FIG IV
Tous les réflexes tendineux sont conservés, sauf le réflexe achilléen qui est aboli à droite.
Le réflexe plantaire se fait en flexion des deux côtés.
Réflexes crémastériens et abdominaux normaux.
Il n'existe aucun trouble sphinctérien, pas de signe d’Argyll- Robertson.
L'examen de la sensibilité révèle une zone d'hypoest
tactile. qui occupe la face dorsale du gros orteil gauche, remonte sur le dos du pied et la face antérieure de la jambe en s’amincissant et vient se terminer en pointe au niveau de l'union du tiers inférieur et du tiers moyen de la jambe : cette zone s'étend au tiers interne de la face plantaire du pied gauche c’est-à-dire à tout le territoire cutané innervé par la 5° racine lombaire d'après les schémas radiculaires de la sémiologie de M. le professeur Déjerine.
La sensibilité douloureuse est notablement diminuée sur le même territoire qu’elle déborde d’ailleurs en dehors sur le territoire Si, la zone d’hypoesthésie à la douleur descendant sur tout le dos du pied etsur la face plantaire le long du bord externe.
La sensibilité thermique présente une zone d’anesthésie dans le territoire L, et une hypoesthésie à la chaleur dans le territoire Sr. La sensibilité osseuse est bien conservée.
Le sens des attitudes est légèrement touché pour le gros orteil gauche. Les cercles de Weber sont très élargis dans la zone L, : dans le sens longitudinal, le malade ne perçoit qu’un seul contact avec un écart de 10-12 centimèlres ; dans le sens transversal les cercles dépassent de plus de 1 centimètre la bande correspondant au territoire L;. Il n’y a aucun trouble trophique eutané ni vaso-moteur. La ponction lombaire a donné issue à un liquide clair, non hypertendu sans hyperalbuminose, contenant de 8 à 10 lymphocytes par millimètre cube.
Ce malade semble donc présenter, à droite, comme reliquat d'une sciatique datant de trois mois, une abolition du réflexe achilléen, sans autre symptôme; à gauche une -paralysie dissociée de l’extenseur commun des orteils, de l'extenseur propre et du jambier antérieur, avec hypoesthésie localisée au territoire de L, et de Si, mais avec conservation du réflexe achilléen.
L’étiologie spécifique en l’absence de toute cause de compres-
SM pee sion radiculaire semble probable étant donnée lalymphocytose du
liquide céphalo-rachidien.
Le traitement mercuriel a été institué et le malade a été rapi-
dement amélioré.
Par contre, le jambier antérieur est indemne dans l’observation publiée par MM. Déjerine et Regnard et la paralysie ne porte que sur les extenseurs propre et commun des orleils.et les péroniers latéraux. Les troubles de sensibilité sont ici uniquement localisés à L y, le réflexe: achilléen y est conservé, la sensibilité osseuse n’est pas touchée.
Nous avons également vu un cas de sciatique radiculaire: dissociée dont nous publions l’observation et qui présente une paralysie des extenseurs et des péroniers, avec intégrité du jambier antérieur. Les troubles de sensibilité sont ici surtout accentués dans le territoire de la cinquième racine lombaire et atteignent également la première racine sacrée. Le réflexe achilléen est aboli. La nature syphilitique de l'affection est confirmée par l’amélioration par le traitement antispécifique. Mon observation est d’ailleurs encore plus à rapprocher d'un cas présenté par M. le Professeur Déjerine à la clinique de la Salpêtrière où nous voyons également une paralysie des extenseurs et des péroniers avec intégrité du jambier antérieur : nous la résu-
mons à la suite de notre observation.
EhrOoREe
Osservarion XXIX (MM. Déjerine et Regnard) (1).
Ch. Edouard, 32 ans, journalier, se plaint de douleur et de faiblesse dans la jambe droite (19 janvier 1912).
Antécédents héréditaires. — Rien de particulier : plusieurs membres de sa famille sont morts de tuberculose, mais on ne trouve chez lui aucune trace de cette affection.
