INTRODUCTION
Nous fûmes frappé, il y a deux ans, en suivant la visite de M-le professeur Combal, de l'aspect particulier que présentait une malade: sa peau, luisante, amincie, fortement appliquée sur les os et les parties sous-jacentes!; la gêne qu’elle éprouvait à se mouvoir; ses mains, déformées, attirèrent tout de suite notre attention.
Le diagnostic connu, l’observation recueillie, le sujet étudié, nous nous sommes aperçu que cette observation différait en quelques points des faits publiés jusqu'ici, ou du moins qu’elle présentait quelques particularités rares et méritant par conséquent d’être signalées. Voilà pourquoi, malgré le nombre des travaux consacrés à la matière, malgré les écrits plus ou moins récents résumantune question qui depuis son origine a tellement préoccupé et préoccupe encore le public médical, nous n’avons pas hésité à choisir la Sclérodermie comme sujet de notre Thèse inaugurale.
Mais le cadre de la sclérodermie est vaste ; nous croyons, . avec M. le professeur Grasset, à l'identité de cette maladie, au point de vue de sa nature, avec la trophonévrose faciale et la gangrène symétrique des extrémités : « De même, dit M. Grasset (1), qu'on ne fait plus de la scléro-
(1) Grasset et Apolinario, Montpellier méd., 1870, t. XL, p. 1.
dermie et de l’hémiatrophie faciale deux maladies distinctes, mais seulement deux manifestations possibles de la même maladie chez le même sujet ; de même nous croyons que la sclérodermie et l’asphyxie locale des extrémités ne sont pas deux maladies distinctes, mais seulement deux manifestations possibles de la même maladie chez le même sujet. »
Les trois maladies ne sont que des espèces d’un même genre, ou, pour parler le langage de l'Ecole, des actes morbides différents dépendant d’un même état morbide. Si donc un malade présente les symptômes superposés de la sclérodermie et de l’asphyxie locale ou de la trophonévrose faciale, on ne doit pas dire qu’il y a les deux maladies superposées, mais seulement une forme complexe d’une même maladie.
Tout en affirmant, dès le début, notre conviction à cet égard, nous ne pouvons avoir la prétention detraiter ici ces trois variétés d’un même fond morbide; nous nous occuperons seulement de la sclérodermie au sens qui lui a été attribué jusqu’à ce jour ; et encore, vu l’amplitude du sujet, négligerons-nous quelques points traités à fond dans des thèses récentes, pour insister spécialement sur les parties qui nous paraitront mériter le plus d'intérêt.
Qu'il nous soit permis, au début de cette étude, de remercier vivement M. le professeur Combal, qui a bien voulu nous autoriser à publier une observation recueillie sous sa direction dans le service de la clinique médicale.
Nous nous acquittons d'un devoir bien agréable en priantnotreamiM.Rauzier, interne des hôpitaux, d'accepter ici tous nos remerciements pour les bons conseils qu’il nous a prodigués, et qui nous ont permis de mener à
bonne fin certaines parties difficiles de notre modeste travail.
DE
LA SCLÉRODERMIE