‹ Contribution à l'étude de la rougeole chez l'enfantChapitre 2 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La rougeole est la plus fréquente des fièvres éruptives, la plus commune peut-être des maladies auxquelles l’enfance est sujette. Depuis que Sydenham, établissant l’individualité de cette pyrexie, a marqué sa place dans le cadre nosologique, elle a donné lieu à bien des mémoires, à de nombreuses monographies, à des travaux multiples.« Tous » les traités de médecine la décrivent, tous les praticiens la connais- » sent », disaient déjà Rilliet et Barthez.

Mais il n’est pas de question si complétement approfondie qu’elle ne garde quelques enseignements. Une petite épidémie qui s’est déroulée devant nous, à l'Hôpital général, a montré combien la rougeole, dont la connaissance semble presque appartenir au vulgaire, peut prêter encore à l’observation et à l’étude.

Il nous a paru intéressant de donner la relation des faits qui ont évolué sous nos yeux. Nous les avons groupés selon les particularités qu’ils nous ont offertes, en essayant d'établir les considérations cliniques qui en découlent. Nos Juges voudront bien tenir compte de nos efforts plutôt que de la valeur de notre travail, œuvre d’un élève dont l'expérience est bien courte encore.

Au terme de nos études, nous devons un public hommage de reconnaissance à M. le professeur-agrégé Batlle. À ses leçons, à ses conseils, à son exemple, revient la meilleure part de notre éducation médicale. Que M. le professeur Bertin, dont la bienveillante sympathie nous a toujours accompagné, reçoive aussi le témoignage de notre profonde gratitude.

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La seule source à laquelle on puisse faire remonter la rougeole est la contagion. Si nous trouvons la maladie à l'Hôpital général d’où elle avait disparu depuis quelque temps, c’est qu’elle y a été importée. Il ne nous a pas été donné d’assister à ses débuts; mais, d’après les renseignements que nous avons pu recueillir, le fait s’est produit ainsi qu’il arrive d’ordinaire. La rougeole sévissait dans la ville; un enfant, contaminé au dehors, entre à l’hôpital, tombe malade quelques jours après et devient le foyer de l’épidémie ; ceux de ses camarades qui l’approchent, frappés à sa suite, propagent le mal à leur tour.

Du reste, les exemples de contagion médiate ne sont pas rares, et le personnel médical, en contact journalier avec des rubéoleux, aurait pu servir d’agent d'importation. Si l’on n’a pas à lui reprocher ici ce

‘ méfait, on ne saurait, en revanche, attribuer à d’autres la dissémina-

tion du mal aux diverses parties du service qui, séparées et indépendantes, n’en ont pas moins été successivement atteintes.

Nous n’essaierons pas de déterminer quelle a été la durée de l’incubation chez nos différents malades. Démêéler la source de l’empoison-

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nement, lui assigner une date précise, alors que les occasions de contact sont multiples, alors que les individus, plongés dans un milieu épidémique, demeurent constamment soumis aux mêmes influences nocives, nous paraît à peu près impossible. Aussi préférons-nous une réserve absolue à des appréciations n’ayant pour base que des hypothèses plus ou moins plausibles.

C’est avec ses manifestations habituelles que nous avons vu le plus souvent se présenter à nous la période d’invasion : un peu de malaise et de lassitude, un léger mouvement fébrile, accompagnés à des degrés divers par le catarrhe de la muqueuse oculaire et de la muqueuse aérienne. Cependant les prodromes se sont montrés parfois plus bruyants qu’ils ne le sont d’ordinaire, et ont, dans quelques cas, revêtu des caractères peu communs.

Observation I

Le 5 novembre 1883, nous trouvons couché à l’infirmerie des garçons un enfant de douze ans, Paul Mestre, traité depuis quelque temps à l'Hôpital général pour un favus. Le père de ce malade est mort, il ya cinq ans, de phthisie pulmonaire ; sa mère est assez robuste, mais plusieurs frères ont été rapidement emportés, tout jeunes, par des accidents cérébraux; deux sœurs ont aussi succombé très-vite vers l’âge de quatorze ans.