Jamais de maladies antérieures ; nie la syphilis, et on ne retrouve pas d’antécédents spécifiques ; pas d'éruption cutanée, pas de céphalée, pas de maux de gorge ; à l’examen de la bouche cependant petite plaque de leucoplasie sur la joue droite : notre malade est un fort fumeur et un éthylique.
Au mois de février 1911 cet homme a déjà souffert d’une crise de névralgie sciatique dans la jambe droite, et il se souvient fort bien que sa douleur déjà vive spontanément augmentait à l’occasion du moindre effort ef, en particulier, lorsque le malade toussait ou éternuait.
Cette crise douloureuse dura environ un mois et disparut sans traitement interne, ne laissant subsister qu’une anesthésie du gros orteil.
Le 25 novembre 1941 il se produisit une nouvelle crise ; celleci fut beaucoup plus douloureuse que la première ; elle obligea le malade à s’aliter, mais elle ne dura que deux jours ; après quoi tous les phénomènes douloureux s’amendèrent, mais il resta un
certain degré d’impotence fonctionnelle qui subsiste encore.
(1) MM. DéseriNe et REGNARD, Sciatique radiculaire avec paralysie dissociée des muscles antéro-externes de la jambe droite. Intégrité du jambier antérieur (Repue de Neurologie, 1912, t. I, p. 288).
Sr
A l’heure actuelle, en effet, si l’on regarde le malade marcher, on voit que la pointe du pied droit a tendance à s'incliner vers le: sol, ce qui gène sa démarche; les phénomènes douloureux n'existent presque plus, cependant on observe encore très neltement le signe de Lasègue et'on provoque un réveil de la douleur par la pression du nerf sur les points de Valleix. L'examen de la motilité de la jambe révèle une paralysie complète des muscles de la loge antéro-externe, L’extenseur commun des orteils, l'extenseur propre et les péroniers latéraux sont atrophiés et complètement paralysés ; les orteils ne peuvent effectuer aucun mouvement d'extension et le pied a une tendance marquée à se tourner en varus.
Exümen électrique. — DR sauf pour le jambier antérieur complètement respecté.
Rien à signaler à la face postérieure de la jambe.
À droite et à gauche les réflexes rotuliens sont égaux et normaux, le réflexe achilléen du côté droit est conservé, mais semble un peu plus faible que du côté gauche.
Réflexe cutané plantaire en flexion aux deux pieds : pas d’Argyll, pas de troubles sphinctériens.
L'examen de la sensibilité révèle üne zone d'anesthésie au tact et à la douleur qui existe depuis un an; celte zone occupe toute la face dorsale da gros orteil et remonte sur le dos du pied et la face antérieure de la jambe, pour se lerminer en pointe à peu près à la jonction du liers inférieur et du tiers moyen de la jambe. C’est dire qu’elle occupe à peu près le lerritoire cutané innervé à ce niveau par S,, (ou plutôt d’après les schémas de sensibilité radiculaire de la Sémiologie du système nerveux de M. le professeur Déjerine par la V° racine lombaire).
Les sensibilités thermiques, profonde et osseuse sont indemnes.
La ponction lombaire a été très difficile à pratiquer, l'aiguille ayant sans doute beaucoup de peine à pénétrer à cause d'une
Polonovski 5
plaque de méningite spécifique : le liquide céphalo-rachidien clair, légèrement hypertendu contient une grosse quantité d’albu-
mine et une forte lymphocytose.
Hypoesthésie
Hi ove OBSERVATION PERSONNELLE XXX (D
.…, àgé de 58 ans, charpentier, est venu consulter à la clinique
(1) Communication faite à la Soc.
Ce malade nous a été envo tenons à remercier,
de Neurologie le 3 déc. 1914.
yé par notre collègue Royolle que nous
Charcot le 18 novembre 1914 pour des troubles de la marche accompagnés de douleurs dans le membre inférieur droit.
Antécédents héréditaires. — Rien à signaler.
Antécédents collatéraux et personnels. — Rien de particulier...
