HISTORIQUE
A côté de la scoliose essentielle des adolescents il existe une nombreuse classe de scolioses symptomatiques. Parmi elles tout un groupe est formé par les déviations latérales de la colonne vertébrale dans 12s affections nerveuses. On connaît, notamment, les scolioses de la paralysie infantile, du tabès, de la syringomyélie, la scoliose sciatique, la scoliose par contracture hystérique. L'étude de cette dernière, comme, du reste, de toutes les manifestations si variées de Ia névrose, est de date relativement récente.
On retrouve bien, dans les auteurs, des observations qui, par plus d’un point, rappellent l’hystérie, mais celle-ci n’est pas directement mise en cause.
C’est ainsi qu'une observation de Pravaz note une double inflexion du rachis, avec courbure principale
EN dorsale supérieure à convexité droite, par contracture du trapèze droit. La difformité, excessive, survenue à la suite d'une émotion, guérit en un an.
Landry, en 1855, publie un cas decontracture des muscles sacro-lombaires et carré des lombes chezune jeune fille de 18 ans qui s'était exposée au froid, en sortant d’un bal, tout en sueur, au mois de jan-
vier 1853. Sept mois après,’ en août, à la suite d'une émotion vive, la déviation vertébrale disparut brusquement, du jour au lendemain.
Duchenne (de Boulogne), dans son « Traité de la Physiologie des mouvements », dit avoir vu plusieurs cas de flexion latérale de la colonne vertébrale Ilombaire par contracture uni-latérale du carré et peutêtre des intertransversaires.
Duret, le premier, en 1888, incrimine l'hystérie, dans un cas de cypho-scoliose, chez un homme de 23 ans, lesieur Jh.C..., dont les antécédents hérédi-
taires étaient chargés au point de vue nerveux. Ce
jeune homme eut une sciatiqueen 1885; puis,quelque temps après, une attaque. Le lendemain de cette attaque, il y avait de la paralysie des réservoirs et on notait de l’anesthésie périnéale ; il se plaignait,de plus, de douleurs en ceinture avec irradiations dans les cuisses sur le trajet des nerfs cruraux et sciatiques, tous accidents qui disparurent en partie à la suite de l'application d'une ceinture de gros sous et de la suggestion. Le sujet fut considéré comme un hystérique.
Quatre mois après,en août 1887, le maladerevient avec de l’anesthésie périnéale et de la constisation
Sr ES | par paralysie rectale, symptômes qui ne cédèrent cette fois n1à la ceinture métallique, ni à la faradisation rectale, ni à la suggestion. Enfin, en janvier 1888, apparaît à la région lombaire, une saillie très étendue : cypho-scoliose gauche de 2 cent. 1/2 de flèche. La partie latérale gauche de l'abdomen du malade vu de face présente une dépression extrêmement profonde, produite par une inclinaison forcée et des plus remarquables de la cage thoracique qui s'est considérablement rapprochée du bassin. Démarche très difficile, à demi-fléchi. Disparition par une chloroformisation.
__ Le lendemain, léoère déformation, mais il suffit de dire au malade : « Tenez-vous droit, vous le pouvez »,pour obtenir une rectitude parfaite. Grancher, cité par Besson (thèse de Paris, 1888), rapporte l'observation d'une petite fille de 8 ans, Cécile V..., qui,trois mois après une chute,présentait ‘une cypho-scoliose à convexité gauche de 4 à 5 cent. de flèche ; les apophyses épineuses et surtout Îles masses sacro-lombaires étaient très douloureuses spontanément et à la pression. Aucun stigmate dela névrose.
-Landois (thèse de Paris, 1890) publie, à son tour, l'observation d'une jeune fille, Mile C..., âgée de 12 ans, dont la mère est hystérique et qui,elle-même, a eu des rhumatismes, puis des tics, et enfin présente à l'époque où on l’observe, une instabilité, un besoin
* incessant de se remuer et une irritabilité de caractère qui font plutôt penser à de la chorée qu'à de : Thystérie ; d’ailleurs pas de stigmates. Scoliose Ilom-
OMIS baire droite; les fausses côtes gauches touchent presque la crête iliaque; l'épaule gauche est abaissée. Guérison par des douches froides, des frictions, de la gymnastique. |
Danssathèsesur les « Déviations vertébrales neuropathiques »,Hallion (Paris, 1892)insistesurce faitque la scoliose essentielle des adolescents peut être associée à l’hystérie chez le même individu ; maisiln'ya pas,pour cela,rapport de cause à effet entre la névrose et la déviation vertébrale, il y a simplement coïncidence ; de plus, il s'agit presque toujours de contractures hystériques du carré des lombes, sans rotation vertébrale.