L'enfant est frêle et délicat ; il est sujet à des céphalagies très-vives et présente surtout une grande susceptibilité des voies respiratoires : les bronchites, fréquentes chez lui, ne disparaissent qu’avec peine. D’après sa mère, il aurait eu la fièvre typhoïde à l’âge de trois ou quatre ans.

Le 1% novembre, quelques frissons irréguliers, un sentiment de malaise et de lassitude; une céphalalgie violente, s'emparent de l’enfant le soir, au moment du dîner; il ne peut rien prendre, et va se coucher avant ses camarades. Il ne se plaint pas toutefois dans la nuit et se

ee C} = lève le lendemain matin, sans ressentir autre chose qu'un peu de fatigue et de céphalalgie.

La journée se passe sans incident, et, bien qu’un peu mal entraint Mestre ne demande pas à se coucher. Cependant il n’a aucun appéti, et souffre toujours de la tête.

Rien de nouveau à noter le 3 novembre.

Le 4, l'enfant se trouve mal à la chapelle, d’où on l’emporte à l’infirmerie. Facies abattu ; fatigue générale, céphalalgie intense, douleur très-vive à la gorge, avec gêne dans la déglutition.— Congestion du côté de l’arrière-bouche ; rougeur uniforme s'étendant au voile du palais et à ses piliers ; amygdales turgescentes.

Chlorate de potasse. . . . 2 gr.

Potion :

Julep gommeux... . , ... 120gr.

Dans la nuit surviennent des épistaxis répétées, quelques vomissements et plusieurs selles diarrhéiques.

5. — La fatigue est plus grande encore que la veille. L’abattement est extrême. Vers le soir apparaît une éruption rubéolique, assez discrête, mais nettement caractérisée. Température : 39%. — Pouls: 84.

6. — Les vomissements sesont répétés; il y a eu quatre selles diarrhéiques. L’éruption continue sa marche régulière et se généralise au tronc et aux membres. Toux assez fréquente. Quelques râles sonores disséminés dans la poitrine. Température: M.: 361. — $.: 31°.

7. — L’éruption n’existe déjà plus ; les vomissements ne se sont pas répétés; la diarrhée est toujours abondante, mais elle ne s’accompagne pas de ténesme ; le ventre demeure souple et indolore.

La toux persiste : Les signes stéthoscopiques sont les mêmes que la veille. Temp.: M.: 370.—$.: 3706.

8. — Toux fréquente et pénible ; douleur de côté; submatité et râles sous-crépitants en arrière et à la base des deux côtés. La diarrhée persiste.

Kermès minéral. . . . . 0,05 centigr.

Jülep gommeux .: . .:. . 125 gr.

Potion :

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à prendre, par cuillerées à bouche, de deux en deux heures. Temp.: M. 3902. — $S. 4003.

9. — Mêmes symptômes, mêmes signes stéthoscopiques du côté de l’appareil respiratoire. Quelques crachats sanguinolents.

La diarrhée continue.

Même régime, même traitement. Temp.: M.: 395. — S.: 3%

10. —- Les manifestations thoraciques s’amendent ; les râles sont devenus plus gros et moins nombreux. Le point de côté a disparu. La diarrhée demeure toujours la même. La fièvre est tombée brusquement. Temp., M.: 3797. — $.: 370.

Le mieux se continue les jours suivants; la fièvre ne reparaît plus; les symptômes thoraciques se modifient et s’atténuent. Le 20 novembre

l’enfant tousse encore un peu, mais la sonorité de la poitrine est normale ; l’auscultation ne révèle guère qu’un peu d’obscurité à la base et

en arrière du côté droit. Les selles, toujours un peu diarrhéiques, ne se répètent que deux fois par jour.

Le 27. — Tout est rentré dans l’ordre. Il ne reste plus rien du côté de l’appareil respiratoire et les selles sont redevenues normales. L’enfant a repris son état de santé habituel. Le favus qu’il présentait avant la rougeole n’a été modifié en rien par la maladie.

