‹ Contribution à l'étude de la sclérodermieChapitre 15 sur 19 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

La thérapeutique de la sclérodermie se ressent de l’insuffisance des notions étiologiques et pathogéniques. Et pourtant divers traitements ont été mis en usage ; chaque auteur a essayé un remède d'accord avec sa théorie, et l’échec de la médication est venu prouver, dans presque tous les cas, la fausseté des idées ayant cours sur la nature de la sclérodermie. C’est ainsi que les antiphlogistiques ont été mis en avant par les partisans de l’inflammation ; les émissions sanguines ont paru donner quelques résultats dans les cas de Curzio, Thirial, Forget : mais dans tous les autres cas où on les a employées, l'effet à été nul, et dans quelques observations, préjudiciable. Ce n’est pas une raison pour condamner ce moyen d’une façon absolue; on peut le mettre en usage dans quelques circonstances, au début de la maladie et quand la phlogose domine ; mais plus tard, et surtout à la période de cachexie, il est formellement contre-indiqué. C’est dire que, dans la sclérodermie comme dans les autres maladies, le traitement repose sur les indications. |

Quelle que soit la théorie, la nutrition est toujours profondément déviée, et en outre il existe souvent des manifestations d’états généraux concomitants qui, cause ou effet, contribuent à la déchéance organique.

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Les indications en présence desquelles on se trouve sont donc les suivantes :

1° Combattre les complications ;

2 Rétablir la nutrition déviée.

Si donc le sujet atteint présente des manifestations anémiques ou chlorotiques, de l’aménorrhée, des accidents scrofuleux, syphilitiques,rhumatismaux, qui compliqueraient la situation, il faut, avant de songer à modifier l’état de la peau, s'adresser à ces états morbides et les traiter par des moyens appropriés.

Quant aux agents susceptibles de combattre l’acte morbide qui fait le sujet de notre étude, leur nombre et les critiques auxquelles ils ont tous donné lieu sont un sûr garant de leur non spécificité.

L'iodure de potassium a été préconisé par Grisolle, et employé dans beaucoup de cas; Follin, Pla, Fournier et bien d’autres n’en ont obtenu aucun résultat.

Un autre altérant qui a été vanté est le mercure : on la employé à l’intérieur, et à l’extérieur sous forme de frictions (Arning) ; Curzio a obtenu un succès en combinant le mercure avec la saignée et les bains de vapeur.

Ces derniers ont été mis en usage par Fantonetti, Forget, Hillairet; d'autres diaphorétiques ont été employés par Alibert, des purgatifs par Fantonetti, des diurétiques par Alibert et Rodet.

À côté des divers moyens éliminateurs nous citerons : le sulfate de quinine associé à l’opium, qui a donné des succès à Heusinger et Marrotte ; les frictions narcotiques, avantageusement employées dans quelques cas accompagnés de douleur ; les vésicatoires (Rodet). L’hydrothérapie et le massage (Hillairet) ont été conseillés ; les bains au sulfate de fer ont été employés par Gillette.

L'usage interne des eaux minérales alcalines n'a donné

A — aucun résultat; nous n’en dirons pas de même des bains alcalins, qui ont toujours produit au moins des améliorations passagères. Les bains sulfureux pris à la station, Luchon, par exemple (Dufour), ont, dans un cas, rendu la peau plus souple et moins tendue, mais ont provoqué des poussées pemphigoïdes ; dans notre observation les eaux des Fumades n’ont

amené aucun bénéfice, pas plus que les eaux de Lamalou et de Balaruc.

L’électricité, sous forme de courants continus, est peut-être appelée à donner de meilleurs effets; Horteloup, qui l’a employée des premiers, rapporte qu'après chaque séance, la peau devenait très rouge, très vasculaire, et paraissait moins dure et un peu plus extensible ; Panas et Natalis Guillot en ont obtenu quelques avantages; Armaingaud, de Bordeaux, et Schwimmer citent de véritables cures à la suite de son emploi.

Enfin, quand les divers moyens signalés ne donnent aucun résultat, on peut, dans le cas où la gêne locale est trop intense, recourir aux procédés chirurgicaux et praiiquer des incisions dans les points où la peau est le plus tendre (Foliin, Mirauit d'Angers) ; l’amputation des phalanges est indiquée quand il existe des ulcérations profondes de ces organes avec nécroses véritables (Mirault). Hillairet et Follin font remarquer qu’après ces opérations la cicatrisation a été lente et difficile à obtenir.

En résumé, lorsqu'on se trouve en présence d’un malade atteint de sclérodermie, les moyens les plus rationnels à mettre d'emblée en usage, sans parler du traitement de l'affection, sont : l’iodure de potassium, les toniques, les bains alcalins et l’électricité. Malheureusement, malgré l’emploi des agents qui paraissent le mieux indiqués, les guérisons sont rares, et l’on peut conclure avec Gillette : «Les traitements employés ont été des plus variables ; mais, énergiques ou expectans, ils sont arrivés à peu près au même résultat, c’est-

ER ee à-dire àla persistance du sclérème, ou à une guérison tellement lente qu'on ne saurait dire sous quelle influence elle s’est. établie. »

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