‹ Contribution à l'étude de la sédimentation globulaire chez les cancéreux (influence d'un champ électrique sur la sédimentation)Chapitre 11 sur 62 · ORIGINE DE CETTE CHARGE · texte numérisé non relu

ORIGINE DE CETTE CHARGE

Nous touchons ici à une question complexe, encore mal élucidée, où interviennent des phénomènes de perméabilité de membrane et de dissociation électrolytique.

Le protoplasma globulaire et le plasma sanguin constituent deux milieux différents séparés par la pseudo-membrane cellulaire.

Chacun de ces milieux tient en solution des particules électrisés provenant de la dissociation électrolytique des acides, bases, sels minéraux, et provenant aussi de la dissociation des protéines.

Ces derniers corps répondant à la formule générale OH — R-—H+, sont des ampholytes capables de libérer par dissociation, d’une part des ions H+, d'autre part des ions OH La proportion relative de l’ampholyte cathion RH+ et de lampholyte anion ROH-- change avec le pH du milieu dans lequel ils se trouvent, Autrement dit, la charge électrique de l’ampholyte change suivant le pH du milieu. Il existe une valeur du pH où la dissociation de la valence acide étant égale à la dissociation de la valence basique, le corps ne possède plus de charge électrique. Cette valeur du pH est le point isoélectrique. Pour une faible variation du pH autour du point isoélectrique, on observe une variation considérable dans la répartition des char-

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ges + et —. Ces modifications de pH du milieu étant dues à des variations de concentration des électrolytes minéraux, on conçoit la variabilité de l’état électrique pour de faibles modifications chimiques.

Du fait de la pseudo-membrane cellulaire, les ions sont inégalement répartis dans le protoplasma globulaire et dans le plasma sanguin.

Au niveau de cette membrane, deux ordres de phénomènes vont se produire

Phénomène d'absorption. — Le plasma sanguin étant normalement alcalin, les ions négatifs, en excès vont se fixer sur la membrane et lui communiquer leur charge. Dès lors, seuls les ions positifs pourront filtrer à travers la membrane. Il s'établit ainsi une perméabilité sélective d'ordre physique, qui a pour conséquence une différence de concentration ionique des deux côtés de la membrane, créant une charge électrique globulaire dont la valeur est donnée par une formule simple :

Phénomènes de dissolution. — La membrane cellulaire est, en réalité, la condensation des albumines et des lipoïdes qui, par suite des phénomènes de tension superticielle, se portent à la périphérie des globules.

Starlinger, Bercfeller et Wastle admettent que la couche des polypeptides situés à la périphérie des hématies joue le rôle de colloïdes protecteurs.

Parmi les albumines plasmatiques, on distingue classiquement trois catégories d'éléments : le fibrinogène, les globulines et l’albumine ou sérine, Le fibrinogène possède la plus grosse molécule : c’est un élément de basse dispersion. La globuline vient immédiatement après pour la grosseur de sa molécule ; enfin, la sérine est un élément de haute dispersion grâce à sa petite molécule (Hersteld et Klinger). Fibriñogène et globuline sont susceptibles de remplacer les polypeptides situés à la périphérie des hématies par leur solubilité plus grande, et,

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chargés positivement, déchargent l'hématie par leur électricité contraire.

C'est ainsi que lon a voulu expliquer le rôle joué par les albumines plasmatiques dans la sédimentation globulaire (Hüber et Mond, Œttingen), rôle déjà remarqué par Hunter pour le fibrinogène ; plus tard, Kopacewski, Turries, Popper et Kreindler concluent au parallélisme entre la teneur du plasma et la vitesse de sédimentation, et à l'importance du rapport S/G qui, lorsqu'il augmente, diminue la vitesse de sédimentation.

Pour la mesure de la charge électrique des hématies, deux méthodes ont été utilisées ; aucune ne donne de résultat indiscutable.

Méthode par cataphorèse. — Consiste à observer la vitesse que prennent les globules dans un tube de cataphorèse lorsqu'ils sont soumis à un champ électrique connu —— compte tenu de la viscosité du milieu. Cette vitesse est évidemment proportionnelle à la charge des hématies.

L'inconvénient de cette méthode, c’est que, sous l'influence du courant électrique, des phénomènes d'électrolyse modifient la composition du plasma. D'autre part, les albumines se comportent comme des ampholytes, et leurs molécules se trouvent dissociées par le courant en de grosses particules qui sont transportées, elles aussi, par le courant, entraînant les hématies dans leur déplacement.

Il faudrait théoriquement opérer sur des hématies lavées et isolées de leur plasma, mais alors il semble bien qu'on modifie leur charge en les changeant de milieu.

Méthode par floculation. — Elle consiste à déterminer la quanté d'ions connus dont la présence est nécessaire pour rendre nul, dans le tube à cataphorèse, le transport des globules.

Cette méthode, inaugurée par Burton, a été employée par Hôber en utilisant comme réactif le lauthan, corps chargé trois TOiS E.

Mais, ici aussi, il faut opérer sur des hématies isolées de leur plasma, le lauthan précipitant les albumines plasmatiques.

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