L'année suivante (1893) Vic fait le premier travail d'ensemble sur la scoliose hystérique dont il donne deux nouvelles observations que voici, d’ailleurs, brièvement résumées :
OBsERVATION I. — Berthe R..., 11 ans, pas d’antécédents suspects. Vers la mi-mai 1800, chute sur le côté droit, à la suite de laquelle se montre, dès le lendemain matin, une déviation considérable de la région dorso-lombaire, avec convexité à gauche et raideur musculaire. Guérison par la suggestion, des
douches froides et la chloroformisation. En septem-—
bre 1890, nouvelle chute, nouvelle scoliose identique. Guérison par les mêmes procédés.
OBSERvATION II. — Albertine V. .,12 ans1/2.Antécédents héréditaires : du côté du père, rien de spécial ; la mère, nerveuse, dit se rappeler, à propos de
PACS TENTE ROSES
EE Re Vo Paccident arrivé à sa fille, qu'elle-même, à 15 ans 1/2, est restée penchée quelque temps sur un côté ; son buste se serait redressé tout d'un coup. La petite Albertine est née à 7 mois 1/2; d'un caractère irritable, elle rit et pleure pour un rien. Le rer octobre, placée comme bonne d’enfant chez un cocher, elle est chargée de porter sur ses bras, cinq à six heures par jour, un bébé de sept mois; le 8 octobre, après avoir été fatiguée la veille, elle se réveille penchée à droite. Le 10, elle entre dans le service de Lannelongue, où on note l'abolition du réflexe pharyngien et de l’hyperesthésie du flanc et du membre inférieur droits. Pas d'autre stigmate. À partir d: la septième dorsale, la colonne vertébrale présente une courbure dorso-lombaire à convexité gauche de plus de deux centimètres: de flèche. Guérison, le 19 octobre, par une potion de deux grammes de KBr, la suggestion à l'état de veille, et une douche froide journal'ère de trente secondes, en jet brisé.
Vic définit cette affection, une déviation latérale droite ou gauche de la région dorso-lombaire de la colonne vertébrale, survenant brusquement chez les adolescents, et particulièrement les jeunes filles, due à la contraction des masses musculaires de l’un ou de l’autre côté. Elle apparaît très souvent chez des individus vierges de toute marque un peu prononcée d'hystérie généralisée. La déviation vertésrale arrive à son maximum d'emblée; médiate ou immédiate, elle est toujours très marquée; c'est une contracture pure, sans lésion osseuse sous-jacente. Sa durée est fixée, par Vic, dehuit jours àun mois. Il insiste,dans
SAS le traitement, sur l'insuccès de l’électrisation, sur la valeur de l'hydrothérapie, du traitement moral (suggestion à l'état de veille, suggestion hypnotique) et de la chloroformisation. e
Dans une leçon sur les contractures hystériques, Pierre Janet, en 1805, cite un cas de Raymond,oùun jeune marin, à la suite d'une chute, fut atteint de scoliose lombaire par contracture, qui céda rapidement au massage et à la suggestion. D'autre part, il donne deux observations personnelles de déviations scoliotiques, chez des jeunes filles nettement hystériques, par contracture hystéro-traumatique des muscles latéraux de la colonne.
Mirallié estl'auteur de deux importants mémoires, l'un en 1896, l’autre en 1898, sur la scoliose hystérique, appuyés chacun d’une observation. Il ne donne le nom de scolioses hystériques qu'à celles où l'on constate, chez le porteur, des stigmates francs et, partant, 1] récuse presque toutes les observations pibliées antérieurement qui sont étiquetées par lui scolioses ncvropathiques, mais non hystériques.
Nous rapportons ici, partiellement résumée, la seconde de ces observations ; on verra, par la suite, qu’à plus d'un point de vue nos deux observations s'en rapprochent singulièrement.
