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ETIDE CAPILLAIRE DE L'ETAT ELECTRIQUE DU SANG

Cette revue générale, peut-être un peu longue, des phénomènes électriques dont est le siège le plasma sanguin, à eu pour but de mettre en évidence (et nous espérons y être parvenu) l'existence d'un état électrique en équilibre à l'état normal).

Que l’on se place au point de vue colloïdal pur ou au point de vue des solutions vraies à molécules libres, cet état électrique existe,

On doit à Kopaczewski une importante étude de l'état électrique des colloïdes. Nous nous sommes basé sur un certain nombre de principes émanant de lui, pour effectuer une partie de nos expériences personnelles. Cet auteur détermine le signe électrique des colloïdes par deux méthodes que. nous avons réalisées nous-même : transport direct, électrophorèse et analyse électrocapillaire.

Nous indiquerons plus loin, en rapportant nos travaux personnels, la méthode d’électrocataphorèse employée.

Mais nous voudrions insister un peu sur la méthode capillaire qui fait depuis quelque temps l’objet d'expériences au laboratoire de physique sous la direction de M. le Prolesseur Wangermez.

Nous ne voulons pas reprendre ici l'historique de l'analyse capillaire. Disons seulement que cette expression a été créée par Gœppelsræder à la suite d’une étude approfondie des pouvoirs colorants de certaines substances utilisées par les teinturiers. Avant de teindre une étoffe, ceux-ci font tomber Sur elle une goutte de la matière colorante, et déduisent de

la grandeur de la tache, c’est-à-dire de la façon dont la substance diffuse dans le tissu, Le pouvoir colorant de cette teinture,

Cette pratique, ulilisée chaque fois dans des intentions différentes, est devenue peu à peu um moyen d'analyse, c'està-dire de séparation des divers éléments d’une solution par une action d'absorption s’elfectuant dans des capillaires très fins, tels les interstices entre les fibres des papiers buvards.

Deux méthodes permettent de réaliser cette analyse capillaire

— examen d'une goutte posée sur un buvard horizontal (nous en reparlerons plus loin);

— ascension du liquide étudié le long de bandelettes de papier filtre. C’est celle que l’on utilise au laboratoire, de même que Kopaczewski.

C'est Mlle Sahlbom et Fichter qui firent intervenir les premiers la charge électrique des colloïdes dans leur pénétration du papier filtre, aboutissant aux conclusions suivantes :

1° la hauteur à laquelle s'élèvent les colloïdes .dépend de leur charge électrique; ,

2° les colloïdes électronégatifs s'élèvent le plus haut et au même niveau que l'eau;

3° les colloïdes électropositils accusent une élévation

faible.

Kopaczewski, par la suile, S'est attaché à classer les diférentes matières colorantes utilisées dans l’industrie, selon leur charge électrique, leurs propriétés capillaires. Nombre de ces substances colorantes sont à l’état colloïdal (bleu de Nil +, vert de méthyl neutre, rouge Soudan —), et le résultat de chaque ascension capillaire Fut contrôlé parallèlement par lui au moyen de l’électrophorèse. Les résultats concordèrent, faisant foi, dans lP’analyse qui devient alors « analyse électrocapillaire ».

Disons tout de suite que cet auteur n’a jamais publié, à notre connaissance, d'étude à propos de l'ascension capillaire du sang.

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C'est ce que notre maître, le Professeur Wangermez, a réalisé pour l'étude de l’état électrique du sang total. Nous pensions qu'aucun travail n'avait été fait à ce sujet quand nous avons eu connaissance ces derniers jours seulement d'une publication hollandaise parue en 1925 (Mile Sluiter, Arch. neerl. physiol., 10, p. 340), mais dont nous n'avons pu avoir qu'une analyse dans un article de M. le Professeur agrégé -Piéchaud

« Par la méthode d'ascension verticale, elle est arrivée à découvrir deux faits importants : le rôle de la fibrine et le transport des globules rouges au long des fibres du papier.

» La hauteur d’ascension était faible avec du sang citraté, plus élevée avec du sang défibriné, et au maximum quand la dissémination des globules rouges avait été effectuée par la solution de Riuger et non dans le plasma du sang. Mile Sluiter est arrivée à observer microscopiquement le cheminement des globules rouges le long des fibres de papier filtre. L'absorption du sang donne une première surface sombre constituée par la masse des globules, Au-delà de cette surface s'étale une surface claire attribuée aux éléments liquides du plasma.

=» Cette zone claire, au lieu de disparaître insensiblement dans le papier, est limitée par une petite bordure sombre. Le mérite de Mlle Sluiter a été de montrer qu’elle était conslituée de quelques globules rouges emportés par le liquide el déposés sur la limite la plus externe de l'étalement. »

I ressort des données précédentes que le papier filtre agit comme s'il était doté d’une charge électropositive attirant le plus haut les particules électronégatives et soulevant même au-dessus de la ligne d’émergence des bandelettes de grosses particules électrisées comme les globules rouges.

