RP LEE
Ces äccès vont se répéter, soit quotidiennerent surtout dans les premiers jours, soit suivant le type tierce ou quarte, principalement lorsque l'affection évolue depuis un certain temps. Dans l'intervalle des accès ou bien il y a apyrexie complète ou la température continue à osciller.
Il faut d’ailleurs, parfois, prendre la température plusieurs fois par jour pour déceler l'existence d'accès fébriles légers et passagers. Enfin, très souvent les accès surviennent très irrégulièrement, comme moment d'apparition et degré d'intensité.
b)-Les éruptions accompagnent presque constamment les phénomènes fébriles.
Elles surviennent généralement quelques jours après le début des accès thermiques ou même les précèdent (Chevrel et Bourdonière).
Le type papulo-noueux est le plus communément observé. La nodosité est superficielle, du diamètre d’une pièce de 1 franc, en général, avec coloration rosée de la peau, léger œdème, elle est dure, peu douloureuse, rappelant absolument l'élément typique de l’érythème noueux. L'éruption peut être généralisée (Chevrel et Bourdonière), mais, en général, elle est discrète, représentée par cinq ou six éléments siégeant surtout sur la face, le front même ; parfois on note des rougeurs conjonctivales qui tiendraient à la présence d’éléments oculaires analogues (Ribierre, Hébert et Bloch).
On observe assez souvent également l’apparition
d’éruption à type morbilliforme (Sainton et Maille)
ou à type scarlatiniforme ; ou bien serontdes macules simples rappelant les taches rosées et la fièvre typhoïde ou du typhus exanthématique ;parfois encore, on constate des éruptions ortiées, indépendantes de toute réaction sérique. Les éruptions herpétiques ont été signalées, elles sont, en tous cas, beaucoup moins développées que dans la méningite cérébrospinale ; on ne note que quelques vésicules autour dela bouche, du nez, du lobule de l'oreille. Enfin assez rarement, dans cette forme, on pourra voir des éruptions purpuriques, en général, très discrètes. r
Tous ces différents types d'éruptions peuvent, d'ailleurs, se rencontrer chez le même malade.
Les éléments cutanés apparaissent, en général, avec l'accès et disparaissent avec la fièvre. L'évolution se fait donc par poussées successives, ;
c) Phénomènes douloureux. — Les arthralgies sont également parmi les symptômes presque constants. Elles peuvent se manifester sur n'importe quelle articulation, de préférence cependant sur celles des membres inférieurs. Elles sont légères ne s’accompagnent d'aucun signe objectif ; elles sont, en outre, transitoires, sautant d’une articulation à l’autre du jour au lendemain.
Avecles arthralgies existent souvent des douleurs musculaires siégeant surtout aux muscles de la face postérieure de la jambe ;ce sont encore des douleurs osseuses intéressant la diaphyse des os longs.
Les phénomènes douloureux, comme l’éruption,
suivent une marche parallèle à celle des accès fébriles, apparaissant et disparaissant avec eux.
Ces divers symptômes, accès fébriles, éruptions, douleurs, constituent une triade qui résume à peu près toute la symptomatologie clinique de cette forme. |
d) Autres symptômes. — Les fonctions digestives sont normales, l’appétit est conservé ; le foie est. normal ; la rate est parfois très légèrement hypertrophiée. Une albuminurie légère est de règle.
e) L'état général reste bon, même dans les formes se prolongeant plusieurs semaines ou plusieurs mois (Dopter) ; on note seulement un léger degré d’amaigrissement. Dans certains cas cependant, on observe une forte asthénie avec pâleur, amaigrissement notable entrainant finalement une véritable cachexie (Reïlly).
f) Les examens de laboratoires permettent seuls d’affirmer le diagnostic.
Dans 36 cas rapportés par Hissard, l’indentification après hémoculture, pratiquée 80 fois, donne les résultats suivants: Méningocoque A, 18 Cas ; B, 9 cas ; C, 3 cas.
Le sérodiagnostic, fait 8 fois, est 7 fois positif. L'examen du sang montre une légère anémie de la leucocytose avec polynucléose ; Morpurgo cite un seul cas avec leucopénie.
Le méningocoque est habituellement retrouvé dans le cavum ; il semble plus difficile à mettre en évidence dans les éléments papulo-noueux.
MS, en
La ponction lombaire, pratiquée 33 fois, dans les 36 observations de Hissard a montré 21 fois la présence de méningocoque. Dans 12 cas elle fut négative. Chez un certain nombre de malades, d’ailleurs, où le diplocoque de Weichselbaum ne fut pas retrouvé, le liquide céphalo-rachidien n’est pas absolument normal, il présente de l’hÿperalbumi-
nosé, quelques lymphocytes, voire même des polynucléaires. Cependant, dans certains cas, rares il est vrai, le liquide céphalo-rachidien reste absolument normal (Ribierre, obs. VI, Gaudy et Boulanger-Pilet).
B. — Evozurion.
La durée de laffection est en général longue, vingt à soixante-quinze jours, même plusieurs mois, trois et quatre mois (Liebermeister).
Lemierre et Piédelièvre ont rapporté un cas ayant duré onze mois.
L'évolution est très variable. Tantôt les accès fébriles apparaissent assez régulièrement, tantôt il se produit une accalmie ; puis une reprise des accidents. D'une façon générale les accès s’espacent lorsque l'affection dure depuis un certain temps.
L'évolution, enfin et très fréquemment, peut être troublée par l'apparition d'une méningite (Salomon, Œttinger, P.-L. Marie et Baron, Netter, Bezancon et F. Gusmann, Lancelin, Colard, etc.).
C’est là un aboutissant à peu- près constant dans les formes abandonnées à elles-mêmes. L'apparition
de la méningite est parfois tardive du dix-septième ou quatre-vingtième jour.
C'est elle qui, dans bien des cas, à permis de faire le diagnostic.
Les autres complications sont très rares, Lemierre et Lantuéjoul ont rapporté l'apparition successive d'une parotidite, d’une orchi-épididymite,d’unethyroïdite.