STORES
Les réactions électriques montrent dans taus les muscles du membre inférieur gauche, une diminution marquée de l'excitabilité faradique et galvanique avec tendance à l'égalité des secousses polaires : DR plus marquée à la cuisse et à la fesse.
Une ponction lombaire montre l'existence d’une lymphocytose des plus nettes.
Le traitement spécifique intensif a considérablement amélioré son état : les douleurs disparaissent, la force reparaît dans le
membre malade. Le malade sort guéri le 26 janvier 1907.
Cette observation est une des rares localisations presque uniquement motrices des phénomènes radiculaires. On peut en rencontrer, il est vrai, au début ou au cours du tabes, mais c’est là un point sur lequel nous reviendrons à propos des rapports qui existent entre les radiculites et le tabes.
Le premier cas de sciatique radiculaire sensitive motrice publié est celui que MM. Camus et Sezary présentèrent à la Société de Neurologie le 6 décembre 1906.
OsservarTion XXVIT (Camus et Sezary) (1) (résumée).
C..., 38 ans, marchand de vins, vient consulter pour des douleurs dans la région lombaire et le membre inférieur droit et des troubles de la marche.
Antécédents héréditaires. — Rien.
(1) Camus et Sezary, Un cas de radiculite sensitivo-motrice (Revue de Neurologie, 1906, p. 1172).
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Antécédents personnels. — Blennorragie il y a 10 ans; marié deux fois. Pas de syphilis avouée : leucoplasie à la face interne des joues. Ethylique.
Il y a # ans, crise douloureuse région lombaire et membre inférieur droit. |
Il y a un an, nouvelle crise. Signe de l'éternuement et de la toux : douleur irradiée comme une décharge électrique. Au lever, parésie du pied droit.
Depuis, ces troubles moteurs se maintiennent et les douleurs sont inlermittentes.
Actuellement, paralysie des muscles jambier antérieur et de l’extenseur propre du gros orteil du côté droit. Il stoppe en marchant et la voûte plantaire s’efface légèrement. DR dans les mêmes muscles.
Région lombaire douloureuse à la palpation et à la percussion. Signe de Lasègue positif à droite.
Sensibilité : bande radiculaire d’anesthésie sur la face dorsale du pied intéressant le gros orteil et une partie adjacente de la plante du pied remontant à la partie antérieure du cou de pied et de la jambe, au-devant du tibia sur une largeur de cinq travers de doigt. Arrivée au-devant de la tubérosité antérieure, elle se dirige en dehors, passe à la partie externe du genou, traverse la partie postérieure de la cuisse et se termine près du rachis L’anesthésie est absolue du gros orteil à la tubérosité antérieure du tibia : au-dessus, on n’a que de l’hypoesthésie. Les sensibilités tactile, douloureuse, et thermique, sont également intéressées. La sensibilité osseuse est diminuée dans le membre inférieur droit.
Réflexes tendineux normaux. Réflexe cutané plantaire en flexion.
Pas d’Argyll. Pas de troubles de sphincters.
Cet homme présente donc bien des troubles de la motilité cor-
Ta
respondant à une partie des lerritoires radiculaires Liv, et Ly, et
des troubles de sensibilité aux territoires Ly, Si, Su.
La limitation exacte des troubles moteurs au jambier antérieur, et extenseur propre du gros orteil, alors que l’extenseur commun des orteils, et les péroniers sont respectés, semble liée à une lésion des racines antérieures, limitée à une seule racine motrice.
Le jambier antérieur est souvent dissocié des autres muscles de la région antéro-externe de la jambe et soit qu'on le trouve indemne, alors que le groupe est paralysé : en totalité, soit, au contraire, qu’il soit seul paralysé, en même temps qu'un seul des autres muscles de la loge an- téro-externe, il est à penser que l’innervation radiculaire de ce muscle est différente de celle des autres. Nous serons d'ailleurs plus à même de la préciser après avoir examiné les autres cas de dissociation paralytique de ces muscles.
Nous avons observé dans le service de la Salpêtrière une sciatique radiculaire qui se rapproche beaucoup du cas précédent.
