‹ Contribution à l'étude de la sensibilité microbienne aux anti-bactériens chez les malades urinairesChapitre 8 sur 37 · VI. — La terramycine · texte numérisé non relu

VI. — La terramycine

Isolé à partir du Streptomyces Rimosus, cet antibiotique fungique a fait récemment son apparition dans la thérapeutique française.

L’étude de son activité «in vitro » a montré qu'il s’agit d'un « antibiotique à large spectre » sensible également sur les cocei gram + et gram — avec une affinité spéciale pour les cocci gram — intestinaux. Les germes les plus sensibles sont les suivants : staphylococceus auréus à une dilution de 0,25 y, le Esch. Coli de 1 à 20 y, le bacille subtilis à 0,25 y et le bacille pyocyanique de 5 à 200 y. Le protéus vulgaris est peu sensible puisqu'il faut des concentrations supérieures à 200 +; de terramycine pour inhiber sa croissance.

On n’a jamais signalé l’apparition de souches résistantes en cours de traitement sur des souches primitivement sensibles.

Les dosages effectués chez la souris ont montré une élimination forte et soutenue par l’urine (12 % en 24 heures) après l’ingestion de 1 gr par la bouche (Lang).

PS Le

Chez l’homme, Welch, Hendricks, Price et Randall ont trouvé des concentrations de 1,25 + pendant 6 heures après l’ingestion de 0,25 gr. La répétition des doses aboutit à une accumulation et l’on ne trouve que 1 à 4 pour une dose de 3 gr. L’élimination s'effectue par l’urine où l’on obtient &es concentrations de 50 à 200 y pendant quelques jours.

L'emploi chez les malades urinaires a porté au début comme pour tout nouveau produit sur des cas résistant aux autres thérapeutiques.

King, Lewis et Welch rapportent huit cas traités par des doses de 500 mgr chaque 6 heures pendant 5 jours, soit 10 gr en tout. Il s’agit de quatre pyélonéphrites dont deux pyuries rebelles à la thérapeutique après opération pour un calcul du rein ou de la vessie, de trois infections après prostatecitonie, incurables jusque là et d’un cas d'infection succédant à une urétérostomie cutanée bilatérale. Les germes en cause sont isolés. On trouve l’aérobacter aérogènes, l’Esch. Coli, le bacille pyocyanique, le staphylocoque doré avec coexistence fréquente pour chacun de ces germes de protéus vulgaris. Sur ces 8 cas, & résultats excellents sont obtenus après trois jours de traitement parmi lesquels deux infections à aérobacter aérogènes ayant résisté aux sulfamides, une infection à Esch. Coli et une infection à bacille pyocyanique où la thérapeutique, par les ulfamides et l’acide mandélique a échoué. Les quatre autres as sont compliqués au départ ou en Cours de traitement par la présence de Protéus vulgaris. La persistance des signes infecticux est due, alors que les autres germes ont disparu, à la persistance du Protéus vulgaris.

Linsel et Fletcher ont traité onze malades par la terramycine dont sept présentaient des affections non compliquées par des anomalies anatomiques. Ces infections étaient dues à la présence d’Esch. Coli ou de streptococeus foecalis sensibles «in vitro » de À à 10 y. Après deux jours de traitement à la dose de 50 à 80 mgr par kilo de poids et par jour, les urines

deviennent stériles et les signes fonctionnels s’améliorent. Le traitement est continué pendant 24 heures et n’est pas suivi de rechute. Les auteurs traitent également un cas d’hydronéphrose unilatérale avec rétrécissement urétral infecté par Esch. Coli et streptococcus foecalis. Tous les traitements entrepris Jusque là ont échoué. Après une semaine de traitement, les germes ont disparu mais l'apparition d’un protéus vulgaris entretient la persistance des signes cliniques. Deux autres malades présentent une infection après prostatectomie et un autre une prostatite due au bacille pyocyanique et à d’autres germes. Les auteurs signalent avoir obtenu une guérison complète après une semaine de traitement et une autre partielle avec reprise de l'infection par un protéus vulgaris.

Les accidents toxiques à forme d'irritation gastro-intestinale sont assez fréquents : vomissements dans la première heure qui suit la prise des capsules, nausées lorsque la dose est trop forte. Aucun de ces accidents n'est assez important pour obliger à cesser le traitement.

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