‹ Contribution à l'étude de la sclérodermieChapitre 3 sur 12 · AYANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AYANT-PROPOS

Pendant notre séjour à l’hôpital St-Louis-, nous avons eu l’occasion d'observer plusieurs cas de sclérodermie. Cette affection nous a d’autant plus frappé qu’elle nous rappelait un fait analogue que nous avions vu au commencement de nos études médicales et sur lequel le diagnostic avait été longtemps hésitant. Rapprochant encore l’histoire de cette malade, chez laquelle notre excellent maître Monsieur le docteur Besnier reconnut une plaque de sclérodermie qui avait été prise pour un cancer en cuirasse ; nous avons cru être utile en rappelant F attention sur cette maladie, assez rare pour que nombre de praticiens ne Paient jamais rencontrée et qui survenant inopinément pourrait embarrasser des esprits non prévenus.

Mais c’est avec une certaine appréhension que nous aborderons l’étude d’un tel sujet. Quand un maître aussi distingué, une autorité aussi grande que M. Besnier dit : <c C’est à l’aide d’un pur artifice de nosographie que l’on a pu développer sur un thème unique la conception des états pathologiques divers que l’on réunit sous la dénomination étroite de sclérodermie. Ce n’est pas à une affection propre, susceptible d’être représentée selon la vérité dans un tableau d’ensemble, que s’applique en réalité ce

terme, mais bien à plusieurs espèces de clermato-scléroses distinctes par les conditions [pathogéniques, les lésions, les symptômes, la marche et la terminaison. L’œuvre nosologique et nosographique est presque tout entière à

remettre sur le métier » Ann. demi. 1880, nous ne

pouvons, avec nos faibles moyens, être à la hauteur d’une si grande tâche. Notre travail sera plus modeste, notre but sera d’exposer aussi exactement que possible l'état actuel de la science sur cette question et de grouper quelques observations nouvelles. Nous nous efforcerons surtout de montrer que, avec les seules connaissances acquises on ne peut être autorise à considérer la morphée et la sclérodermie en plaques comme deux maladies différentes et d'en faire des entités morbides ayant des symptômes distinctifs et des caractères spécifiques. Dix observations inédites viendront à l'appui de notre thèse et feront ressortir assez clairement jnous l’espérons, la légitimité de nos propositions.

Mais avant de nous mettre à l'œuvre qu’il nous soit permis de remercier notre excellent maître M. le docteur Besnier dont les leçons ont tant contribué à notre ins-

truction médicale, et Monsieur le professeur Fournier qui a bien voulu nous faire l’honneur d’accepter la présidence de notre thèse. Que MM. les docteurs Landrieux et Cadet de Gassicourt reçoivent ce faillie hommage de notre gratitude.

Toute notre reconnaissance à notre éminent interne M. le docteur Perrin pour les bons conseils qu'il nous a donnés et à notre ami T. Reblaub à qui nous devons les traductions dont nous avons eu besoin.

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