‹ Contribution à l'étude de la septicémie méningococcique et de son traitementChapitre 9 sur 44 · PAGE · texte numérisé non relu

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A la conception de la méningite cérébro-spinale, affection locale, devait donc se substituer celle de l'infection générale, méningococcique, de la méningococcie.

Le titre de deux ouvrages, montre, à lui seul, les deux points de vue: en 1911, c’est « la méningite cérébro-spinale », de Netter et Débré; en 1921, c’est « l'infection méningococcique » de Dopter.

La septicémie méningococcique peut donc s’observer au cours de la méningite cérébro-spinale, bien plus, diverses lésions viscérales sont susceptibles d’apparaître comme première manifestation d’une infection terminée secondairement par une méningite : enfin la septicémie est capable de se montrer primitivement et d'évoluer pour son propre compte. Elle se présente alors en clinique commeune infection générale. Elle se complique plus ou moins tardivement de méningite, ou même ne se complique pas d'atteinte méningée constituant une méningococcémie pure.

L'on conçoit l'intérêt doctrinal qui s'attache à cette question : la constatation du méningocoque dans le sang, l'existence de méningococcémie précédant la méningite sont naturellement un gros argument en faveur de l'origine sanguine de la méningite cérébrospinale. L'on pensait autrefois que lé méningocoque veau du rhino-pharynx gagnait directement les méninges par la lame criblée de l’ethmoiïde où les gaines du nerf olfactif.

Actuellement, on tend à admettre que le diplo-

LAS coque de Weichselbaum parti du cavum passe dans la circulation et n’atteint que secondairement les différents organes, en particulier lès méninges, après une étape sanguine.

L'intérêt pratique n’est pas moindre: cette septicémie réalise un ensémble clinique qu’il n’est pas exceptionnel de rencontrer et vis-à-vis duquel on pourra méttre èn œuvre un traitement spécifique,

Historique. Pour la première fois la présence du méningocoque dans le sang fut constatée en 1898 par Osler, dans un cas de méningite cérébrospinale.

Les premières observations de méningococcémies sont relatives à des septicémies, cliniquement secondaires à une méningite, ou compliquées ultérieurement de méningite.

Le premier exemple de septicémie pure estsignalé par Warfeld et Walker (1903) puis viennent ceux ‘de Schotmuller, Andrews, Liebermeister, Netter, Bovaird, etc.

Mouziols et Loiseleur, Chevrel et Bourdonière relatent en 1910 des septicémies pures à type de fièvre intermittente.

Portret, dans sa thèse (1912) publie le prémier travail d'ensemble sur les méningococcémies.

Sainton et Maille(1914) étudient particulièrement les manifestations articulaires.

Paraissent ensuite de nombreuses observations

de septicémies graves à forme purpurique (Netter

ZE et ses élèves, Le Pape et Laroche, de Verbizier, Pybus, Symmers, etc.) réunies dans la thèse de Mlle Blanchier (1918).

Citons encore la thèse de Britte (1918), l’article de Sainton (1918), le travail de Ribierre, Hébert et M. Bloch (1919), la thèse de Hissend (1920), enfin parmi les dernières publications, l'ouvrage si documenté de Dopter sur l'infection méningococcique, l’article de Reilly (1912). Les travaux de laboratoire

de la clinique des maladies infectieuses par Reilly. La thèse de P. Luton, 1926.

Etiologie et pathogénie. — L’étiologie des méningococcémies se confond avec celle de la méningococcie. Celles-ci surviennent au cours d'épidémies, ou à l’état de cas isolés, la contagion étant hors de doute.

La fréquence des méningococcémies simples par rapport aux cas de méningite cérébro-spinale est diversement appréciée par les auteurs ; elle est d'environ 20 p.100. Leur apparition parait plus fréquente, au cours de certaines épidémies, fait bien observé depuis longtemps par les auteurs anglais ; la prédominance de certaine localisation viscérale est également variable suivant chaque épidémie.

Ces septicémies semblent se montrer avec prédilection chez les sujets jeunes et en particulier chez les nourrissons.

Elles peuvent être causées par tous les types de méningocoques. On sait, en effet, qu’à côté du mé-

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ningocoque décrit par Weichselbaum existent des germes très voisins, les paraméningocoques (Dopter) ayant les mêmes caractères morphologiques culturaux, les mêmes réactions sur les sucres et s'en distinguent seulement pas l’agglutination et la réaction de fixation du complément.

Cette appellation de paraméningocoque peut prêter à confusion, aussi, actuellement, adopte-t-on, : en général, la nomenclature suivante de Nicolle Debains et Ilouan; méningocoque type A (méningocoque de Weïchselbaum), méningocoque type B, C, D (correspondant respectivement aux paraméningocoques :,6, y de Dopter). Cliniquement, les réactions produites par ces différents méningocoques sont semblables, on fait remarquer seulement la prédominance d'un type à certaines époques (type À en 1919, type B en 1917). Cette distinction n’a pas que la valeur d’un simple détail bactériologique, à ‘chaque type de méningocoque, en effet correspond un sérum homologue. Il importera donc de préciser par des examens de laboratoire, le type de méningocoque en cause, pour lui opposer une sérothérapie vraiment spécifique.

Etude clinique. — Au point de vuepurementclinique, il faut distinguer deux catégories de faits : les méningococcémies, au cours de la méningite cérébrospinale, les méningococcémies indépendantes de Ja méningite se compliquant secondairement de celle-ci ou restant pures.

À. Basiliadès 2

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