OBSERVATION PERSONNELLE XXII
La nommée P..., âgée de 68 ans, hospitalisée à Brévanne et transférée à la Salpêtrière vient consulter dans le service de M. le P' Déjerine pour des douleurs dans la jambe gauche. Rien à signaler dans ses antécédents héréditaires.
Rien de particulier dans ses antécédents personnels si ce n'est une fausse couche survenue postérieurement à la naissance d’un enfant bien portant,
Depuis longtemps la malade ressentait des douleurs dans sa jambe gauche et dans la région lombaire ; mais ce n’est que depuis huit ans qu’elle a commencé à avoir des douleurs violentes ayant à plusieurs reprises obligé la malade à s’aliter. Elle se souvient fort bien que le moindre effort augmentait l'intensité de ses douleurs.
A l'examen on ne constate aucune diminution de la force musculaire : tous les mouvements sont possibles et bien conservés comme arnplitude.
Le réflexe rotulien est légèrement exagéré à gauche.
ÉE
Fic. 11.
H ypoesthésie.
Le réflexe achilléen normal à droite est aboli à gauche. Les réflexes cutanés plantlaires sont normaux des deux côlés. Troubles trophiques. — La peau du membre inférieur gauche
est plus cyanosée que celle de membre droit :les dilatations vari-
- queuses y sont également plus accenluées ; on constale un léger
ædème de la totalité du membre et un certain degré d’amyo-
trophie (de 0,5 à 1 centimètre de différence de circonférence de
mollet et de cuisse).
La sensibilité tactile est troublée et on délimite une bande
d’hypoesthésie qui occupe toute la partie antéro-interne de la
ENT re
jambe, s'étendant en dedans jusqu’à une ligne droite, allant du condyle interne du fémur au premier espace interdigital : cette zone d'hypoeslésie occupe le 4/5 interne de la face plantaire du pied et la moitié interne du mollet.
Les sensibilités douloureuse et thermique présentent des zones superposables d’hypoesthésie. Les sensibilités profondes ne sont
pas touchées.