Le début de la maladie, dans le cas que nous venons de rapporter, n’a donc pas été ce qu'il est d’ordinaire ; les manifestations qui l’accompagnaient pouvaient laisser le diagnostic en Suspens, ou même lui donner le change. Dès l’abord, l’angine prenait une importance considérable ; dominant la scène, elle appelait de son côté toute l’attention, au préjudice des autres symptômes. Sans doute, la rougeole s'inscrit bien souvent en premier lieu sur l’arrière-bouche, et l’exanthème de cette région peut précéder de quelques jours l’efflorescence cutanée. Le fait est signalé par la plupart des auteurs, et nous avons eu plusieurs fois l’occasion de le constater nous-même. Mais, chez le malade qui nous occupe, frien ne rappelait le pointillé rubéolique; une rougeur uniforme occupait le voile du palais et ses piliers; les

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amygdales étaient turgescentes, et, si l’on devait croire à l'existence d’une fièvre éruptive, les données thermométriques mises à part, on aurait songé plutôt à la scarlatine qu’à la rougeole. Rarement on a notè des symptômes d’angine aussi intenses, aussi marqués que ceux que nous à présentés Paul Mestre ; nous les rencontrons cependant chez quelques autres malades, mais moins douloureux peut-

être, et accompagnés en outre du pointillé caractéristique. (Obs. II, VII.)

Observation II

Louis Curtil, âgé de huit ans, est d’un tempérament lymphatique. Depuis son entrée à l'Hôpital général, il n’a jamais été malade. Nous ne pouvons obtenir aucun renseignement sur son état de santé antérieur ni sur ses antécédents héréditaires.

Il nese sentait.pas bien depuis quelques jours, se plaignait d’avoir mal aux yeux, toussait et éternuait fréquemment, lorsque le 16 novembre 1883, plus fatigué, il demeure couché au dortoir.

Nous trouvons le malade en proie à une fièvre assez vive ; ses yeux sont humides et brillants; une toux férine, quinteuse, l’obsède, et le catarrhe nasal Poblige à ne respirer que par la bouche. Il se plaint en outre d’une douleur assez vive à la gorge, douleur qui rend la déglutition pénible. Un peu de diarrhée depuis l’avant-veille.

L’inspection de la gorge montre une rougeur vive occupant le voile du palais et la luette, et constituée par de petites taches presque confluentes.

L’auscultation de la poitrine ne réveille rien autre chose qu’un peu de rudesse de la respiration.

Une éruption rubéolique boutonneuse apparaît le soir sur la face et sur le tronc.

La toux est toujours sèche et quinteuse. La diarrhée persiste. Température : S. : 4001,

Bouillon et lait. Infusions chaudes.

17. — Les symptômes sont les mêmes que la veille; la toux est

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cependant moins fréquente. Une selle diarrhéique dans la nuit. L’éruption s’est étendue aux membres inférieurs. Temp.: M. : 38°8. — S.: -38°7. l

48. — La diarrhée s’est continuée dans la journée d’hier et dans la nuit. La toux est beaucoup plus rare et moins pénible. L'enfant est apyrétique et demande à manger. Temp.: M. : 37°3. — 5,: 37°.

19. — L’éruption a presque complétement disparu; l’enfant se trouve bien. La toux a cessé. Il n’y a pas eu de garde-robe cette nuit.

Potage et côtelette.

La convalescencé est franche et se continue les jours suivants, sans incident d’aucune sorte.

Un fait que nous devons relever aussi chez les deux malades dont on vient de parcourir l’observation, c’est la participation de la muqueuse intestinale aux troubles prodromiques. La diarrhée, comme symptôme primaire de la rougeole, n’est pas un phénomène des plus communs. Cependant elle a pu quelquefois témoigner seule de l’invasion du mal et marquer ses débuts, alors que le larmoiement, le coryza, la toux, faisaient entièrement défaut, ou ne se montraient que par la suite. C’est là une anomalie assez rare, bien qu’elle ait été signalée par quelques auteurs; mais, pendant une épidémie qui sévit à l'Hôpital général dans le cours de l’année dernière, l'exception était devenue la règle: la diarrhée faisait tous les frais de la période prodromique, et, sur un nombre de cas assez considérables, M. Batlle n’eut, pour ainsi dire, jamais à constater d’autre symptôme initial.

Si la diarrhée ne s’est pas montrée seule chez les malades que nous avons eu l’occasion d’observer, du moins a-t-elle accompagné les avantcoureurs habituels de l’éruption rubéolique, et l’avons-nous rencontrée fréquemment à côté d’eux.