La paralysie englobe également le jambier antérieur et l'extenseur propre du gros orteil, mais a aussi atteint l’extenseur commun des orteils. Les troubles de sensibilité affectent ici un territoire un peu différent et sont localisés à la cinquième lombaire surtout et à la première sacrée.
Comme dans l'observation précédente, les réflexes tendineux du membre malade sont normaux et la sensibilité
osseuse est légèrement touchée.
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OBsERVATION P£RSONNELLE XX VIII (1)
D..., âgé de 40 ans, agent de la brigade fluviale, est entré le 29 octobre 1914 dans le service du P‘ Déjerine pour une faiblesse de Ja jambe gauche, s’accompagnant de gêne de la démarche. On ne relève rien de particulier dans ses antécédents héréditaires : lui-même n’a jamais eu de maladies antérieures, s’est marié à 29 ans et a eu deux enfants bien portants. Le malade nie avoir eu la syphilis dont on ne retrouve d’ailleurs aucun stigmate, aucune cicatrice spécifique : pas de leucoplasie, pas d’éruption cu tanée, pas de céphalée ; sa femme n’a jamais fait de fausse couche.
Histoire de la maladie. — Il y a huit mois, le 2 avril 1914, il se jeta à l’eau dans le bassin de la Monnaie pour en relirer un homme qui se noyait : depuis lors, à la suite de ce refroidissement, déclare le malade, il ressentit quelques douleurs dans les lombes et dans la jambe du côté droit.
Le 3 août au malin, le malade ressentit brusquement au lever une exacerbalion intense de ses douleurs qui l’empéchèrent de marcher, et même de se tenir debout : ces douleurs persistèrent aussi intenses jour et nuit, sans rémission, privant presque complètement le malade de sommeil. Elles siégeaient principalement au mollel et à la partie postérieure de la cuisse droite et étaient encore exaspérées par la toux, les éterffucments, les efforts de défécation ou par tout autre effort : celte crise disparut au bout
d’une quinzaine de jours.
(1) Présentée à la Société de Neurologie en collaboration avec M. Mouzon, novembre 19184.
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A la fin d'août, le malade ressentit de nouveau des douleurs très violentes dans la région lombaire, mais celte fois du côté gauche, et deux jours après, des fourmillements et un engourdissement de la jambe gauche, qui fut, au dire du malade, presque complètement paralysée le lendemain.
Etat actuel. — Sauf une légère douleur pendant la marche dans le mollet droit, les phénomènes douloureux ont presque complètement disparu, et le malade ne conserve actuellement qu’une gêne de la marche qui va d’ailleurs en diminuant.
La pointe du pied gauche traîne légèrement sur le sol et le malade stoppe en marchant.
Examen de la motilité. — À la jambe gauche il révèle une paralysie du jambier antérieur et des extenseurs : le gros orteil ne peut effectuer qu’un mouvemént d'extension très diminué. L’extension des autres orteils est affaibli dans les mêmes proportions.
L’abaissement du pied est bien conservé tandis que l’élévation est très limitée el s'accompagne d’une légère élévation du bord externe du pied.
La motilité est bien conservée dans le reste du membre inférieur gauche.
Rien de particulier dans le membre inférieur droit, ni dans les muscles abdominaux.
On constate une légère atrophie des membres de la loge antéroexterne de la jambe gauche, avec une diminution de près de 2 centimètres de la circonférence du mollet gauche. L'examen électrique pratiqué le 3 novembre montre une DR très prononcée du jambier antérieur, de l’extenseur commun des orteils, ainsi que de l’extenseur propre à gauche.
Les péroniers latéraux et les muscles de la loge postérieure de la jambe réagissent normalement, ainsi que les muscles du do-
maine du nerf crural et le biceps : on note seulement une DR
très légère (sans inversion) du grand adducteur, du demi-membraneux et du demi-tendineux,
Tous les muscies de la jambe droite réagissent de façon normale.
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et thermique
Hypoesthésie thermique et douloureuse