I s’agit d’une femme de 45 ans, Mile F..., dont le père a eu deux attaques et est mort de la seconde. La mère est morte après deux ans d’une paralysie avant affecté le bras droit et la jambe gauche. Un frère mort tuberculeux. Trois autres frères vivants, mais tous nerveux et déséquilibrés. La malade, à 25 ans, se
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ET plaignit de faiblesse dans les membres inférieurs ; à 26 ans elle eut une paraplégie consécutive à une émotion vive, puis, en même temps, plusieurs crises nerveuses ; le tout guérit à la suite d’un pèlerinage à Lourdes. A 30 ans, blépharospasme ayant duré neuf jours, suivide trismus, de faiblesse des membres inférieurs et d'une cyphose qui disparut au bout de quelques jours ; à 36 ans, spasme de l'œsophage ; à 37 ans, contracture de la jambe gauche en flexion avec pied-bot varus équin, contractures survenant par crises plusieurs fois répétées. Un chirurgien fit alors la ténotomie des tendons des muscles du creux
__poplité. A dater de cette époque survinrent coup sur
coup des accidents multiples : aphonie, plusieurs crises de blépharospasme, contractures du bras droit, scoliose. La recherche des stigmates montre de l’hypoesthésie généralisée et pour tous les modes de sensibilité : tact, douleur, chaud, froid ; de plus, la malade localisait mal ses sensations, principalement sur le bras droit et la jambe gauche qui, seuls, étaient contracturés.
: Zones hystérogènes, sus et sous-mammaires, ovariques, axillaires. Léger rétrécissement du champ visuel. Le 8 août, la maladese réveille avec un blépharospasme tonique bilatéral ; la veille, un travail de broderie l'avait fatiguée. « Voulant nous rentre « compte, dit Mirallié, du degré de suggestibilité de « notre malade, nous adressant à notre interne, nous « lui disons que, parfois, on voit, chezces malades, à « la suite du Llépharospasme, apparaître une sco- « liose, d’ailleurs passagère, sans gravité aucune,
PURES guérissant toujours au bout de quelques jours. Puis, joignant le geste à la parole, rous inclinons la malade sur le côté gauche, comme pour mieux faire comprendre notre pensée.
Le 9, même état du blépharospasme. Nous découvrons le dos de la malade et nous faisons remarquer à haute voix qu'il n'ya pasde déviation rachidienne. Les jours suivants, leblépharospasme diminue progressivement pour disparaitre, le 18 août, sans qu'aucune déviation du rachis soit apparue. Huit jours après, le 25 août, apparait une nouvelle attaque de blépharospasme tonique prédominant du côté gauche, mais la malade présente un déjettement considérable du tronc vers le côté gauche. La scoliose occupé toute la colonne vertébrale ; elle commence à la région lombaire et envahit même la colonne cervicale. Dans son ensemble [a colonne vertébrale décrit une courbe à convexité droite dont la flèche mesure environ 2 cent. Le troncest rejeté en massevers la gauche; la perpendiculaire abaissée de l’acromion gauche tombe à 10 cent.environ dela hanche gauche ; le flanc droit est élargi et sa concavité normale a fait place à une convexité ; le flanc gauche est profondément excavé et les dernières côtes gauches sont presque au contact de la crête iliaque du même côté. L'épaule droite est sur un plannotablement plus élevé que l'épaule gauche. Tous les muscles des gouttières vertébrales sont douloureux au toucher, aussi bien à droite qu'à gauche. Quand on cherche à redresser la malade, on
ET provoque une douleur très vive et on ne réussit qu'à exagérer la déviation. La tête est légèrement inclinée sur l’épaule gauche, en même temps que la face est déviée vers la droite. En somme, léger degré de torticolis.
« Le lendemain la scoliose s'est accentuée, la flèche est de 3 centimètres. La malade soufire spontanément des masses musculaires du dos et ne peut faire aucun mouvement. Le torticolis s’est considérablement accentué, la joue est presque couchée sur l'épaule dont elle n’est distante que de deux travers de doigt. »
Puis apparaît un trismus et, enfin, le 9 septembre,
c'est-à-dire un mois après, scoliose, torticolis, blé-
pharospasme et trismus ont disparu et la malade se réveille en parfaite santé. Tout va bien pendant qua-
rante jours, lorsque, « vers le 15 octobre, elle eut une
nouvelle atteinte de blépharospasme qui dura neuf jours. Quatre jours après sa guérison apparut brusquement la scoliose avec torticolis. Relevons ce fait très important qu'ici il n'y eut aucune espèce de suggestion; la malade ne vit aucun confrère pendant cette atteinte de blépharospasme et la scoliose se développa spontanément par auto-
suggestion. Nous voyons la malade le 3 novembre.
