INTRODUCTION
Dans le courant de l’année, malheureusement inachevée, que nous avons passée, au début comme exterre, et depuis quatre mois comme interne provisoire dans le service de M. le professeur Déjerine, nous avons souvent eu l’occa-
sion, soit aux vivantes leçons magistrales de notre maître,
” soit à la consultation si fréquentée de la clinique Charcot,
de voir de nombreux cas de sciatique radiculaire. Depuis de longues années M. le Professeur Déjerine,tant dans son enseignement que dans de nombreuses publications faites avec ses élèves, a révélé le rôle joué en pathologie nerveuse par les radiculites en général et a insisté particulièrement sur les radiculites sciatiques, sur leur fréquence, sur leur étiologie presque toujours syphilitique et sur la nécessité d’un traitement précocement institué.
Nous avons observé nous-même plusieurs cas de sciatique fadiculaire et notamment plusieurs formes de scisatique dissociée à prédominance de troubles paralytiques.
Nous nous sommes proposé d'étudier les différentes dissociations radiculaires, sensitives ou motrices, et surtout
nous avons tenu à montrer le nombre considérable de Polonovski 1
radiculites sciatiques encore ignorées de beaucoup de praticiens et qu’un diagnostic précoce permettrait de guérir au début de l’évolution spécifique.
« Il est vraisemblable, écrivaient MM. Déjerine et Beaudouin (1), en 1911, que existence des radiculites apparaîtra de plus en plus fréquente à mesure que l’on dépistera même leurs formes frustes et légères. » Et certes,cette prévision ne pouvait s'appliquer mieux à aucune autre radiculite qu’à la sciatique radiculaire. Le nombre de radiculites légères uniquement caractérisées par une hypoesthésie,que seul un examen méthodique et consciencieux du malade permet de déceler, et par une abolition ou une diminution du reflexe achilléen que l’on a confondues avec des sciatiques névrites ou névralgiques, est considérable.
« Depuis que l’attention des neurologistes a été attirée sur ce point nous avons systématiquement recherché la radiculite. Très souvent nousl’avons rencontrée aux membres inférieurs. Si l’on compare même les cas de radiculite à ceux de polynévrites, nous avons plus fréquemment rencontré la radiculite que la névrite périphérique localisée à
un nerf (la polynévrite infectieuse généralisée mise à part).
« Nous avons été beaucoup plus souvent en présence .
d’une radiculite des membres inférieurs que d’une sciatique vraie (2). » |
Nous n’avons relevé dans la bibliographie qu’une soixantaine d'observations de sciatique radiculaire caractéristique :
ce petit nombre tient certainement à ce que la notion de (1) Desérine et BraupouiIn, La pathologie radiculaire (Paris Médical, 1911, p. 386).
(2) MIRALLIÉ, Progrès Médical, 1908, p. 18.
radiculite n’est pas encore suffisamment connue et que les nombreux cas des formes à prédominances de troubles sensitifs passent inaperçus ou se confondent encore avec les névrites ou les névralgies sciatiques. ;
“Au moment où, par cette thèse, la Faculté veut bien consacrer nos efforts et tout le travail que nous avons fourni depuis le début de nos études, alors que, dans les circonstances actuelles, cette consécration va coïncider pour nous avec notre départ-pour un théâtre plus rapproché des opérations de guerre, alors que nous nous proposons d'appliquer de suite, de notre mieux et avec tout notre zèle, tout notre dévoüment et toute notre patriotique abnégation, les quelques connaissances que nous venons d'acquérir, nous voulons remercier ici tous ceux à qui nous les devons.
Qu'il nous soit permis tout d’abord d’adresser à notre premier maitre, M. le Professeur Desgrez, toute notre gratitude pour l’aide si bienveillante et si paternelle qu’il a toujours bien voulu nous prodiguer et l'expression de notre plus profonde reconnaissance.
Nous remercions nos maitres, nos premiers initiateurs de l’Art et de la Science médicale, M. le Professeur Achard chez qui, tout jeune bénévole, nous avons fait nos premières armes, et M. le Professeur Thiéry, à qui nous tenons à adresser nos profonds remerciements pour toute La bonté qu’il a toujours eue pour nous.
Nous gardons un précieux souvenir de l'année que nous avons passée chez M. le docteur Monthus et le remercions chaleureusement de son amical enseignement qui nous a déjà rendu tant de services.
Nous avons eu l’heureuse fortune d’être l’externe de
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M. le D: Lesné et le remercions des bonnes notions de clinique qu’il nous a données.
Mais qu’il nous soit surtout accordé d’adresser ici à M. le Professeur Déjerine l'expression de la profonde reconnaissance que nous lui devons pour son enseignement si lumineux, pour les bons conseils qu’il nous a toujours donnés et surtout pour l’inépuisable bonté avec laquelle notre maître aimé et respecté a bien voulu nous guider pendant l’année que nous venons de passer à la Salpétrière et au cours de ce présent travail.
Nous prions Mm° Déjerine de bien vouloir nous permettre de lui adresser également, avec nos respectueux hommages, l'expression de nos chaleureux remerciements.
Paris le 7? décembre 1914.