‹ Contribution à l'étude de la rougeole chez l'enfantChapitre 5 sur 20 · MODE · texte numérisé non relu

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4er décembre. — Les taches ecchymotiques sont à peu près ce qu’elles étaient la veille. L'état général est satisfaisant; l’apyrexie complète. L’enfant joue sur son lit. La desquamation est très-nette à la face; les écailles épidermiques sont rendues plus apparentes par le fond rouge foncé des ecchymoses, au niveau desquelles elles se produisent. Toujours un peu de toux.

2. — Les taches semblent pâlir un peu. À cela près, même état que la veille.

3. — Rien de particulier à mentionner, si ce n’est l’atténuation des taches ecchymotiques.

4. — Les taches n’ont plus guère qu’une coloration jaunâtre. L'état général est excellent.

La convalescence se continue régulièrement et sans encombre : l'enfant tousse un peu pendant quelques jours, mais sans que l’auscultation révèle jamais autre chose que quelques gros râles muqueux. —La blépharo-conjonctivite est redevenue ce qu’elle était avant la maladie.

C’est dans le cours d’une éruption normale que l’efflorescence cutanée, alors qu’elle semblait pâlir et s’apprêter à disparaître, prend tout à coup un caractère ecchymotique. Nous avons pu observer un fait analogue chez quelques autres de nos malades (obs. XIV et XIX). Dans les divers cas, l’apparition des taches ecchymotiques, postérieure au fastigium de l’éruption, coïncidait avec une chute de la fièvre.

Veit insiste sur la bénignité de cette forme ecchymotique de la rougeole régulière. Trousseau la regarde, cependant, comme assez redoutable, «en ce sens qu’elle indique une violence plus grande dans » l’éruption,et que, plus intense est l’éruption, plus grande aussi est, » en général, la gravité de la maladie.» Nous avons vu des complications diverses l’accompagner parfois, en effet, et causer de vives inquiétudes, lorsqu'elles n’ont pas entraîné la mort (obs. XIX).

Cette variété de rougeole doit être soigneusement distinguée, toutefois, de la forme hémorrhagique (rougeole noire de Willan). Dans celle-

ci, c’est d'emblée que les hémorrhagies se produisent ; elles ne se limitent pas à la peau, mais se généralisent à toutes les muqueuses, et emportent presque fatalement le malade, au milieu de troubles adynamiques et typhoïdes, La forme ecchymotique, exempte de complications, ne présente pas cette effrayante gravité ; la maladie peut, comme chez Marie Laux, suivre sa marche normale. Les taches se décolorent alors peu à peu, deviennent jaunâtres et disparaissent plus ou moins vite. À leur niveau, l’épiderme se fendille et tombe en petites écailles. Nous avons pu constater ce fait toutes les fois que la poussée exanthématique avait été assez violente pour amener une extravasation sanguine, tandis que, dans les autres cas, la desquamation demeurait presque toujours inappréciable, ou du moins échappait à nos regards.

Pendant que l’éruption se fait et parcourt ses diverses phases, le catarrhe des muqueuses continue; le coryza, la conjonctivite augmentent; l’inflammation s’étend du larynx à la trachée, puis aux bronches; la diarrhée persiste, si elle existait déjà; elle apparaît presque toujours en même temps que l’exanthème, lorsqu'elle ne s’était pas encore montrée. « Ilsemble, dit Trousseau, qu’à ce moment où le levain mor- » bide a atteint son saummum d’activité, à ce moment où la despuma- » tion, comme l’appelait Sydenham, va se faire de toute sa force, il » semble qu’il n’y ait pas assez d’émonctoires ouverts. »

Nous ne nous arrêterons pas au catarrhe des voies aériennes que nous avons trouvé ce qu’il est d’habitude,et sur lequel nous reviendrons, du reste, à propos des complications.

Les troubles abdominaux, que nous avons eu l’occasion de signaler pendant la période prodromique, ont encore, par leur fréquence, attiré notre attention dans le cours de la période éruptive. La participation de la muqueuse digestive à la maladie s’est, en général, traduite par une diarrhée peu abondante, l'abdomen demeurant souple.et normal. Ce flux intestinal médiocre accompagnait le plus souvent des formes atténuées de la pyrexie, telles que ces indispositions léres dont nous allons rapporter deux exemples en quelques mots:

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Observation VI

Victor Ulz est âgé de cinq ans, d'un tempérament lymphatique, mais d’une bonne santé habituelle. Depuis son entrée à l'Hôpital général, du moins, il n’a jamais été malade.

Le 28 novembre 1883, après quelques jours d’inappétence, de toux, de coryza, de larmoiement, il présente une éruption rubéolique assez discrète, qui, débutant par la face, gagne bientôt le tronc et les memm bres. Il a deux ou trois selles diarrhéiques dans la journée.

Le soir, la température est de 38°9. Pouls : 96.

29. — L’éruption s’est généralisée ; elle est constituée par de petites taches rouges non saillantes, un peu plus confluentes que la veille aux membres inférieurs ; l’exanthème pâlit déjà à la face. Deux selles en diarrhée. Temp. : M. :37°3.— S.:37°8. Pouls normal.

30. — L’éruption a disparu à peu près complétement. Les selles sont redevenues normales. Apyrexie.

Le mieux ne fait que s’accentuer les jours suivants.

Observation VII

Baptistine, âgée de onze ans et bien portante d'ordinaire, était mal entrain depuis quelques jours ; elle avait un peu de céphalalgie, souffrait des yeux, toussait et éternuait fréquemment.

Le 17 décembre, elle se plaint de la gorge; la déglutition est pénible et douloureuse. On constate, à l’examen, la présence sur la muqueuse du voile du palais et du pharynx, de petites taches rouges, confluentes. Les amygdales sont congestionnées. |

Bouillon. Lait. Boissons chaudes.

48. — Eruption rubéolique discrète à la face et au tronc; déglutition pénible: catarrthe oculo-nasal peu intense. Un peu de toux; quelques râles sonores dans la poitrine. Trois selles diarrhéiques dans la journée: Temp. : M. : 390. — $S. : 392, Pouls : 104.

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19. — L’éruption a gagné les extrémités et commence à disparaître à la face. Mêmes symptômes que la veille ; toujours un peu de diarrhée. Temp. : M. : 3803. — S, : 3806.

20. — L’exanthème a disparu ; la toux persiste toujours, mais l’auscultation ne révèle qu’un peu de rudesse et quelques ronchus. Encore un peu de diarrhée. Temp. : M. : 378. — S. : 3707.

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