E. — PATHOGÉNIE
La constatation du méningocoque dans le sang au
moment de l’accès thermique, son absence dans
l'intervalle, prouve que l’on a affaire à une septicémie intermittente ou plus exactement à des décharges intermittentes de microbes dans la circulation. Il semble donc que le méningocoque végète en un point de l'organisme d’où il essaime de temps à autre, mais il est bien difficile de préciser quel est ce point.
Si le rhino-pharynx est bien la porte d'entrée de l'infection, il est plus difficile d'admettre avec Albrecht, Ghon et Westenhoffer, Falle et Sacquépée, qu'il soit le point de départ de ces décharges sanguines. Cette opinion est peu vraisemblable dans les cas de septicémies persistant plusieurs mois, alors que les ensemencements du cavum sont. devenus négatifs.
L'opinion de Netter, Ribierre, Hébert et H. Bloch semble plus plausible. Ces auteurs constatent que bien avant l’apparition d'une méningite, le liquide céphalo-rachidien présente des signes d’irritation « comme on provoquerait une lésion de voisinage »; en outre dans certains cas, l'affection résiste à l’action du sérum introduit dansla cireulation générale, mais guérit après injection intrarachidienne, agit sur la méningite mais reste inefficace contre les décharges septicémiques et les « méningo-rechutes » seules guéries par injections sous cutanées ou intra-veineuses. Le méningocoque posséderait ainsi des « gîtes » au voisinage des méninges et du tissu nerveux (gaines lymphatiques périvasculaires et périnerveuses, tissu cellulaire paraméningé, plexus choroïde, face interne de l’'épendyme),
Cette conception assez séduisante a pour elle des arguments d'ordre thérapeutique. Cependant elle ne paraît guère applicable à tous les cas en particulier ceux dans lesquels des ponctions lombaires répétées montrent une absence de signes d'irritation méningée, une intégrité complète du liquide céphalo-rachidien.
Enfin pour expliquer l’ensemble des phénomènes de l’accès pseudo-palustre, Hissard se demande s'il ne faut pas voir là un cas particulier du choc hémoclasique. Ce n’est là qu’une simple hypothèse, elle n'est guère confirmée par les examens de sang qui (à part une observation de Morpurgo) ne montrent jamais de leucopénie au moment des accès, mais au contraire une leucocytose plus ou moins
accentuée.
2 Forme purpurique et formes érythémateuses (Sainton).
La fréquence des éruptions cutanées au cours de la méningite cérébrospinale a été reconnue depuis longtemps.
Ces dernières années Netter a montré l'existence de septicémie méningococcémique à forme purpurique et a insisté sur la progression croissante de ces formes. Mile Blanchier,reprenant les statistiques de Netter,de Triboulet, en signale 5 cas sur 181 méningites (soit 2,76 %) de 1908-1914, alors que cette proportion monta à 17,5 % en 1916 et atteint 25 % en 1917.
os ; ES
D'une facon générale cette forme de septicémie semble beaucoup plus grave que la précédente. Elle est due le plus fréquemment au méningocoque de
type B.