinte de l'iris. C’est à Olah, que nous devons la première observation, en 1932. A sa suite, Soens publia quatre autres cas, dont la description clinique est sensiblement identique à celle fournie par Olah.
Ainsi, les manifestations oculaires de la rosacée, signalées pour la première fois en 1864, n’ont été mises au point qu’en 1910, par le travail d’'Erdmann, et définitivement consacrées cliniquement par Trie-
benstein, en 1922.
ETIOLOGIE
La rosacée de l’œil se manifeste exclusivement chez des sujets atteints précédemment de rosacée du visage, et bien qu’il n’y ait pas de doute entre l’idenlité des lésions cutanées et des lésions oculaires, la fréquence de ces dernières ne dépend nullement de la sévérité de l'affection dermatologique.
ia rosacée du visage est commune aux deux sexes. Chez la femme, la forme acnéique est la plus fréquente, tandis que l’homme est plus particulièrement disposé à la forme hypertrophique. En ce qui concerne la rosacée de l’œil, il est à noter que c’est surtout chez la femme que nous la rencontrons.
Ainsi, parmi les 33 malades de Darier, il y a 27 femmes et 6 hommes ; sur les 274 cas de Triebenstein, 173 femmes et 101 hommes, et sur les 192 de Jaesche, on compte 121 femmes et 71 hommes. Doggart a vu 78 malades, parmi lesquels 65 femmes et 13 hommes.
Pour ce qui est de nos observations, les formes les plus typiques et les plus sévères que nous avons rencontrées affectaient en majeure partie des femmes.
L’âge oscille entre 20 et 64 ans, mais avec une forte majorité entre 30 et 50 ans, environ 60 % des malades de Jaesche et de Triebenstein. Quant à nos malades, ils oscillent autour de 50 ans.
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il est, malgré cela, très possible de rencontrer la rosacée de l’œil chez de jeunes sujets. C’est ainsi que Jaesche signale 6 cas entre 0 et 10 ans et 31 cas entre 10 et 20 ans. Dans les statistiques de Triebstein, il y a 29,5 % de malades au-dessous de 30 ans. C’est là un fait important, qui serait à contrôler. Effectivement, à cet âge, le diagnostic est délicat, la confusion étant facile à faire avec la kérato-conjonctivite-phlycténuiaire. De plus, une des bases les plus sûres du diagnostic différentiel, étant la présence sur le visage de rosacée, il faudrait pouvoir affirmer la coexistence de celte affection, ce qui n’est guère possible, puisqu'elle ne touche généralement pas les sujets jeunes. Toutefois, on peut admettre que l’on a affaire à de l’acné juvénile rebelle avec papules et cicatrices nombreuses et peut-être déjà, un érythème de la face évoluant vers la véritable rosacée. De plus, le fait que la forme ulcéreuse des kératites progressives de la rosacée ressemble beaucoup aux vrais ulcères rongeants, a poussé Triebenstein à invoquer la possibilité d’une étiologie acnéique, dans beaucoup de cas où cette iésion se manifeste chez les individus jeunes.
La rosacée du visage s’installe presque toujours sur un terrain prédisposé. Il s’agit de sujets dont la peau présente un degré plus ou moins marqué de séborrhée grasse, ou bien cet état dystrophique, décrit par Darier, sous le nom de «kénose », caractérisé cliniquement par une coloration jaune ‘sâle, bistrée ou grisâtre, par une accentuation des pores pilo-sébacés et par un léger épaississement des téguments.
Voyons maintenant quelles sont les causes internes qui en régissent généralement l'apparition.
Au premier plan, il sied de placer les viciations endocriniennes se traduisant par des troubles thyroïdiens. Très souvent, chez ces malades, on trouve également des troubles digestifs dus à la tachyphagie, à des dyspepsies de tous ordres, relevant en particuber d’une insuffisance chlorhydrique stomacale ou d'une stase intestinale avec constipation chronique. Rvte et Barber, en Angleterre, ont montré que le taux moyen d'acide chlorhydrique gastrique, sécrété par les sujets atteints de rosacée, est au-dessous de la normale. Brown confirma cette opinion en comparant lacidité gastrique de 50 individus atteints de rosacée avec celle de 50 autres malades porteurs de dermaioses diverses. Plus tard, Sequeira, Grintschar et Eastwood publièrent des observations concluant dans le même sens. Toutes ces causes endogènes seraient à la base d’une parésie artérielle et d’un ralentissement de la circulation veineuse de retour.
