‹ Contribution à l'étude de la sédimentation globulaire chez les cancéreux (influence d'un champ électrique sur la sédimentation)Chapitre 8 sur 62 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

La sédimentation globulaire est connue depuis la plus haute antiquité. Gallien Pavait observée sur le sang des anémiques et attribuait à la « crusta phlogistica >» —— couche de sérum surnageant — une assez grande importance diagnostique et pronostique.

En 1797, Hunter cherchait déjà à en étudier les facteurs et attribuait une grande importance au fibrinogène et à la viscosité sanguine.

Biernacki, en 1893, met au point une méthode de sédimentation du sang oxalatée qui sera reprise plus tard par Cesari (1913), puis par Linzenmeyer, Westergreen, Cardier et Chaix, etc.

Gilbert et Weil, en 1898, étudient la sédimentation dans le purpura hémorragique.

O. Claude signale que la sédimentation rapide se rencontre de façon particulièrement fréquente avec le sang des anémiques.

Mais ce n’est qu'en 1917, après la communication de Fahraeus au Congrès de médecine et de chirurgie de Stockholm, que la réaction prit définitivement place dans les examens biologiques.

Fahraeus avait commencé ses études sur le sang de femme enceinte, il les étendit par la suite à de nombreuses maladies, infections aiguës ou chroniques, et constata que, dans toutes ces affections, la réaction était accélérée.

Dès lors, l’essor était donné, et de nombreux travaux parurent, visant, d’une part, à rattacher la S. G. à la clinique pour en faire un instrument de diagnostic et de pronostic, et, d’autre

part, à en expliquer le mécanisme.

UCX

Dans le domaine clinique, nous signalerons rapidement que les recherches ont porté, pour une grande part, sur la syphilis et la tuberculose.

Gaté et Sylvestre, en 1931, ont apporté une contribution très importante à la « sédimentation des hématies dans la syphilis acquise et sur les indications qu'on peut en tirer ». Ce travail résume bien la question. Contirmant les recherches de Corvisa et Grégoria, ils montrent que la S. G. est toujours accélérée dans la syphilis primaire et secondaire, qu’elle fléchit sous l'influence du traitement et reste stationnaire chez Îles spéciiques arsénio-résistants, Dans les syphilis anciennes et silencieuses, la sédimentation tend à se rapprocher plus ou moins de la normale.

Cordier et Chaix, en 1924, montrent que l’accéiération de la sédimentation a une marche parallèle à la gravité et à l’évolutivité de l’affection tuberculeuse.

La même année, Düll la considère surtout comme un test thérapeutique : d’une façon générale, l'amélioration locale et générale coïncide avec un abaissement de la V. S. et réciproquement.

Forestier, en 1931, étudie la sédimentation globulaire (S. G.) dans les affections articulaires, elle lui permet de distinguer les arthrites, processus infectieux où la S. G. est accélérée, des arthroses, processus d'ordre dégénératif où la S. G. est normale.

Enfin Dubarry, dans sa thèse de 1934, fait une étude d’ensemble de la S. G. dans les maladies infectieuses, dans les infections aiguës et chroniques, dans les tumeurs cutanées, et en tire les conclusions suivantes

« Tout état pathologique paraît modifier la vitesse de sédimentation (V. S.) et la modifier à peu près toujours en laccélérant.

» Cette réaction, loin de donner une certitude mathématique, n'a que la valeur d’une indication : indication diagnostique de peu d'importance, car sans la moindre spécificité ; indication pronostique beaucoup plus certaine : par l'établissement de courbes de sédimentation, elle permet de suivre l’évolution d'une affection et d'apprécier l’efficacité des traitements, Elle

SPRER PRIE

paraît mesurer les moyens de défense mobilisés par le sujet contre son agresseur : c’est ainsi qu’à une affection légère correspond une accélération modérée de la réaction, qu’une infection importante, touchant profondément l'organisme, coïncide avec une V. S. très élevée. Mais une intoxication suraiguë, sidérant l’organisme dans ses moyens de défense, n’amène aucune modification de la V. S. »

Ces conclusions sont celles de tous les auteurs qu’elles résument, et, sur la signification clinique de la V. S., l'accord semble définitivement établi.

Il n’en est plus de même lorsqu'on aborde l'étude des divers facteurs de la S. G.

Nous ne saurions étudier ici en détail toutes les théories qui ont été proposées ; elles sont trop nombreuses.

Néanmoins, nous pouvons les ramener à quelques points essentiels que voici

L’accélération de la V. S. est favorisée ou dominée

Par le nombre et le volume des hématies (Biernacki, Frish, Starlinger, Rieux, Gram, Schurmeyer).

Par le cholestérol (Kürten).

Par la teneur du plasma en fibrinogène (Hunter, Adler et Peters, Bezançon, Weil et Guillaumin, Mukarani et Yamaguchi).

Ou en globuline (Adier, Sakac et Tsutumi).

Par la viscosité du plasma (Fahraeus).

Par la tension superficielle (Becker et Riner).

Par les intoxications médicamenteuses (véronal) (Claude).

La V. S. est ralentie :

Par le volume (Rane).

Par la charge électrique (Hüber et Mond) des hématies.

Par la teneur du plasma en sérine (Adler, Peters, Achard,

Cadounis et Hadjigeorges).

La V.S. est peu ou pas iniluencée :

Par le nombre et le volume des hématies (Racine, Cordier,

Chaix et Paufique, Achard, Cadounis et Hadjigeorges).

HT

Par l’hémoglobine (Peyre, Cordier, Chaix et Paufique).

Par la charge électrique des hématies (Starlinger).

Par la teneur en cholestérol (Salomon, Potter et Valtis).

En urée et en sucre (Cordier, Chaix et Paufique).

En globuline (Musa).

Par la densité (Mosinger et Grimaud) et la viscosité (Cordier, Chaix et Paufique), par la tension superficielle (Hahn).

Nous en avons assez dit pour montrer la diversité des facteurs invoqués. Cependant, depuis 1925, à la suite, semble-t-il, des travaux de Popper et Kreindler, une mise au point semble se faire, et la plupart des auteurs s'accordent pour reconnaître un rôle prépondérant au plasma, et en particulier aux albumines qu’il contient, Ces albumines interviendraient en modifiant la charge électrique des hématies, dont les variations apparaissent comme un facteur important de la S. G.

D'autre part, les travaux de Vlès et Coulon et de Rossier ont montré la relation qui existe entre le pH sanguin et la V. S., aux forts PH correspondant une V, S. augmentée. Notons en passant que les même auteurs ont constaté cette tendance à l’alcalose dans le cancer.

C’est en nous inspirant de ces travaux modernes que nous allons essayer, en en dégageant l'essentiel, de montrer comment on peut, à l’heure actuelle, envisager le mécanisme de la S. G.

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