‹ Contribution à l'étude de la sclérodermieChapitre 11 sur 12 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

On peut dire que le traitement a varié avec chaque thérapeutiste. On a successivement employé les diaphoniques, les purgatifs, les diurétiques; les antiphlogistiques ont été essayés, la saignée, les sangsues. On a eu recours aux modificateurs de la nutrition, à farsenic, au sulfate de quinine, aux alcalins, à l’iodure de potassium. On a administré le mercure sous plusieurs formes, poussé même jusqu’à salivation. L’électricité sous forme de courants continus a produit quelques succès. Les frictions avec la pommade de cigüe de belladone, les onctions narcotiques, les fomentations adoucissantes ont réussi à calmer certaines douleurs.

Les emmenagogues dans les cas d’aménorrhée, les toniques, l’hygiène, le fer, l’huile de foie de morue, le quinquina, l’hydrothérapie ont pu être utiles contre l’état général.

Les bains alcalins, sulfureux, les bains de vapeur, l’enveloppement de caoutchouc n’ont pas été négligés.

Les eaux de Luchon auraient produit un effet satisfaisant. Enfin on a employé^avec un certain succès le bromure de potassium et le salicylate de soude.

Nous recommandons surtout, outre un régime tonique, le massage et particulièrement les frictions avec Fhuile de foie de morue. A l'aide d’un bandage approprié nous protégeons les parties malades et nous nous attachons à saisir toutes les indications que peuvent présenter les conditions individuelles.

Observation XIIe [résumée) empruntée à Crocker (Lancet, mai 1885). — Sclérodermie généralisée.

Homme, 48 ans, alcoolique, a eu plusieurs accès de goutte. La lésion a une distribution symétrique, elle occupe les membres supérieurs excepté les mains, et la plus grande partie du corps ; aucune ligne sensible ne sépare les régions malades des parties saines ; la peau est raide et dure et ne peut que difficilement être détachée des tissus profonds; les mouvements des bras sont limités et lorsque le malade essaye de mettre les mains sur la tête il ressent une tension spéciale dans la peau du tronc et des cuisses Le début a été lent et insidieux, la maladie a mis huit mois pour atteindre son maximum et après avoir passé par plusieurs périodes d’amélioration et d’aggravation elle semble aujourd’hui tendre d’une manière insensible et graduelle à une guérison complète.

Observation XIIIe [résumée). Crocker (Lancet, 1885). Sclérodermie généralisée et sclérodermie en bande.

Jeané R..., blanchisseuse, 67 ans.

Début par de la raideur des articulations de l’épaule, du coude

et des doigts ; quatre mois plus tard induration de la poitrine et de la nuque. Puis les articulations des membres supérieurs s’immobilisèrent; de la raideur envahit la face à tel point que la malade pouvait à peine ouvrir la bouche , il y avait de violentes démangeaisons au niveau des points affectés. Il n’existe aucune ligne de démarcation entre les parties saines et les parties malades. La peau, manifestement épaissie, est mobile sur les tissus profonds excepté à la face dorsale des mains où elle est dure comme du bois et peut à peine être pincé entreks doigts ; le cou est d’une coloration brun sale, la poitrine d’un blanc crémeux a un aspect lisse et brillant, les bras et les mains sont parsemés de points plus ou moins foncés. Le dos des pieds et des orteils sont également atteints ; une bande dure occupe le bord interne de l’articulation tibio-tarsienne s’étendant en partie sur-la jambe.

Sous l’influence d’une médication tonique et d’une série de bains turcs, une améliration notable s’est- produite.

Observation XIV (résumée). Crocker (Lancet, 1885).

Jeune fille de 13 ans. Début par des douleurs dans les bras. L’induration qui apparut 15 jours après occupait tout le corps excepté les paupières, la paume des mains et la plante des pieds mais la muqueuse de la joue droite était affectée. Dans l’intervalle se développe un eczéma de la tête, et des manifestations d’endo-péricardite. Amélioration notable en une semaine, mais guérison complète au bout d’un an.

Observation XV (résumée).

Jeane E...,39 ans, couturière, exposée fréquemment à des

courants d’air. Rougeole, érysipèle dans l’enfance. Rhumatisme musculaire à 21 ans.