. Parmi les causes d’origine externe, on trouve toutes celles capables de provoquer l'excitation de la peau de la face : le froid, la chaleur, le soleil, le vent, le séjour dans les poussières et peut-être même, une négligence dans les soins de toilette. Le recrutement des malades, qui se fait surtout parmi les professionnels de métiers exposés à ces divers agents atmosphériques, témoigne bien de l'influence de ces facteurs. Toutes ces causes s’interprêtent comme ayant pour effet un artèrio-spasme ou une dilatation veineuse.
Enfin, en dernier lieu, il est des causes mécaniques.
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qui jouent également leur rôle dans la pathogénie de la rosacée. Ce sont toutes celles qui favorisent la stase veineuse au niveau de la face, telles les lésions cardiaques mal compensées, les lésions pulmonaires chroniques à retentissement sur le cœur droit, les altérations chroniques des sinus et des fosses nasales.
Voici donc énumérées les principales causes qu’il faut rechercher et qu’on arrive, d’ailleurs facilement, à mettre en évidence chez un sujet atteint de rosacée ; mais, puisque la rosacée cutanée n’entraîne pas obligaioirement la rosacée de l’œil, essayons maintenant de trouver quel facteur supplémentaire peut amener une complication du côté oculaire.
{explication la plus simple et la plus logique est “elle qui consiste à croire que l’extension de la peau à l’œil se fait par simple propagation. C’est là l’opinion de Lowenstein, mais elle ne suffit pas à faire comprendre pourquoi dans de nombreux cas, il y a rosacée oculaire, sans que jamais on n’ait pu relever ja plus petite affection palpébrale, la paupière étant cependant le lieu de transition naturel et inévitable entre la peau du visage et œil. Lowenstein n’a pu mettre en évidence des microbes dans la cornée excisec de patients atteints de kératite rosacée, mais il a réussi quatre fois sur sept à inoculer des cornées de lapins avec de tels fragments.
Bergh admet que la lésion oculaire est secondaire à une lésion nasale. Verhoeff, de son côté, considère la kératite rosacée comme une forme de kératite névropathique due à une lésion primitive du ganglion de Gasser ; s'appuyant sur la même théorie, il
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explique les localisations de la rosacée de la face, comme relevant du territoire innervé par le trijumeau. Cette explication est à rejeter, car il n’y a aucune analogie, tout au moins cliniquement, entre la kératite rosacée et la kératite neuro-paralytique.
Notons enfin que les causes externes que nous avons signalées dans la pathogénie de la rosacée du visage, trouvent leur interprétation dans les manifestations oculaires, en ce sens que les lésions de conjonctivite et de kératite rosacées siègent avec prédilection dans le territoire de la fente palpébrale.
En conclusion, nous dirons que la rosacée de l'œil, complication de la rosacée du visage, survient sans qu'on la puisse prévoir à l’avance ; elle est secondaire à l'affection cutanée et n'apparaît le plus souvent que très longtemps après, affectant surtout les femmes ayant atteint la quarantaine.
La rosacée de l’œil se traduit cliniquement par l’atteinte des paupières et des différents éléments du segment antérieur de l'œil. On trouvera la blépharite, la conjonctivite, la kératite, rarement Pépisclérite, et
quelquefois Piritis.
LA ROSACÉE DERMATOLOGIQUE
Avant d'envisager les lésions purement oculaires attribuables à la rosacée, il nous paraît intéressant de ‘appeler quelles sont les manifestations cutanées de celte affection.
Comme de nombreuses dermatoses, « la rosacée » présente une riche synonyinie : acné rosée, acné rosacée, acné érythémateuse, couperose rosacée, gutta rosacea, gutta rosex.
La rosacée est essentiellement caractérisée par un processus érythémateux relevant d’une congestion passive, d’abord passager, plus tard permanent, qui évolue d’ordinaire par poussées fluxionnaires, sous influence de nombreuses causes occasionnelles, abou- Ussant finalement à la production de télangiectasies.
Ce processus se développe le plus fréquemment, ainsi que nous l’avons déjà signalé, sur un terrain cutané préparé, sur un fond de séborrhée grasse. Secondairement, apparaîtront, par poussées, des érup- Hors d'éléments acnéiques.
limitée au visage, la rosacée siège avec prédilecüor sur les pommettes et le nez. On l’observe également très souvent sur le front, le menton, les ailes du nez, quelquefois même, mais rarement, sur les parbies voisines du cou ; en somme «sur les parties glabres
du visage » ainsi que l’a énoncé Brocq.