Observation III

Célestin Sauvage, âgé de dix ans et demi, présente toutes les apparences de la scrofule. Nous ne savons rien de ses antécédents, soit

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héréditaires, soit personnels. Il est en traitement à l'Hôpital sl pour un favus.

Le 5 novembre 1883, il entre à l’infirmerie en pleine éruption rübéolique confluente.

Depuis deux ou trois jours, il se sentait un peu fatigué, souffrait des yeux, présentait un peu de coryza et avait de la diarrhée. . La fièvre est vive, la peau chaüde et assez sèche. Le malade fuit la lumière; ses paupières sont rouges, ses yeux larmoyants. Pas de toux. Temp., S. : 4004.

6. — L’éruption persiste. La diarrhée continue: trois ou quatre selles dans la journée. Temp., M.: 39°. — S.: 3902.

7. — L’éruption pâlit. La diarrhée persiste. Un peu de toux. La respiration est rude des deux côtés de la poitrine. Temp., M. : 38°5.— S1::,88%5.

8. — L’éruption a disparu à peu près complétement. Quelques taches marbrées et rien de plus. Temp., M. : 37°6. —$. : 37°5. 9. — L'enfant est apyrétique. Rien à signaler. La diarrhée persiste,

mais faible: deux selles par jour. Temp., M. : 37°4. —S.: 3703.

10. — L’état est à peu près le même. L’enfant tousse peut être un peu plus.

Le soir, l’enfant se trouve plus fatigué; il tousse davantage. A l’auscultation, quelques gros râles sonores. — Temp., M.: 3705. —$.: 38°4.

11. — L'enfant a été fort agité dans la nuit. Malaise; fatigue; gêne respiratoire ; point de côté; toux fréquente.

A l’auscultation : râles sous-crépitants à la base du poumon droit principalement, mais existant en divers autres points de la poitrine.

Potion: Kermès minéral. . .. 0 gr. 05 centig. Sirop de,Tolu. ...-.. 29 gr.

Eau distillée. . . . . 125 gr.

Temp., M: 382. — S.: 385. pus 12. — Un peu d’otorrhée à pauche, douleurs sourdes dans l’oreille; bourdonnements. |

Les symptômes thoraciques se sont atténués. La diarrhée persiste encore. Temp.: M.: 37°5. — $.: 37°8.

Injections dans l'oreille gauche avec de l’eau de mauve ; tampon glycériné. ,

Les symptômes thoraciques s’atténuent les jours suivants. L'otorrhée diminue aussi ; une diarrhée peu abondante persiste encore.

Le 23. — L'amélioration est sensible. L’otorrhée est insignifiante. L’auscultation ne relève rien dans la poitrine. ]’enfant a encore eu deux selles en diarrhée. |

Le 26. — La diarrhée a cessé; l’otorrhée est insigmifiante.

Le 27. — L’otorrhée semble plus abondante; l’enfant se plaint de douleurs dans l’oreille gauche.

Le 29, — L'’otorrhée est devenue de plus en plus abondante. L’0-

reille est très-douloureuse, et la paroi postérieure du conduit auditif externe fortement tuméfiée.

Frictions avec : Onguent D'ADOIANI Sr re 30 gr. Extrait de belladone . . . . . . 2 gr.

Les jours suivants, la douleur et le gonflement du conduit auditif externe ne font que s’accroître; la fluctuation devient bientôt-évidente à la paroi postérieure. Une incision faite, un peu en avant de l’apophyse mastoïde, donne issue à une quantité de pus considérable. L’écoulement purulent se continue cependant par l'oreille, quelques jours

encore; mais, peu à peu, tout rentre dans l’ordre, et les parties reviennent à leur état normal.

Nous ne nous arrêterons pas aux diverses particularités intéressantes que nous pourrions releverdans cette observation. Ce que nous avons voulu faire remarquer surtout, c’est l’existence de la diarrhée comme phénomène prodromique.