Début par des douleurs dans les coudes et les mains, trois mois après gonflement des mains, des jambes et des pieds. Amaigrissement progressif. Les avant-bras, les mains et les doigts frappent par leur minceur et leur petitesse ; ils semblent appartenir à une enfant de douze ans. La peau, d’une coloration blanc jaunâtre striée de quelques vaisseaux dilatés présente une surface parfaitement lisse, sèche, dépourvue de poils, adhère intimement aux tissus sous-jacents et offre la sensation et l’apparence de l’ivoire. Aux membres inférieurs l’induration commence à la racine des orteils, s’étend sur la face dorsale du pied, la face antérieure de la jambe et les 2/3 inférieurs de la cuisse. La peau est jaunâtre, en certains points rosée, en d’autres où existent des capillaires dilatés. On trouve à la nuque 3 ou 4 petites nodosités de la grosseur d’un pois ou d’un haricot.

Observation XYI {résumée), Crocker (Lancet, 1885).

Priscilla F..., 38 ans, 6 grossesses toutes terminées par un avortement à 6 mois.

Début le lendemain d’un refroidissement par des douleurs et une tuméfaction des jointures, suivies bientôt d’une sensation de tension de la peau du cou, c’était, suivant l’expression de la malade, comme une corde tendue de la poitrine au menton. Douleurs terebrantes ou lancinantes, vertiges fréquents, engourdissements passagers. Amaigrissement. A la face il n’y a ni plis, ni rides, la peau est fortement tendue sur les os ; les radicules veineuses dilatées donnent un aspect marbré à la surface cutanée décolorée ; la poitrine est parcheminée, les membres supérieurs atrophiés, les doigts sont fléchis et donnent à la main l’aspect d’une griffe, souffle présystolique à la pointe du cœur avec dédoublement du 2G bruit à la base »

Observation XVII [résumée). Cracker (Lancet, 1885).

Mlle K. . .,30 ans. Sujette à des vertiges, des douleurs vagues, à des embarras gastriques déterminés par des vomissements et de la diarrhée. Plaque blanche sur la nuque, épaissie au centre, non entourée de zone vasculaire. La peau est dure, ne peut être plissée que difficilement mais non adhérente aux tissus sous-jacents. Un traitement tonique et l’emploi des courants continus n’amenèrent aucun résultat. Trois ans après la plaque disparut spontanément à la suite d’une fièvre typhoïde.

Observation XVIII (résumée). Crocker (Lancet, 1885).

Joyce M..., 38 ans, porte sur la cuisse droite plusieurs taches blanches apparues sans cause appréciable. La plaque la plus supérieure a seule une zone violacée à la périphérie.

Cette malade est atteinte d’un lupus érythémateux à la face. En 18 mois la guérison fut presque complète.

Observation XIX (résumée). Crocker (Lancet, 1885).

Sarah J,.., 17 ans. Sujette à des faiblesses, à des lipothymies et à de fréquents maux de tête. Présente disséminées sur l’avant-bras et le bras plusieurs plaques indurées à bords bien définis mais sans zone vasculaire ; les unes sont jaunâtres, les autres blanches. Sur la poitrine on en rencontre d’autres siégeant sur le trajet des nerfs intercostaux.

Observation XX (résumée.) Crocker Lancet, 1885.

Eilen T. . âgé de 10 ans, porte au front une plaque blanche dont la partie moyenne est jaunâtre et épaisse, tandis que la partie supérieure est blanche et amincie. Il n’existe pas de zone vasculaire.

Observation XXI (résumée.) Crocker Lancet, 1885.

William M. . âgé de 11 ans, a vu se développer en un mois, au niveau de l’omoplate, une plaque indurée, accompagnée de douleurs et d’élancements. Les bords mal définis se confondaient insensiblement avec la peau saine. Elle avait un aspect blanc cicatriciel avec quelques points brunâtres.

Observation XXII ( résumée ) Crocker Lancet, 1885.

L..., âgée de 30 ans, à la suite de chagrins de famille apparition en 8 mois d’un placard blanchâtre au-dessus de la clavicule droite. Aucune zone violacée.

Observation XXIII, Cas de Simpson. Crocker Lancet, 1885.

Fillette de 2 à 3 ans, présentait consécutivement à un tra uma-

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tisme du genou une bande sclérosée s’étendant depuis l’aine jusqu’au pied.

La peau était pâle, brillante, marbrée de points jaune-brunâtre* Il existait une teinte rosée à la périphérie.

Observation XXHfc Cas cFHutchinson. Crocker Lancet, 1885.

Louisa G.... âgée de 5 ans, présentait consécutivement à un coup de pied une traînée irrégulière, allant de la face dorsale des deux premiers orteils à la partie moyenne de la cuisse en suivant le dos du pied, la face antérieure de la jambe et le côté externe du genou.

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