A l’âge de 27 ans le malade à la suile d’une marche forcée raconte avoir fait une sciatique droite qui disparut au bout de 8 jours.
Il y a un an le malade recomme:ca à sentir des douleurs dans Ja région lombaire droite, qui bientôt descendirent dans la fesse et la cuisse droite, puis irradièrent le long du sciatique jusqu’au cou de pied.
La douleur n’est plus actuellement très intense et se borne à gêner le malade dans sa marche.
Examen actuel. — Il traîne légèrement le pied droit en marchant et stoppe plus particulièrement après avoir marché longtemps.
On ne trouve aucune cicatrice, aucun stigmate de syphilis, et le malade nie d’ailleurs tout accident spécifique; pas de signe d'Argyll-Robertison.
Motilité. — Les mouvements de flexion et d'extension, d’adduclion et d’abduction de la cuisse ne sont pas modifiés. La flexion et l'extension de la jambe sur la cuisse sont normales. L’élévation du pied est bien conservée. L’abaissement un peu diminué.
Par contre, on note une diminution de la force musculaire de l'extenseur propre du gros orteil ainsi que de l’extenseur commus des orteils du côté droit.
Il n’y a aucune amyotrophie apparente, sauf au niveau de la loge antéro-exlerne de la jambe droite légèrement plus aplatie qu’à gauche.
Réflexes tendineux. -— Les réflexes patellaires son! normaux,
le réflexe achilléen normal à gaucheest aboli à droite. Réflexe eu-
Paye
tané plantaire aboli, ainsi que le réflexe crémastérien : réflexe
du tenseur du fascia lata aboli à droite.
Sensibilité. — La douleur est actuellement peu vive, et s’accroît
par la marche ; on ne trouve aucun point douloureux à la pression
2 N Anesthésie N Hypoesthésie N N Cas] FRA JW \ N \ \ { EN Ÿ ER NS
FTG VI,
sauf au niveau de la face dorsale droite du sacrum. Il n’y a pas de signe de Lasègue.
L'examen de la sensibilité tactile et de la sensibilité doulou-
reuse révèle une bande d’anesthésie sur la face dorsale du gros
“orteil droit remontant en pointe sur la face dorsale du pied, sur - le cou de pied et la face antéro-externe de la jambe et une zone d’hypoesthésie sur le reste du dos du pied et sur la face externe de la jambe jusqu’au niveau du genou. À la face plantaire anesthésie du 1/3 interne, et hypoesthésie des 2/3 externes du pied droit.
On trouve donc en résumé de l’anesthésie sur le territoire de L,, et de l’hypoesthésie sur le territoire de S.
La sensibilité thermique est troublée dans le territoire S, (hypoesthésie pour le chaud surtout).
La sensibilité osseuse est très diminuée aux orteils à droite et le sens des attitudes est perdu dans la mémerégion.
On ne note pas un grand élargissement des cercles de Weber. L'examen électrique (1) révèle à droite une DR assez prononcée sur les péroniers, un peu moins prononcée sur les extenseurs propre et commun des orteils et le pédieux. Traces de DR sur les muscles plantaires, fléchisseurs des orteils, jumeaux externes. Réaclions diminuées sans DR sur le jumeau interne, réactions bonnes dans le reste du membre inférieur droit et dans le membre inférieur gauche. La ponction lombaire a donné issue à un liquide clair non hypertendu, contenant 0 gr. 75 d’albumine 0/00 et 3,5 lymphocytes par mm. L'examen cytologique révèle de nombreuses cellules de nature épithéliale.
Le malade a été mis au traitement mercuriel el est déjà nota-
blement amélioré.
M. le Pr Déjerine (2) rapporte dans sa sémiologie du système nerveux Île cas d’une radiculite lombo-sacrée gauche avec paralysie dissociée des muscles de la région antéro-externe de la jambe (intégrité du jambier antérieur),
chez un homme âgé de 48 ans, ayant présenté antérieure-
(1) Que nous devons à l’obligeance de M. le D' Huet. (2) J. DÉsERINE, Sémiologie du système nerveux, 1914, p. 875.
