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Les colloïdes sont des matières organiques ou inorganiques insolubles qui se trouvent en suspension permanente dans un liquide moins dense qu’elles-mêmes, du fait d’une répulsion réciproque due à leur structure spéciale, Ils seraient répartis sous forme d’agrégats irréguliers de millions d’éléments moléculaires, portant chacun une charge électrique positive où négative, suivant le sens de leur déplacement dans un champ électrique. L’agitation perpétuelle de ces granules, grâce au mouvement brownien (J. Perrin) et leur charge électrique de même signe qui les repousse les uns des autres, assure la stabilité du milieu colloïdal. Si pour des raisons quelconques plusieurs granules s’accolent sous forme de flocon, l’état colloïdal est détruit. On dit qu'il y a floculation.
Ainsi, l’état colloïdal est d'autant plus stable que les particules ou micelles qui le constituent sont de petit volume, car alors leur surface est plus grande relativement à leur volume, et leur force répulsive, c’est-à-dire leur charge électrique en est accrue. Les colloïdes à grosses micelles, inver- -sèment, auraient tendance à la floculation. Or, des trois protides du plasma : sérine, globuline et fibrinogène, c’est la sérine qui a des micelles de plus petit volume (poids moléculaire, 70.000), et, par conséquent, de haute dispersion. La globuline forme des micelles bien plus grosses (poids moléculaire, 150.000).
Raponsky en conclut dans sa thèse que « la prédominance de la sérine dans le plasma augmente la stabilité colloïdale, tandis que la prédominance de la globuline et du fibrinogène est un facteur de labilisation colloïdale ». La floculation entraînerait à son tour une sédimentation globulaire accélérée. Théorie séduisante, en vérité, par trop mécaniste peut-être, mais qui subit, malgré l'autorité en la matière d'hommes comme A. Lumière et Kopaczewski, l’assaut critique de Lecomte du Noüy et de toute une pléiade de biochimistes modernes (Loeb, Devaux). On lutte actuellement contre l’abus que l’on a fait et que l’on est tenté encore de
En Qi
faire de l'expression « équilibre colloïdal des protéines ». Les travaux de Lecomte du Noûüy, Loeb, Sürensen, semblent prouver que le plasma sanguin, solution de protéines, doit être considéré comme une solution vraie au sens de solution à molécules libres et non comme une solution colloïdale au sens de pseudo-solution à micelles. De plus, on serait arrivé à obtenir les différentes albumines du sang à l’état cristallisé, propriété qui les fait se rapprocher encore davantage des cristalloïdes.
Mais ces polémiques ne doivent pas nous faire perdre de vue le but de notre travail : l'étude d'un phénomène object : la sédimentation globulaire, et plus particulièrement l'étude du facteur globulaire le plus important : la charge électrique des globules rouges. Dans le cours de notre exposé, nous nous rendrons compte que cette charge n'est que le reflet de phénomènes {rès complexes prenant naissance dans le plasma et conférant à celui-ci un véritable état élecirique. rest cet état électrique du sang total que nous nous proposons d'étudier, continuant ainsi une série de travaux bordelais.
Guidé pas à pas par notre maître M. le Professeur Wan- 2ermez, nous avons essayé de mettre en évidence cet état électrique.
l° par des modifications apportées à la sédimentation par un champ électrique;
2° par les variations du déplacement des hématies dans un champ électrique réel : cataphorèse,
3° par l'analyse électro-capillaire,