Voici comment sont réalisées nos ascensions capillaires. Dans une éprouvette cylindrique de 20 centimètres dé hauteur, on introduit 2 cm? de sang citraté en les déposant au fond avec une pipette pour ne pas en répandre sur les parois. On suspend à un couvercle en liège une bandelette de papier

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filtre de 1 centimètre de largeur, dont la longueur a été calculée de façon que son extrémité inférieure vienne affleurer le niveau du sang du récipient. On laisse le tout au repos le plus complet pendant vingt-quatre heures par exemple.

Dès le début de l'expérience, on se rend compte que le papier filtre est imbibé d’une zone à peu près uniformément rouge, C'est le sang total qui ascensionne. Peu à peu se différencie au-dessus une zone plus pâle, qui augmente progressivement, jusqu'à la limite ascensionnelle du plasma, qui varie avec chaque sang considéré, aussi bien par son niveau que par son aspect (liséré).

Nous avons pu vérifier plusieurs fois qu'un sang qui sédimentait rapidement avait une hauteur ascensionnelle de faible amplitude quant au plasma lui-même et que celle des hématies était proportionnellement encore plus petite.

La méthode ne semble pas encore au point pour l’exécution et l'interprétation d'examens en série.

I est certain, d’ailleurs, que bien d'autres facteurs interviennent dans ces phénomènes d'aseension capillaire : tension superficielle, viscosité, et surtout la présence dans Île sang d'éléctrolytes (Kopaczewski).

D'autre part, un grave inconvénient de la méthode consiste dans le fait que l’on utilise du sang citraté, c’est-à-dire modifié par sa dilution, qui diminue sa viscosité et la plupart de ses propriétés naturelles, |

Si nous avons jugé intéressant de rappeler ces notions d'analyse électrocapillaire, c’est que nous avons l'impression, et M. Kopaczewski ne nous contredira certes pas sur ce pointlà, qu'elles étaient à la base d’un test qui à eu sa vogue en phtisiologie, Nous voulons parler du Guttadiaphot, procédé allemand étudié et décrit en France en 1934 par MM. Piéchaud, Dutrénit, Guibert.

On appelle ainsi les images obtenues en pratiquant l’analyse capillaire du sang selon le mode que Lloyd avait proposé dès 1884 : en faisant tomber sur une feuille de papier filtre une goutte de sang. D'après le diamètre de la tache, 1l

jugeait si le colloïde était positif (tache petite) ou négatit (tache grande).

Primitivement, ce procédé n'était pas destiné à servir de test de la tuberculose. Ses réalisateurs : Meyer, Bierast et Schilling, cherchaient à mettre en évidence certaines substances plasmatiques, en- particulier des lipoïdes, dans Île sang de sujets syphilitiques. IIS imprégnèrent alôrs leur papier filtre avec du rouge Soudan, colorant électif des lipoïdes ‘du sang, et obtinrent des images de gouttes très différentes suivant qu'elles provenaient de sujets sains ou syphilitiques.

Par tâtonnements et examens successifs, ils finirent par imprégner d'autres buvards avec d’autres colorants, dans l'espoir de découvrir de nouveaux troubles plasmatiques au cours des diverses maladies.

Les buvards où papiers filtres colorés que l’on trouve dans le commerce pour la recherche du Guttadiaphot sont constitués de trois bandes accolées : l’une est colorée au rouge Soudan, l’autre au vert de méthyle et la troisième au bleu de Nil. Le même sang'est examiné sur les trois bandes simultanément.

Mais si l’on se rapporte aux travaux de Kopaczewski et à son étude sur les colorants, on s'aperçoit que les colorants utilisés pour imprégner les buvards sont des colloïdes de charges électriques différentes : le bleu de Nil est électroposiif, le vert de méthyle est électroneutre et le rouge Soudan est électronégatif.

Chacun de ces colorants va donner à la bandelette de buvard qu'il imprègne sa propre charge électrique.

On peut expliquer alors les différents aspects des gouttes aBsorbées, des étalements, par le conflit, ou au contraire les affinités entre l’état électrique du sang considéré et le signe de la portion de buvard qui l’absorbe. l

L'image de la goutte de sang sur le buvard rouge négatif est celle qui se montre la plus homogène dans sa forme et dans sa couleur, Si l’on se rappelle que c'est cette goutte

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qui est étalée, absorbée le moins rapidement des trois, ne

peut-on penser que cela est dû à ce que les constituants du sérum sont en majorité électronégatifs et qu'ils sont « refusés » par le buvard ? On est encore plus tenté de le croire quand on remarque la rapidité d'absorption des gouttes sur le papier bleu positif et les dimensions de l’étalement.

En tout cas, cette méthode d'analyse capillaire a au moins l'avantage d'utiliser du sang naturel non additionné de substances modificatrices.

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