INTRODUCTION
Depuis l'introduction en thérapeutique du premier sulfamide par Dogmak, en 1935, la découverte d’un nombre croissant d’anti-bactériens, soit chimiques, soit d’origine végétale, a considérablement augmenté la puissance des thérapeutiques anti-infectieuses.
Devant chaque tableau d'infection, le clinicien va done
devoir choisir la médication à appliquer. C’est pour cela que les indications générales de chaque anti-bactérien ont été précisées.
: Dans un cas précis et urgent, tel, par exemple, une méningite tuberculeuse ou une infection à bacille d’Eberth, la réaction sera immédiate et l’on prescrira streptomycine dans le premier cas ou chloromycétine dans le second.
Certains auteurs, en particulier l’école danoise et, en France, Grenier, préconisent une thérapeutique mixte et massive d'emblée dans les cas aigus pour, suivant leur expression, « surciasser » le germe en cause.
Restent de nombreux cas où l’on n’obtient pas de résultat malgré l’administration d’un anti-bactérien en suivant les indications générales d'application. Ici intervient la notion de plus ou moins grande sensibilité d’une souche d’un même germe par rapport à un anti-bactérien donné. La méthode qui consiste à changer d’anti-bactérien jusqu’à l'obtention de la guérison doit être proscrite. Cela entraîne, en effet, pour le malade, des dépenses rion négligeables vu la cherté des produits. D'autre part, on a signalé l’augmentation de la résistance à divers antibactériens après une cure d’un autre produit.
Pour éliminer ces inconvénients majeurs, la collaboration
du laboratoire est indispensable. Si, dans les cas aigus, dont nous parlions tout à l’heure, le laboratoire ne fait que confir-
nie
mer ou modifier légèrement la conduite du traitement, dans une affection chronique, il la fixe. Les diverses méthodes employées pour tester la sensibilité des germes aux anti-bactériens ont donc surtout une valeur clinique d'indication. En même temps que ces examens, il est bon de connaître les concentrations sanguines et urinaires obtenues après administration d’une certaine dose de produit. La détermination précise du germe peut passer au second plan dans l’ordre chronologique et n'avoir de valeur que lorsque s'imposent des mesures prophylactiques. Après avoir fixé la sensibilité du germe à chaque anti-bactérien, il est possible d’essayer l’action d’un mélange d’anti-bactériens. On peut voir ainsi, si l'effet obtenu est meilleur. Cette recherche est d’ailleurs dans la ligne actuelle de la thérapeutique où, de plus en plus, sont préconisées les associations d’anti-bactériens.
Le biologiste qui nous a inspiré ce travail nous a cité quelques cas précis où la détermination de la sensibilité a permis d'obtenir d'excellents résultats dans des affections graves.
Une jeune femme dans le coma entre à l'hôpital. Elle présente des signes méningés nets et son liquide céphalo-rachidien est « purée de pois ». L’examen bactériologique révèle la présence d’un colibacille. Elle guérit en huit jours après traitement par la chloromycétine indiquée par la recherche «in vitro » de la sensibilité.
Un cas d’ostéomyélite chronique traîne depuis un an, malgré tous les traitements. On isole d’un foyer de suppuration un staphylocoque auréus présentant une sensibilité limite à l’auréomycine. Ce produit donné à fortes doses a permis d’obtenir un résultat excellent.
Dans une crèche de la région bordelaise, une épidémie d'érythrodermie infectieuse durait depuis deux ans sans interruption. L'isolement d'un streptocoque présent dans les lésions
TS
et sensible «in vitro » à la chloromycétine et à l’auréomycine à permis d’instituer un traitement curateur.
Nous intéressant tout particulièrement à l’urologie, nous avons choisi de rapporter dans ce travail une soixantaine d’observations choisies parmi de nombreux cas. Elles nous ont paru mettre en relief l’intérêt que présente, en clinique, l’application de cette méthode de test de laboratoire. Qu'il nous soit permis de remercier ici M. le Professeur Darget pour l’aide précieuse qu'il nous à apportée dans ce travail.
La plupart des observations citées sont relatives à des malades chroniques. Ces derniers sont porteurs, comme Si souvent en urologie, de malformations constitutionnelles ou acquises de l’arbre urinaire. Ce sont done tous des malades relevant du spécialiste urinaire et justiciables pour la plupart de traitements chirurgicaux, soit curateurs, soit palliatifs. [ls ont été soumis à des thérapeutiques variées et nombreuses et rentrent donc bien dans la catégorie des « chroniques » que nous fixions au début de ce chapitre.
Nous avons adopté le plan suivant :