La scoliose est très prononcée, absolument identique à la première atteinte : déjettement en masse de tout le tronc vers le côté gauche; élévation considérable de l'épaule droite; effacement du flanc droit et exagération du flanc gauche ; torticolis gauche; l’oreille gauche est presque au
MS ie | | contact de l'épaule gauche, le menton est dévié vers la droite. La verticale abaissée de l'acromion gauche tombe très en dehors du flanc gauche; la
flèche dépasse 3 centimètres. Spontanément la
malade ne souffre pas; mais les tentatives de redressement, la pression et même le simple contact des muscles des gouttières vertébrales sont extrêmement douloureux. La malade est absolument ankylosée. Toutes les articulations du rachis sont immobilisées ; la malade peut s'asseoir sur son lit sans aide, et encore le fait-elle tout d'une pièce, Comme soudée. Assise, le tronc s’incline fortement à gauche et la malade semble s'écrouler de ce côté. Tous les mouvements sont extrêmement douloureux. Ç
« Quand la malade est debout, le tronc s'incline
plus fortement à gauche encore; il semble que la malade s'affaisse de ce côté; la ligne des épaules est très inclinée sur l'horizontale; les angles des côtes du côté droit font une saillie très marquée en arrière, la tête s'incline à la fois en avant et à droite, adjoignant ainsi un léger degré de cyphose à la scoliose et au torticolis. L'état reste stationnaire pendant une semaine, puis, L2 12 novembre au matin, nous trouvons la malade complètement guérie. »
« Pour tout traitement, nous avons eu recours à la suggestion à l’état de veilie. Nous avons fait prendre à la malade quatre cuillerées à café, par jour d’une solution à 1 p. 100 d'hypophosphite de chaux; nous la prévenions que ce médicament
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« allait fortement la travailler, qu'elle sentirait pro- « bablement de très fortes douleurs dans le dos, « indice que ie remède agirait. Les douleurs pro- « duitss étaient à tel point intolérables que la malade « nous supplhia de diminuer la dose, ce que l'on « refusa évidemment de faire. En même temps on « frictionnait légèrement le dos de la malade avec « une pommade mentholée-phéniquée; la sensation « de fraicheur produite aida puissamment à l’action . € Suggestive ». |
Et Mirallié ajoute un peu plus bas : « Nous « n'avons pas la naïveté de croire à l’action cura- « tive de nos médicaments ; nous avons beaucoup «plus confiance dans le boniment (qu'on nous « pardonne ce mot qui nous semble le seul rendant « exactement notre pensée) qui précédait l'adminis- « tratioa du remède. »
Cette deuxième observation de Mirallié fait le sujet de la thèse de Houzix de la Brousse (Paris 1899).
Roux, en 1897, publie uaz observation de contracture bilatérale des muscles lombaires, mais sans déviation latérale.
Dans son « Traité de l'Hystérie », Gilles de la Tourette cit: Hallion, Vic et Mirallié, mais n'ajoute rien de personnel.
Redard (Traité des Diviations de la colonne verté- :
brale, Paris 1999) consacre un chapitre à la scoliose par contracture hystérique des muscles dorso-lombaires. Ilditen avoir observé quatrecas. Cette variété de déviation, ajoute-t-il,ne doit pas être considérée corame rare ; elle échappe souvent à un examen
EROD 2 superficiel et se trouve confondue avec des dévia- tions d'uneautre nature. Elle s’observe surtout chez
des jeunes filles qui n'ont encore aucun Sstigmate d'hystérie généralisée, où elle estsouvent la seule ou la principale manifestation de l'hystérie.
[1 S'agit ordinairement de contracture hystérotraumatique des muscles lombaires, sans courbures de compensation. Le pronostic, peu sérieux chez l'enfant, est beaucoup plus grave chez l'adulte et les jeunes filles adolescentes où l'affection est tenace, récidive et peut se transformer en une scoliose vraie, avec déformations osseuses et rétraction musculotendineuse définitive.