« Quand la diarrhée appartient aux prodromes, dit M. Sanné, l’éruption se retarde, se développe incomplétement et pâlit. » Le fait ne nous a pas frappé; et nous n’avons pas vu que l’exanthème fût plus

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lent à paraître ou plus incomplet chez les malades atteints de diarrhée que chez les autres. Si l’éruption, bien que régulière, a été, chez Mestre, discrète et fugace, elle s’est montrée boutonneuse chez Curtil, confluente chez Sauvage, et nous la trouvons même ecchymotique chez quelques malades, après un dévoiementinitial assez intense.(Obs. XIV, XV.)

La diarrhée, en tant que manifestation primaire de la rougeole, était considérée comme un symptôme favorable par les anciens, qui y voyaient une élimination du principe morbide. Trousseau la regarde aussi comme d’un heureux présage; et, si nous nous en rapportons à ce qui s’est passé, l’année dernière, à l'Hôpital général, nous seronstout disposé à accepter cette manière de voir. Sur un nombre considérable d'enfants atteints de rougeole, et chez la presque totalité desquels, ainsi que nous lavons rapporté déjà, le flux intestinal marquait le début de la maladie, on n’eut pas de décès à enregistrer. Moins probants peut-être, les faits que nous avons observés viennenttoutefois corroborer encore l’opinion des anciens et de Trousseau. Dans plusieurs cas, la diarrhée du début a certainement exercé sur l’évolution du mal une salutaire influence, en détournant le mouvement fluxionnaire d’organes dont on pouvait à bon droit redouter l’atteinte.

Ce n’est pas à dire que le flux intestinal soit, toujours et quand même, d’un favorable augure; son pronostic dépend de l’ensemble des carectères avec lesquels il se présente. Si les troubles dont la muqueuse digestive est le siége, dépassent une certaine mesure, ils peuvent compromettre l’état des forces et placer l’organisme dans de mauvaises conditions pour résister au mal. Des selles trop nombreuses et trop abondantes, surtout des évacuations dyssentériformes, s’accompagnant

d’épreintes et de ténesme, de symptômes généraux graves, peuvent in-

spirer de vives inquiétudes et n’être que le prélude des accidents les plus redoutables. (Obs. XXII.)

Mais il est bien rare que les troubles abdominaux se présentent d’emblée avec une grande violence, et nous n’avons noté la plupart du temps que trois ou quatre garde-robes, au maximum, dans les vingt-

quatre heures.

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A côté de la diarrhée prodromique, sur laquelle nous venons d’insister longuement, à côté de l’angine, nous avons noté, chez Mestre, des épistaxis et des vomissements. L’épistaxis n’est pas rare au début de la rougeole, et n’acquiert de gravité que par sa répétition ou sa per= sistance ; elle n’offrait donc, chez notre malade, qu’un intérêt médiocre. Quant aux vomissements, ils se produisent, dans l’enfance, à l’occasion du moindre mouvement fébrile. La céphalalgie assez intense qui les accompagnait, chez Mestre, pouvait, étant donnés les antécédents, inspirer quelques appréhensions, que la suite de la maladie n’a pas justifiées.

Telles sont les diverses particularités que nous a présentées la période d’invasion, dont la durée, mal déterminée dans le plus grand nombre de cas, n’a guère dépassé trois ou quatre jours. Et, si les symptômes initiaux ont pris, chez quelques-uns de nos malades, des proportions exagérées, ils ont été, chez d’autres, réduits au point de passer inaperçus; ils auraient même, une fois, fait entièrement défaut, (Obs. IV.)

Observation IV

Il s’agit d’une petite fille de quatre ans et demi, Élise, dont la santé habituelle est bonne, et qui n’aurait pas présenté de maladies antèrieures. Le père et la mère ont succombé jeunes, mais on ignore à la suite de quelle affection.

L'enfant n’a rien offert de particulier les jours précédents, lorsque, le 18 novembre 1883, après avoir dîné comme à l’ordinaire, elle se plaint d’un peu de fatigue, et l’on s’aperçoit que de petites taches rosées apparaissent à la face.

Le 19 novembre, nous trouvons la petite malade couchée. L’éruption, assez discrète, a gagné le tronc et les membres ; il n’y a pas de fièvre, Les yeux sont humides et brillants; un peu de diarrhée ; toux, mais peu fréquente. Rien à l’auscultation.

Bouillon. Lait. Infusions chaudes.

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