ONE
un peu rude, mais tous les signes fournis par l’auscullation se bornent là.
L’hérédité de la petite malade, ses antécédents personnels, faisaient redouter, à juste titre, chez elle, la gravité des accidents thoraciques. On ne saurait révoquer en doute, nous semble-t-il, l’heureuse influence qu’a exercée la diarrhée sur les troubles de l’appareil respiratoire. Cette dérivation salutaire, nous la trouvons encore dans l’observation de Paul Mestre (obs. I) ; tout concordait, chez cet enfant, pour que l’atteinte des voies aériennes inspirât les plus légitimes inquiétudes; et nous croyons volontiers, avec M. Batlle, que le dévoiement a contribué pour beaucoup à préserver les poumons d’une localisation funeste.
Si nous faisons maintenant la contre-épreuve, et que nous jetions un regard sur les cas de rougeole, dans lesquels nous avons noté des selles normales ou de la constipation, nous voyons que la maladie revêt alors un caractère de malignité bien plus grande et nous nous trouvons en présence de complications trop souvent fatales. (Obs. XVIII, XIX et XXI).
Ce serait, à notre avis, mal apprécier les faits que de ne pas reconnaître l’action favorable de la diarrhée, soit sur l’évolution de la maladie, soit sur quelques-unes de ses tendances fâcheuses, dans les faits que nous avons rapportés; mais nous nous garderons bien de poser une règle absolue, et d’ériger en principe que la diarrhée est toujours un événement favorable dans le cours de la rougeole. Les réserves que nous avons faites au sujet de sa signification pendant les prodromes doivent s’appliquer également ici. Bien des éléments divers entrent
dans l’appréciation de sa valeur pronostique : il faut tenir compte du nombre; de la quantité, de la nature des selles, des symptômes conco-
mitants. Modérées et faciles, les garde-robes auront une heureuse influence; fréquentes, profuses, dyssentériques, s’accompagnant d’éprein. tes et de ténesme, elles pourront, au contraire, augmenter le danger au créer un danger nouveau.
. Chez Coste (obs. XI), elles inspiraient par leurs caractères des craintes assez légitimes, qui n’ont heureusement pas été justifiées. Dans un
autre cas (obs. XXII), dyssentériques, elles appartenaient à la forme la
. plus grave de la pyrexie qu’il nous ait été donné d’observer; mais ces
deux faits rentrent dans l'exception. Rarement le flux intestinal acquiert des proportions inquiétantes ; il est plus souvent modéré qu’intense, plus souvent favorable que nuisible, lorsqu'il dépend de la rougeole seule, Il n’en est pas de même lorsqu'il vient d’un état antérieur dont la fièvre éruptive a réveillé les tendances. On observe alors ces relà- Chements chroniques de l'intestin, dont parlent Sydenham et la plupart des auteurs à sa suite, accidents redoutables que nous avons pu voir entraîner la mort (obs. XIII). Cependant la vie du malade n’est pas fatalement compromise, et, si des complications pulmonaires n’aggra® vent pas la situation (obs. XVII), il pourra reprendre plus ou moins vite son état de santé habituel (obs. XIV, XV et XVI).
Observation XIII
Il s’agit d’une petite fille de deux ans, Jeanne, enfant malingre et chétive, dont la mère a succombé jeune, probablement à la phthisie pulmonaire. Le père est bien portant.
Cette petite fille, nourrie dans de mauvaises conditions, sevrée trop hâtivement, soumise à une mauvaise hygiène, est atteinte d’une diarrhée opiniâtre qui a résisté à tous les moyens thérapeutiques mis en
‘usage contre elle; elle présente également une ophthalmie chronique.
Après quelques jours de malaise et d’inappétence, l’enfant, qui se plaignait aussi de sonffrir davantage des yeux, demande à se coucher le 44 décembre. Un exanthème ue tarde pas à se montrer. Temp.: 3905,
15 décembre. — L’éruption est généralisée ; elle est formée de taches rouges un peu déchiquetées. Assez discrète sur la face et la partie supérieure du corps, elle se montre plus abondante aux membres inférieurs. Conjonctivite intense ; toux sèche et quinteuse. Quelques ronchus, quelques râles muqueux à grosses bulles. Le dévoiement a subi, depuis le début de la maladie, une recrudescence marquée ; les évacuations sont fréquentes et profuses. Temp.: 3893. — 38°7.