‹ Contribution à l'étude de la scoliose hystériqueChapitre 6 sur 13 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

H..., 15 ans. Salle saint-Martin,lit n° 27.

Pas d’antécédents héréditaires nerveux. Dans ses antécédents personnels, nous ne relevons que la rougeole dans le jeune âge. Elle est réglée irrégulièrement depuis le mois de juin 1901.Quand l’affection actuelle a débuté, elle allait à l’école depuis plusieurs années ; parmi ses camarades se trouvait une petite fille,du même âge qu'elle,qui était atteinte d’une déviation vertébrale.

En avril 1901, elle se plaint à ses parents d’une douleur dans l'épaule droite. Ceux-ci constatent que cette épaule est plus haute que celle du côté opposé. Rapidement apparaît l’inclinaison à gauche de la colonne vertébrale, en même temps qu’on remarque une légère boiterie Un médecin, consulté, envoie la petite malade à Lyon, où elle fait un premier séjour dans le service, jusqu'au 27 juin, Sans en

IN gr

éprouver aucune amélioration. À sa sortie, la diffor-

mité est très marquée, la malade boite. Jusqu'en septembre 1901, ces deux phénomènes, difformité, et claudication, augmentent légèrement d’intensité et, depuis, sont absolument stationnaires.

Actuellement, janvier 1902 : à l'examen de la malade debout vue de dos, ce qui frappe immédiatement c'est l'élévation considérable de la hanche gauche, en même temps que l’abaissement très marqué de l'omoplate du même côté ; l'épaulegauche fait un plan très incliné en dehors. La ligne épineuse se sent très bien de haut en bas, sans torsion des apophyses ;elle présente une courbure dorso-lombaire à grand rayon,concave à gauche,dont la flècheest de cinq centimètres.Dans les muscles latéraux-vertébraux gauches on voit se dessiner,sous la peau,des contractions non pas fibriMaires, mais fasciculaires involontaires. En outre, en saisissant à pleine main, entre le pouce d'un côté et les autres doigts de l’autre, l’espace iliocostal'gauche, on sent très bien les masses musculaires tendues, contracturées, donnant une sensation de dureté qu'on apprécie mieux encore en palpant simultanément les deux côtés.

La courbure dorso-lombaire peut être redressée par des pressions manuelles ; 1l est même possible de reproduire la déviation en sens inverse, mais on constate alors que. si la malade est debout, le bassin du côté gauche s’élève,la crête iliaque remonte, le membre inférieur, rigide, est entrainé et ne touche plus le sol que par la pointe du pied.

Pas de point vertébral douloureux spontanément,

HQE

au repos, ni dans les mouvements, ni à la pression directe sur les apophyses, ou indirecte sur les épaules ou la tête.

Si l’on fait marcher la malade, elle boite très bas ; le membre inférieur gauche, rigide, se meut avec le bassin, remonte et descend avec lui pour faire le pas, en même temps que le thorax s'incline fortement à gauche, au moment où le pied touche le sol, semble s'enfoncer dans le bassin et fait passer les fausses côtes en dedans de la crête iliaque.

Les os des membres ne présentent rien d'’anormal;

-pas de rachitisme,

Aucun trouble viscéral ; rien au poumon, ni au cœur. Pas de souffles anémiques.

A l'examen du système nerveux, on constate les phénomènes suivants : une zone longitudinale d’anesthésie, de forme ovale, au niveau de la ligne épineuse lombaire ; un dermographisme extrèmement marqué ; de l’anesthésie pharyngée et cornéenne. Les réflexes plantaires sont absents ; le réflexe rotulien exagéré des deux côtés. Pas de rétrécissement du champ visuel. Pas de zones hystérogènes ; jamais de crises. La malade est nerveuse, agitée, d'un tempérament irritable. Les urines ne contiennent pas d’altumine. Pas de température.

OP es

Page 1