Lee =
-ment deux attaques de sciatique, six ans et un an auparavant. L'examen électrique révèle une réaction de dégéné-. rescence de l’extenseur commun des orteils, de l’extenseur propre du gros orleil et des péroniers. Réflexe achilléen aboli. Les troubles des sensibilités tactile, douloureuse et thermique, occupent les territoires des racines L,S, S, (partie inférieure) et un peu du domaine de 14. Pas de lymphocytose. Pas d'amélioration par le traitement mer-
curiel.
Les troubles moteurs peuvent s'étendre également au groupe des fléchisseurs de la loge postérieure de la jambe ; notre malade présentait déjà une légère diminution de force des jumeaux et des fléchisseurs, vériiée par Pexamen électrique et se rapproche par là de l’observation présentée par Clarac à la Société de Neurologie. L’extenseur commun, l’extenseur propre, les péroniérs sont paralysés ; le jambier antérieur est intact, mais la flexion des orteils est un peu diminuée. Les troubles de la sensibilité affectent nettement la disposition radiculaire suivant Li Ly et Sr et un peu Sy à la partie tout inférieure. Le
réflexe achilléen est très diminué.
Osservarion XXXI (Clarae) (4).
R..., 48 ans, camionneur, entre à la Salpétrière le 27 mai 1941. Antécédents héréditaires. — Sans intérêt.
Aniécédents personnels. — Pas de vin, ni d'alcool, père d’une
(1) G. Crarac, Radiculite lombosacrée sensitivo-motrice (Revue neurologique, 1912, t.. II, p. 157).
fillette bien portante ; sa femme n’a point fait de fausses couches.
Il y à 6 ans 1/2, sans cause, première crise douloureuse au niveau de la région lombaire avec irradiation le long du membre inférieur gauche. Soigné à Tours pour sciatique par bains sulfureux, 42 injections de Hgl? el des injections épidurales de stovaïne. Au bout de 2 mois guérison lotale apparente.
En juin 1910, nouvelle crise douloureuse analogue à la première, lrailée dans le service de M. le P' Raymond. Les douleurs disparaissent complètement en 1 mois 1/2 après 10 injections de Hgl.
Pendant ces deux crises lesdouleurs étaient caractéristiques, siégeant le long du sciatique, Points de Valleix, signe de Lasègue, exacerbalion des douleurs par la toux, l’éternuement, les efforts. ;
L'état actuel date de 3 mois. Le malade, complètement remis de sa dernière crise douloureuse, avait repris son travail, quand un malin, en se levant, il ressentlit une douleur violente à la région lombaire et tout le long du membre inférieur gauche, douleur que le malade compare à un déclinement nerveux, et qui dura une minute et demie environ. Aussitôt engourdissement et parésie de la jambe et du pied gauche.
Depuis les choses sont restées en cet état. Actuellement si l’on fait marcher le malade on remarque un steppage net de la jambe gauche dû à la chute du pied en varus équin.
- Au repos, le pied est encore en varus équin. On constate encore que l’extension du gros orteil el des autres orteils est absolument impossible.
La flexion dorsale du pied sur la jambe est conservée partiellement, mais la force en est très diminuée, le mouvement s'accompagne d’une exagéralion de la torsion du pied en dedans (action
prédominante du jambier antérieur). La flexion des orteils est con-
servée, mais un peu diminuée.
NS
Anesthésie Hypoesthésie
JRÉSANAUE
L'extension du pied sur la jambe est, au contraire, de force égale des deux côtés.
L'adduction du pied n’est pas modifiée, tandis que l’abdication est très limitée.
La torsion du pied en dedans est également sans modification tandis que la torsion en dehors est très limitée et faible à gauche.
La voûte plantaire n’est cependant pas plus affaissée à gauche qu’à droite. |
Les autres mouvements de la jambe sur la cuisse et de la cuisse sur le bassin ne sont modifiés ni dans leur force ni dans leur
étendue.