Nous avons, en outre, trouvé, dans la littérature médicale étrangère, quelques observations de scoliose hystérique qui ne sont pas relatées dans les travaux précédents.
Jasinski, en 1890, publie un cas de déviation rachidienne cervico-dorsale à droite avec scoliose et lordose lombaires compensatrices, parcontracture hystérique.
Embden, à la Société de Médecine de Hambourg (1897), communique l'observation d’une petite fille de dix ans qui, à ia suite de douleurs pleurétiques, présenta une attitude vicieuse caractérisée par ce fait que la partie supérieure du corps faisait, avec la partie inférieure, un angle de 1300. Pendant trois mois on fit de la suspension sans succès; à chaque séancelacolonnese redressaitavecla plus grande facilité, mais l'enfant reprenait son attitude vicieuse aussitôt qu’elle était à terre. Une application de pinceau
pe faradique, pendant une séance de suspension, suffit à fair: disparaître définitivement la scoliose.
Wegner, en 1898, rapporte un cas de scoliose hystérique chez une femme de 26 ans. La malade eut, à trois reprises, une déviation latérale de la colonne lombaire, apparue subitement et disparaissant spontanément, sauf à la dernière atteinte où, néinmoins,huit séances de suspension suffirent pour faire disparaître fa difformité.
Wertheim Salomonson, en 1899, consacre à l'attitude hanchée, accompagnée de scoliose d’origine hystérique, un mémoire fort intéressant. L'auteur communique deux observations qu’il fait suivre de considérations originales.[l compte,en tout, six cas de contractures hystériques de la hanche.Mais, pour lui, il ne s’agit pas de déviations par contractures, mais bien parasthénie. L'attitude vicieusen'estque l’exagération de l'attitude hanchée de Richer, aussi lappellet-il attitude hanchée hystérique avec scoliose.La scoliose est un symptôme secondaire, mais très important, car elle est hors de proportion avec l'attitude hanchée. Si on constate une certaine résistance, quand on veut corriger la position, c'est par une contracture qui s'établit au moment où l’on veut æexécuter le mouvement et qui fixe le membre dans l'attitude pathologique. Ce phénomène n'est pas rare dans l’hystérie.
En Italie, Erasmo de Paoli (1900) rapporte deux cas de scoliose hystérique. Dans le premier la contracture se déplaça brusquement de la région lombaire à la région cervicale. Dans le second il s’agit
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plutôt de torticolis hystérique. Toutefois cette observation met bien en lumière ce fait: à savoir que la contracture isolée d'un groupe de muscles peut être le premier symptôme d'une hystérie latente, précédant ainsi, quelquefois de plusieurs années, l'apparition de tout stigmate proprement dit.
Tout récemment Muskat a fait paraître, dans le Centralblatt für den Grenzgebiete (no 6, 1901), une monographie sur la scoliose hystérique que nous n'avons pu nous procurer.
Enfin Binswanger (Société Médicale d'Iéna, 5 décembre 1901) publie l'observation d’un jeune marchand de 21 ans qui eut une sciatique en janvier 1901. Pendant le traitement de la sciatique advint l'apparition d’une scoliose qui persista une fois la sciatique guérie, scoliose très marquée, à convexité droite, disparaissant sous l’anesthésie. Le -malade marchait penché du côté gauche; l'intervalle entre la crête iliaque et la dernière côte était, sur la ligne axillaire, de quatre centimètres à gauche et de huit centimètres à droite. Comme traitement on fit de la suspension, du massage, de l'hydrothérapie, et surtout de la suggestion psychique. Binswanger admet que deux processus distincts ont évolué chez son malade : d'abord une sciatique, puis une scoliose indépendante de la sciatique, puisqu'elle a persisté: après sa guérison. Cet homme était un hystérique, étant donné qu'il était porteur de zones hystérogènes. et que sa scoliose disparut par la suggestion.
l'els sont, rapidement exposés,les travaux publiés
LATE AE jusqu'à ce jour sur les déviations rachidiennes par contracture hystérique. |
À toutes les observations que nous avons relatées nous en ajoutons deux que nous avons eu la bonne. fortune de noter dans le service de M. le professeur agrégé Gangolphe,chirurgien-major de l'Hôtel-Dieu de Lyon.